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Les responsables du mouvement Sabati 2012 se sont exprimés sur l’évolution de la situation au nord de notre pays. C’était à la faveur d’une conférence de presse tenue hier dans la salle polyvalente du gouvernorat du district de Bamako. Elle était animée par le président du mouvement, Moussa Boubacar Bah. Il était entouré par l’honorable, N’doulah Thiam élu en commune IV.

D’entrée de jeu, le président du mouvement Sabati 2012, Moussa Boubacar Bah, a déclaré que la crise du nord du Mali n’est pas à sa première version et qu’aucune des crises précédentes n’a connu une telle ampleur. Il estime que cette crise a pris une dimension internationale surtout avec certains soutiens internationaux du MNLA. Selon lui, à ce jour, la mobilisation internationale n’a pas atteint les objectifs qu’elle s’était fixés à savoir : permettre au Mali d’instaurer sa souveraineté sur toute l’étendue de son territoire ; éliminer les groupes rebelles et les narcotrafiquants ; lutter contre la présence d’autres forces armées en dehors de celles loyalistes et républicaines du Mali.

A en croire le conférencier, les raisons fondamentales qui ont empêché la communauté internationale d’atteindre les objectifs cités plus haut sont, entre autres : la décision unilatérale de la France de conduire seule avec la troupe tchadienne les opérations pour la libération de Kidal ; le blocage des différentes tentatives de l’armée malienne pour récupérer Kidal avant toute réorganisation des groupes armés ; la libre circulation des rebelles avec leurs armes au sein de l’espace CEDEAO et même ailleurs.

Synergie d’action militaire

Selon lui, ces raisons ont permis au MNLA d’instaurer avec les autres nébuleuses une véritable synergie d’action militaire et de propager des discours de haine afin de mettre à mal la volonté d’une réconciliation franche et sincère.

Evoquant les évènements du 21 mai à Kidal, le patron de Sabati 2012 est formel: » La victoire du 21 mai des groupes armés sur l’armée régulière ne doit pas étonner. Ce n’est pas parce qu’ils n’avaient pas en face d’eux des militaires patriotes ou aguerris prêts à mourir pour la patrie, mais parce que tout simplement, ceux-ci

étaient engagés dans une guerre à des fins politiques. Une guerre mal organisée et mal préparée « . Il a ensuite appelé les Maliens à rester mobilisés comme un seul homme pour régler définitivement cette crise. Il a invité les autorités à la résoudre tout en évitant les erreurs du passé.

Commission d’enquête parlementaire

Pour lui, les Maliens doivent faire preuve de plus de retenue, car en voulant trop accuser le premier ministre d’avoir effectué une visite dans la capitale de l’Adrar des Ifoghas, on risque de dédouaner le MNLA et ses alliés de tous les crimes qu’ils ont commis.Se prononçant sur les différentes manifestations, il dira que le Mali a toujours été géré par des discours populistes. » Les autorités n’ont pas toujours dit la vérité aux Maliens, mais elles ont plutôt joué sur les sentiments des Maliens « .Il a réaffirmé le soutien de son mouvement à la création d’une commission d’enquête parlementaire sur les évènements de Kidal. Selon lui, cette commission permettra aux Maliens d’être édifiés sur les contours des affrontements tragiques du 21 mai. Le mouvement Sabati 2012 appelle l’ensemble de la presse à un traitement positif des informations relatives à la crise du nord dans une approche de réconciliation pour une paix durable et définitive.

Boubacar PAITAO.

L’Indépendant du 13 Juin 2014