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C’est le samedi 11 juin dernier qu’il l’a fait savoir à ses militants et aux auditeurs des cinq radios de Gao.
Sur invitation de la section ADEMA de Gao, une forte délégation du Comité Exécutif conduite par le président Dioncounda Traoré a pris part aux festivités commémoratives du 14eme anniversaire du parti.

Outre le premier responsable, il y avait le premier vice-président, Soumeylou Boubèye Maiga, le secrétaire à l’organisation Ibrahim Kantao, également secrétaire général de la section de Gao, le secrétaire à l’organisation adjoint Lassine Togola, le secrétaire au monde rural et à l’environnement Issa Diarra, le secrétaire aux Maliens de l’extérieur adjoint Oumar AG Elmihidi…Les députés Arboncano Boubèye Maiga et Abouzeidi Ousmane Maiga, tous deux élus à Gao étaient du voyage.
D’autres responsables des sections du District de Bamako et des membres la permanence du parti ont également effectué le voyage dans la cité des Askia.

C’est sous un vent de poussière que Dioncounda Traoré et ses camarades traversent l’incontournable cours d’eau dans la nuit du vendredi 10 juin aux environs de 22 heures. Les nombreuses populations mobilisées depuis 16 heures pour réserver un accueil chaleureux à la délégation étaient obligées de retourner à la maison.

Cependant, des bambins sont restés sur place pour former une haie d’honneur et scander au passage des dirigeants, de toutes leurs forces : « ADEMA, ADEMA, ADEMA ». Les uns et les autres seront rapidement installés dans les différents hôtels et le premier vice-président Soumeylou Boubèye Maiga sera conduit dans sa famille paternelle, sise à Farandjirey, communément appelé 3eme quartier.

Ainsi, le lendemain, tôt le matin, les militants et les responsables des différentes sous-sections ont quitté tous les quartiers pour converger au siège du parti à Djoulabougou (5ème quartier) afin de participer à la conférence des cadres, placée sous la présidence de Dioncounda Traoré.

La cour, exiguë pour la circonstance, a refusé du monde. Néanmoins, les plus engagés se sont massés devant le portail et les autres, très déçus de ne pas avoir une place à l’intérieur sont simplement rentrés chez eux.

A 10 heures, le président du parti et sa suite font leur entrée, appuyée par le Tacamba traditionnel très retentissant. Debout comme un seul homme, les abeilles ont chaleureusement applaudi la délégation.

C’est dans cette atmosphère bon enfant que le secrétaire administratif de la section de Gao Oumar Hamida Maiga, réputé être un brillant professeur de lettres, s’est adressé à la fois aux membres du Comité Exécutif et à l’auditoire pour présenter le bilan de la section.

Il ressort de ses propos que malgré la majorité relative acquise dans la commune urbaine de Gao, lors du scrutin communal dernier, « l’ADEMA a perdu la commune phare de Gao à travers le jeu des alliances ».

Cependant, le Parti Africain pour la Solidarité et la Justice dirige encore le Conseil de cercle et la quasi totalité des communes du cercle de Gao. Selon Oumar Hamida Maiga, « la cohésion est intacte mais les cadres sont démobilisés, en même temps que les militants dont les revenus diminuent au jour après jour ».

Aussi, a t-il lancé un appel pressant aux cadres afin que ceux-ci reviennent auprès des militants pour les encadrer et les entretenir. Le conférencier a également tiré le chapeau à Dioncounda Traoré pour s’être déplacé à 1200 km de Bamako.

« Grand merci au Comité Exécutif pour cette opportunité de relancer le parti. C’est un devoir militant. Aujourd’hui plus que jamais, les militants, les structures de proximité doivent travailler davantage pour répondre aux enjeux de l’avenir et permettre à l’ADEMA de retrouver sa grandeur du passé » a souhaité le secrétaire administratif de la section.

Vibrant hommage à Soumeylou Boubèye

Le second intervenant Dioncounda Traoré, très en verve, a déclaré que : « nous sommes là pour fêter les 14 ans de l’ADEMA avec vous. C’est peu et en même temps beaucoup. Ces années là ont permis à l’ADEMA de s’affirmer comme première force politique, de prouver sa capacité de gérer le pays en développant la démocratie. Notre bilan ne laisse personne indifférent. Nous avons construit quatre fois plus d’écoles et trois fois plus de centres de santé que la première et la deuxième République réunies. Les routes et les autres infrastructures crèvent l’œil. Il suffit d’ouvrir les yeux et de se promener dans le pays. De 1992 à nos jours, le Mali a changé de visage. C’est peu dans la vision de l’ADEMA et notre mission n’est pas terminée. Nous allons tout faire pour reprendre celle ci et continuer ».

Ces propos ont provoqués des applaudissements nourris de partout. Et Dioncounda de poursuivre que les hommes et les femmes qui dirigent le parti de l’abeille avaient rêvé de paix, de justice, de liberté, de solidarité et de dignité depuis le lendemain des indépendances.

« La ville de Gao a des dignes fils qui ont pris part à ce combat. Je pense à Soumeylou Boubèye Maïga, un grand militant du PMT qui a travaillé dans la clandestinité au moment où les choses étaient difficiles. Il a pris des risques et a représenté son parti clandestin dans beaucoup de fora à l’intérieur et à l’extérieur du pays. Les militants doivent savoir cela. Je vous demande donc de veiller sur Soumeylou Boubèye Maiga » a déclaré Dioncounda Traoré.

Ce dernier a également abordé les législatives et communales dernières. Selon Dioncounda Traoré, l’ADEMA a bel et bien gagné les législatives sur le terrain.

« Nous avons engrangé 52 députés après qu’on nous eut éliminé 16 députés et avant même le scrutin, les juges ont disqualifié des listes qui totalisaient 23 députés pour notre parti. Aux communales, nous avons obtenu 35% des élus contre 28% pour le RPM et l’URD réunis. C’est pour vous dire que l’ADEMA est un parti qui gagne. Dans beaucoup de circonscriptions, nous sommes victimes d’injustices et des turpitudes de la justice. A Intillit (situé à environ 80 km au sud de Gao) aucun parti ne peut gagner si ce n’est l’ADEMA mais les juges ont fait perdre notre parti. A Ménaka et à Kidal, les mêmes ont éliminé le maximum de bureaux de vote pour mettre l’ADEMA en minorité. En vain » a expliqué le N° I du parti de l’abeille.

« Nous n’avons pas dit que l’ADEMA n’aura pas un candidat en 2007 »

Le président du parti a aussi abordé au cours de la conférence de presse qui a suivi celle des cadres, la redoutable question de la candidature ADEMA en 2007.

Selon Dioncounda Traoré, certains veulent focaliser le parti sur 2007 : « ça ne sert à rien de nous précipiter en 2005 sur des questions de 2007. Notre tache principale actuellement est de conforter et consolider le parti pour l’échéance prochaine. Personne n’a dit que l’ADEMA n’aura pas de candidat en 2007. Tous ceux qui vous disent que le parti de l’abeille a décidé de soutenir X ou Y à la présidentielle à venir, c’est du vent. Au moment venu, nous allons prendre la décision qui s’impose ».

En outre, il a vigoureusement dénoncé le consensus qui, selon lui, est un être qui a la vie très courte.

« Au lieu de consensus, on aurait pu parler de gestion concertée. Le consensus est anti-démocratique et porte en lui-même le germe anti-démocratique » a martelé Dioncounda Traoré.

Dans l’après-midi, un meeting transformé en manifestation folklorique a été tenu sur la place publique de Farandirey.

Le Sony Stars et le Super 11 ont émerveillé le public venu en grand nombre. Un morceau a été spécialement dédié au président de l’ADEMA par l’orchestre de Gao.

Dans la soirée, une soirée artistique – le Tacamba – a été animée par le Super 11 et Dioncounda Traoré et ses camarades ont esquissé des pas de danse du terroir.

Précisons enfin que toutes les activités et manifestations ont été transmises en direct sur les cinq radios locales de la cité des Askia : Nata, Hanna, Anniya, Koïma, Aadar Koïma.

Chahana TAKIOU
Envoyé spécial à Gao

14 juin 2005