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Souvenir ! L’année 2015 est désormais rangée dans les placards de l’histoire. Au seuil de la nouvelle année 2016, le Président de la République du Mali, SEM Ibrahim Boubacar Keita s’est adressé le 31 décembre dernier à l’ensemble de compatriotes. Histoire de mieux leur rappeler le sens élevé du devoir. Ce message très volumineux de 16 pages est l’image même des multiples défis qui se posent aujourd’hui encore au peuple malien et qu’il faut relever à tout prix. Rien ou presque concernant n’a été passé sous silence. IBKa présenté d’abord le Mali comme une terre d’hospitalité légendaire avant de dresser un tableau reluisant, mais avec des zones d’ombres qui n’attendent que le sacrifice des Maliens. Dans son adresse à la nation, le président de République a mis un accent particulier sur le dialogue des religions, facteur de paix, l’agriculture, les finances, le processus de paix, l’industrie et le commerce. Mais aussi, d’autres secteurs comme les mines, la Défense, la sécurité, l’éducation le sport et la b politique des logements sociaux ont également attiré son attention. Et comme cela, le Mali bouge sous la Présidence IBK.
Le président de la République Ibrahim B.KEITA ne s’est pas fait prier pour s’adresser le 31 dernier à la Télévision nationale aux 16 millions de Maliens de Kayes à Kidal ; à ceux de l’intérieur comme de la diaspora. Habillé d’un costume cravate soutenu par une chemise à la blancheur de pureté, le Président de la République n’avait pas les traits aussi tirés face aux nombreux défis aux quels les Maliens se voient confrontés depuis le mois de mars 2012. Signe très évocateur de l’espoir qu’il a toujours incarné pour sortir son pays de l’ornière et des années incertitudes faites de violence, de division, de règlements de comptes et crises de confiance entre gouvernants et gouvernés. Et ce n’est pour rien qu’il a terminé son message par une belle note d’espoir qui fait de lui désormais un grand homme d’Etat : «Je veux être avec vous et pour vous l’artisan de l’émergence du Mali de nos rêves », a-t-il dit.
Pour le Président de la République Ibrahim Boubacar Keita, le Mali est une terre d’accueil de tous les enfants du monde. Une terre qui n’accepte aucune exclusion de la créature divine. C’est pour une telle raison qu’il a tenu à saluer tous « nos hôtes qui nous font l’honneur de s’établir chez nous, sur cette vieille terre d’hospitalité du Mali », a martelé le Président de tous les Maliens. Il faut bien comprendre le Président IBK lorsqu’il évoque ce sujet dès l’entame de son message.
Au mois de novembre 2015, Bamako (hôtel Radisson) a été durement frappé par les terroristes. L’attaque qui a fait une vingtaine de morts parmi laquelle plusieurs étrangers dont le seul crime commis est d’avoir choisi la vie au Mali. C’est pour mettre en confiance sans nul doute les amis et partenaires du Mali qu’il a donc mis ce sujet en premières lignes de son adresse à la nation.

La célébration des fêtes de fin d’année ont, elles aussi, occupé une place de choix dans le message Présidentiel. Frappé par la coïncidence des fêtes musulmanes et chrétiennes, il dira que « ces deux religions cheminent ensemble dans une parfaite harmonie et une convivialité qui font notre force et notre fierté. »En effet, le Président souhaite de tout son cœur que les Maliens s’inspirent de la volonté divine, œuvre d’une telle coïncidence. C’est dire que les Maliens auront tort en accordant un intérêt quelconque aux divergences religieuses. Avec la tolérance religieuse, ils ne s’écarteront jamais de la voie tracée par le Seigneur des mondes. Il a invité les religieux à prier pour le Mali : « Chaque, chaque chrétien, bref chaque Malien doit avoir le Mali dans ses prières ».
Dans son adresse, le Président de la République a passé au peigne fin tous les aspects de la nation malienne. Le Mali vient de loin. Une réalité qui n’est plus qu’un secret de polichinelle. D’une existence hypothéquée, selon le constat de IBK, le Mali « émerge de l’abime dans lequel, il avait été précipité et a fait de bonds prestigieux sur le chemin de la renaissance. »Et cela en un peu plus de deux années de gouvernance. C’est l’espoir de vivre dans un Mali nouveau qui se concertise. Quels sont les progrès ?
Au plan macroéconomique, IBK se targue des excellents notes obtenues auprès des partenaires au développement. Preuve qu’ils investissent de manière miraculeuse jour après jour dans notre pays au grand bonheur des Maliens.
S’agissant de l’agriculture, le Président a fait remarquer que de grands projets ont été réalisés même si des obstacles freinent encore les ambitions de faire du Mali le grand grenier de l’Afrique de l’Ouest. Le gouvernement s’évertue dans ce secteur en affectant plus de 15% des ressources budgétaires au secteur agricole sans compter la mise en œuvre du Programme Gouvernemental d’Aménagement « qui portera sur plus de 100.000 hectares pour la période 2014-2018 »a-t-il martelé.

En ce qui concerne le secteur des Finances, les compteurs sont au beau fixe. « Il faut s’en réjouir, car nous sommes un des pays post crise, dont le taux de croissance a été d’au moins de 5% en 2015, et pour lequel tout le monde amène à penser que cette tendance se consolidera en 2016. »Pour la relance économique, il a évoqué la forte enveloppe financière des partenaires sous l’égide de la France et des pays de l’OCDE avec 2.120 milliards de FCFA pour la période 2015-2017, dont 397 milliards seront alloués exclusivement au développement des régions du nord, a précisé le Président de la République.
Pour appuyer le processus de paix, le président a affirmé que le Gouvernement a mis en place des mécanismes financiers dont le plus emblématique est le fonds de développement des régions du nord. Ce fonds recevra une dotation initiale de 300.milliards de FCFA, a-t-il précisé.
Au chapitre du commerce et de l’industrie, la détermination gouvernement est toujours au rendez-vous. Le gouvernement a consenti des appuis techniques et financiers et a signé des contrats de performances avec des unités industrielles du secteur textile. Sans oublier les protocoles d’accord conclus avec la Société Chinoise pour l’Industrie légère pour la réalisation de 4 unités industrielles pour un investissement de 100 milliards, a martelé le Président.
Quant au secteur des mines, l’on notera avec le PR qu’il « continue d’être le plus gros des pourvoyeurs des devises de notre économie. » En effet, en 2015 le Mali a produit 50 tonnes d’or dont 46 tonnes pour la production industrielle.
Parlant de son périple à l’intérieur du pays, IBK dira qu’il l’a vécu « comme un véritable pelerinage, par le retour aux sources … »Avant de dire ex cathedra l’enseignement à tirer : « une écoute directe des populations à la base, une perception plus fine de la vie du pays réel … »
Une préoccupation du Président de la République demeure la culture la paix. C’est la raison pour laquelle, il a présenté un monde au visage tuméfié du fait de l’absence de paix. Il a salué tous ceux qui donné la chance à la paix au Mali en apposant leur signature sur « l’accord désormais historique pour la paix et la réconciliation nationale issu du processus d’ALGER ».Un accord, faut-il le rappeler signé le 15 mai 2015 et son parachèvement le 20 juin de la même année.

Autres sujets
L’armée, la sécurité, l’éducation, la formation citoyenne, l’emploi, la santé, la diplomatie, l’énergie, l’eau, la promotion des femmes, le logement et le sport sont également des sujets concernant la vie de la nation qui n’ont pas été passés sous silence lors du message du Président en ce 31 décembre 2015.
S’agissant de l’Armée, le Président a fait remarquer que des efforts ont été consentis grâce à la Loi de Programmation militaire dont les principaux axes ont trait à la sécurisation du territoire, à la dotation, à l’amélioration des conditions de vie, etc., a-t-il précisé.
Quant à la sécurité, le tableau est noir en 2015 : série d’attentats, attaques armées, des braquages et autres atteintes à l’intégrité physique et morale.
Ce tableau noir aux allures de démons ne fait pas peur au président qui tient à réaliser son rêve à tout prix. C’est à dire celui d’un Mali émergent avec toutes les chances de réussite.

Moussa Wélé DIALLO

L’Agora du 4 Janvier 2016