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Organe d’épuration des opérations électorales de toutes formes d’irrégularités, de toute ce qui porte atteinte à la sincérité, à la transparence du scrutin, d’arbitrer, de séparer le bon grain de l’ivraie pour aboutir à la quintessence des suffrages valablement exprimés afin de ne pas pousser vers nos assemblées des hommes et des femmes qui veulent y entrer par effraction , la Cour Constitutionnelle, Salif Kanouté a profité de la présentation des voeux au Président de la République, le jeudi 28 décembre dernier, pour inviter les partis politiques ainsi que la société a relevé le défis de la mobilisation. Quant à son institution, elle «jouera son rôle avec impartialité et fermeté, dans le strict respect de son serment» a-t-il précisé.

Pour ce faire, le président de la Cour Constitutionnelle affirme que « les exigences particulièrement impérieuses d’une telle mission qui constitue l’essence même des attributions de la Cour imposent qu’il soit fait appel à des présidents et assesseurs de bureaux de vote capables de tenir correctement les procès verbaux des opérations électorales, qu’il soit fait appel à des délégués représentant les partis politiques à même de comprendre les raisons de leur présence au sein des bureaux de vote« .

Aussi, Salif Kanouté s’est interrogé sur le fait que les directions des partis politiques saisissent la Cour Constitutionnelle d’une profusion de requêtes tendant à l’annulation des votes émis ça et là quand les membres de ces mêmes bureaux de vote, les présidents, les assesseurs, les délégués de ces mêmes partis politiques sur le terrain, ont attesté de façon péremptoire sur les procès verbaux que le vote s’est déroulé normalement et sans incident. Face à cette éventualité, il a réaffirmé l’engagement et la détermination de son institution à accomplir sa « mission avec impartialité et fermeté, mais aussi avec beaucoup de sagesse et de pondération dans une matière infiniment complexe, profondément mouvante et hautement sensible« .

Le faible taux de pourcentage du vote a été également évoqué par le Président de la Cour Constitutionnelle. « Depuis de longues années les Maliens ne votent pas. Depuis de longues années, les compétitions politiques qui ont vu le jour dans notre pays ont révélé que les cartes des électeurs ne sont distribuées ni enlevées au niveau des bureaux de vote que dans la faible proportion de 20% et dans certains bureaux de vote, elles déclinent à 10% » a-t-il souligné. Cependant, il ne fait pas de liaison entre cette tendance liée à l’absentéisme des électeurs et le désintérêt de ceux-ci pour la chose publique politique.

Selon lui, cela témoigne essentiellement d’un manque d’éducation, de formation, de sensibilisation et de mobilisation imputable aux forces politiques, aux associations, à la société civile et à tous ceux qui sont engagés dans le processus électoral. « Le vote, c’est la participation à la vie de la nation, c’est le terreau dont les valeurs démocratiques ont besoin pour s’épanouir, c’est le moyen de donner confiance à la communauté politique, c’est le moteur de la démocratie » a souligné Salif Kanouté. Il a cependant déclaré qu’ils ont, au niveau de la Cour Constitutionnelle, « la conviction profonde que la campagne électorale qui s’ouvre bientôt sera sereine, respectueuse de l’honneur, de la dignité, de la délicatesse des uns et des autres et ce, conformément aux valeurs de sagesse, de tolérance et de respect qui caractérisent notre peuple« . Pour cela, il espère que la presse, « jouera, une fois de plus, sa partition avec élégance, de façon indépendante et professionnelle, comme elle l’a toujours fait« .

Alassane DIARRA

03 janv 07