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Le président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), Fodié Touré, entouré des coordinateurs régionaux de cette structure pour l’élection du 29 avril dernier, a animé une conférence de presse, le samedi 5 mai 2007, au Centre international de conférences de Bamako. Contrairement à la position défendue par les quatre candidats du FDR, qui ont dénoncé une fraude massive devant conduire à une annulation du scrutin, Fodié Touré, qui a donné des explications sur le dispositif mis en place par la CENI le jour du vote, a conclu à la sincérité et à la transparence du scrutin présidentiel.

La CENI chargée de la supervision des élections a fait le point de sa participation au scrutin du 29 avril dernier. Pour ces joutes électorales, la CENI, qui avait pris part à tout le processus en amont, notamment la révision des listes électorales, la distribution des cartes et avait mis en place un important dispositif pouvant lui permettre de suivre de près le déroulement du scrutin.

Ainsi, à en croire Adama Diarra, 1er vice-président de la CENI, cette institution a-t-elle déployé un délégué dans chacun des 20278 bureaux de vote répartis dans les 703 communes et les 37 juridictions à l’extérieur, avec pour objectif ultime d’assurer la régularité, la transparence et la sincérité du scrutin. Ces délégués étaient sous la coupe des coordinateurs régionaux qui rendaient compte au fur et à mesure du déroulement du scrutin.

En plus du dispositif de suivi sur le terrain, la CENI a procédé à la centralisation et au décompte interne des résultats des votes par l’entremise de ses délégués. Cet exercice qui permettra à la CENI d’avoir un regard indépendant sur les résultats a été rendu possible grâce à un réseau de collecte d’informations composé de six fax, d’Internet et de téléphones. Chacun des 49 cercles était également doté d’un fax.

A partir de ce réseau de collecte, la CENI, au jour de la conférence de presse, disposait de plus de 99 % des résultats électoraux. Cependant, le président Fodié Touré a refusé tout commentaire sur les résultats de la CENI. Car, insiste-il, c’est le ministère de l’Administration territoriale qui est la seule structure habilitée par la loi à publier les résultats des élections. Les résultats de la CENI sont, quant à eux, destinés uniquement à la Cour constitutionnelle qui, si besoin en est, les exploite pour vérifier les chiffres avancés par le ministre Kafougouna Koné.

Le président de la CENI a reconnu que tout n’a pas été rose pour sa structure mais a assuré que celle-ci s’est donné les moyens pour atteindre les objectifs à elle assignés. De l’avis des dirigeants de cette institution, « le scrutin du 29 avril 2007 s’est déroulé dans le calme et la tranquillité. Il s’est aussi déroulé conformément à nos lois et aux normes internationales généralement admises« .

En effet, dans les bureaux de vote, les délégués de la CENI ont constaté que ceux-ci ont généralement respecté les heures d’ouverture et de clôture et que le matériel et les documents électoraux, les cartes non distribuées, les délégués des candidats, de ceux de la Cour constitutionnelle, étaient présents dans les bureaux. Les citoyens ont librement exercé leur droit, les opérations de dépouillement et de décompte se sont déroulées sur place et les récépissés des résultats ont été remis aux délégués.

En plus du dispositif autonome de suivi et de supervision, la CENI, conformément à la loi, avait accrédité plus de 1000 observateurs nationaux et internationaux qui, dans leurs différents rapports, en dehors des imperfections organisationnelles signalées ça et là, sont quasi unanimes sur le caractère régulier, libre et sincère du scrutin du 29 avril.

Avec un tel constat, la CENI ne pouvait alors que confirmer un tel résultat. Cependant, cela n’est pas du goût de certains candidats qui ont dénoncé des fraudes, notamment la circulation avant le jour du vote de bulletins réguliers dans la localité d’origine du ministre en charge de l’organisation de l’élection. Pour ce cas spécifique, la CENI, a déclaré son président, a dépêché une mission sur le terrain et son rapport sera déposé auprès de la Cour constitutionnelle.

En tout cas, Fodié Touré a clairement affirmé que la structure qu’il dirige n’a été saisie par aucun candidat sur la sincérité du vote. Au contraire, les candidats la boudent: « De plus en plus, les candidats boudent la CENI alors qu’à veille de la campagne on était saisi et on a donné nos avis et tout le monde était heureux« .

Quoi qu’il en soit rassure M. Touré, la CENI a fait un constat qu’il défendra et rien ne pourra l’obliger à dire le contraire. « Nous devons être fiers de ces élections, je ne ferai pas de commentaire sur les résultats annoncés par le ministère. Que la Cour valide ou annule les résultats, son verdict sera pédagogique. En ce sens que si elle valide, cela veut dire qu’on a bien fait notre travail, et si elle l’annule, cela veut dire qu’on a commis des erreurs qu’il faut corriger. La CENI se soumettra à sa décision. Mais personne ne pourra nous contraindre à dire que les élections n’ont pas été transparentes« .

Youssouf CAMARA

07 mai 2007.