Partager

Le processus de décentralisation, dont l’ancien ministre Adema Ousmane Sy est le maître d’œuvre n’a servi à rien. Et pour cause, la volonté d’intégration des minorités ethniques dans la gestion des affaires publiques au plus haut niveau jusqu’à dévaloir la présidence d’une institution de la République a été un échec. Dont la triste illustration est celle du président du Haut Conseil des Collectivités, Oumarou Ag Ibrahim Haïdara. Qui peut mieux que lui être le meilleur porte-parole le Mali et les rebelle tant dans ses prédispositions originaires et en tant qu’élu communal, régional et local? Il fallait donc quel phénomène cataclysmique pour le voir en première ligne dans la défense de la patrie? Il appartient maintenant aux honorables hommes et femmes fraîchement installés dans leur mandat de ne pas rater le coche pour rehausser l’image du HCC et, au-delà, regagner l’estime et le respect de leurs électeurs et de leurs concitoyens, au nom de l’honneur, de la vérité et de la vertu. Cri de coeur de Blaise Sangaré, le président de la CDS, élu de Garalo, Conseiller du cercle de Bougouni.

Le Haut Conseil des Collectivités, dont le mandat a été prorogé le 18 octobre dernier par l’Assemblée nationale après sa dissolution suite au coup d’Etat du 22 mars s’apprête à faire sa rentrée le 4 novembre prochain. Mais le problème est de savoir avec quel dirigeant car l’actuel président Oumarou Ag Ibrahim Haïdara ne bénéficie plus de la confiance des conseillers nationaux. On s’attend donc à de chaudes empoignades voire à des échauffourées si l’on sait que le président de la CDS Mamadou Bakary Sangaré dit Blaise vient de déposer contre lui une motion de défiance au siège du HCC, à l’Assemblée nationale, à la présidence de la République.

En attendant que les choses sérieuses commencent, les conseillers ont déjà examiné le texte entre eux. Iront-ils jusqu’au bout de la procédure « d’impeachment » contre le vice-président de l’Adema, Oumarou Ag Haïdara, dont le retour en catimini au pays après tant de forfait, n’a qu’un seul objectif : se réinstaller sur le perchoir. Si le coup réussit, ce sera d’une part le signe de la vitalité de notre démocratie tandis que de l’autre le patron de la CDS môtotigiya élu à Garalo dans le cercle de Bougouni aura réussi un grand coup politique.

Dans son texte parvenu à notre rédaction Blaise dresse, en effet, un réquisitoire accablant contre ce baron de l’Adema coupable à ses yeux de tous les péchés d’Israël. Il lui est reproché son absence notoire au Mali et son silence de carpe au moment où le pays avait beson d’un des chantres de la IIIème République, Oumarou Ag Ibrahim Haïdara, porté disparu depuis le coup d’Etat du 22 mars 2012.

En ces heures pénibles pour tout un peule où était donc passé ce haut responsable? Que faisait-il, de quel bord est-il ? Le bruit avait largement couru à l’époque le président du HCC se trouvait en Mauritanie où il avait rejoint d’autres renégats comme Oualet Halatine, l’ancienne ministre du tourisme et de l’artisanat de Alpha Oumar Konaré. Il avait tout bonnement rejoint les rangs du MNLA car c’était l’époque des reniements de la part d’individus ou de groupuscules aux velléités sécessionnistes dans les zones septentrionales.

Le mouvement séparatiste avait alors le vent en poupe et avait gaillardement proclamé l’indépendance de l’Azawad mais une fois qu’il a été taillé en pièce par le MUJAO, voilà encore Oumarou Ag Ibrahim Haïdara, opportuniste et traitre, qui veut retourner sa veste pour se réinstaller sur le perchoir. Les conseillers nationaux vont-ils avaler cette grosse couleuvre jusqu’à en régurgiter ? Il faut pourtant le craindre parce que la politique laxiste d’ATT a encouragé l’impunité vis-à-vis des chefs rebelles.

Après les valisettes bourrées de Iad Ag Ghaly, Bahanga après tant d’atrocités commises dans le nord, venait tranquillement dans son village qu’il a réussi à ériger en commune pour prendre le thé à l’ombre des palmiers dattiers. Après la Mauritanie et le Sénégal, Oumarou Ag Ibrahim est réapparu en catimini le 1er août dans la cour du HCC. Etait-ce pour se donner bonne contenance ?

Depuis lors il se terre comme un rat à Banankabougou en observant un silence coupable. Mais ce n’est désormais qu’n homme en sursis si l’ogre Adema veut bien lâcher du lest. Car le conseiller de Bougouni Blaise Sangaré, seul président d’un parti politique au HCC, veut désormais son scalp.

Et il avance des arguments très convaincants : « en tout état de cause et au regard de ce qui précède, monsieur Oumarou Ag Ibrahim a failli : En temps de crise un président d’institution qui vide les lieux est un déserteur de la République et dès lors, il apparaît comme un homme totalement dénué de toute capacité morale, politique et patriotique pour présider une institution de la République, surtout en ces temps d’incertitude, d’angoisse et de rejet de la chose politique par la plupart des populations »

Et Blaise enfin de lui assener le coup de massue: « Monsieur Oumarou Ag Ibrahim inspire la défiance et doit être récusé dans ses prétentions à vouloir rester au perchoir en jetant l’opprobre sur l’honorabilité des membres de l’institution et provoqué l’indignation dans l’opinion » D’où donc cette motion de défiance.

Mamadou Lamine DOUMBIA

30 Octobre 2012