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Le concept de l’éducation utile est une trouvaille de Cri-2002 en partenariat avec le Centre Djoliba. Il vise à proposer à nos élus un autre schéma de développement qui va panser notre système éducatif. « Pendant 45 ans, on a travaillé sur une éducation centrée autour de l’école, cela a montré ses limites car l’Etat met plus de 30 % du budget national dans l’éducation chaque année et nous savons les résultats. En tant que force de proposition, nous avons élaboré un autre schéma », explique le président de Cri-2002.

Pour aboutir à ce concept, Cri-2002 a développé une initiative citoyenne, un triptyque qui est parti en 2002 du vote utile en passant par la représentation utile à l’éducation utile et une série de conférences sur l’éducation au Mali, ses défis, enjeux, opportunités, le rôle des partis politiques, le rôle de l’éducation traditionnelle, le cas du district.

Le vote utile suppose que le citoyen donne un contenu et un sens à son suffrage, c’est-à-dire voter pour des hommes et des femmes capables de combler les attentes des populations. Une fois aux commandes, l’élu doit renvoyer l’ascenseur à ces électeurs en prenant en compte les aspirations et les préoccupations de ceux-ci. D’où la notion de représentation utile.

Mais, peut-on parler de vote utile ou de représentation utile si le taux de vote n’atteint même pas les 15 % comme ce fut le cas aux dernières élections communales dans certaines circonscriptions ? Que faire pour combler le déficit de citoyenneté à Bamako où le gouvernement investit le plus pour l’amélioration du taux de scolarisation ? L’éducation utile tente de répondre à ces interrogations.

Réhabiliter l’école

L’éducation, aux dires de Dr. Sall, doit aller vers le vote utile car le pays ne peut pas se développer dans le mensonge, dans la duplicité, dans l’égoïsme, mais il faut que les uns et les autres se mettent au service du pays. L’éducation utile met ainsi au premier plan le citoyen comme le stipule l’article 11 de la loi d’orientation sur le système éducatif, viennent ensuite le représentant élu et l’école.

Il s’agit d’éduquer le citoyen, de revaloriser le rôle de la famille dans l’éducation des enfants, des adultes, des parents, de réhabiliter la femme dans sa fonction de reproduction, de protéger l’enfant. En couverture, le représentant élu doit prendre sa responsabilité en traduisant sa vision sur le terrain, en votant des lois qui protègent le citoyen et en s’occupant de son développement. L’école vient après le représentant élu et sur ce plan Cri-2002 innove.

« Il faut réhabiliter l’école malienne en appliquant correctement la loi d’orientation sur le système éducatif », met en garde Dr. Sall, qui ajoute que le système éducatif malien est en panne. « Si les représentants élus se mettaient au service de l’école, celle-ci ne serait certainement pas ce qu’elle est aujourd’hui. De nos jours, l’école est carrément assimilée à l’éducation or, il ne faudrait pas confondre l’instruction et l’éducation », avertit-il.

Pour rendre opérationnelle leur nouvelle approche, les responsables de Cri-2002 comptent sur les moyens intellectuels, leur volonté de participer au développement du pays et le peuple car, aux dires de Dr. Sall « pour un être humain, il y a trois juges : Dieu qui sait tout, voit et entend tout, la conscience de l’homme et le 3e juge est le peuple qui sait et voit ce qui se passe ».

Chacun, ajoute le président de Cri-2002, doit jouer sa partition pour assurer le développement de notre pays. « Nous constituons les sentinelles de la démocratie. Nous avons pour mandat et pour mission de veiller au renforcement et à la consolidation de notre démocratie ».

Sidiki Y. Dembélé

22 février 2006.