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Le président de la République, Amadou Toumani Touré, a ouvert hier au Centre international de conférences de Bamako, le premier forum de la diaspora intellectuelle et scientifique et technique. Ce forum, premier du genre, a été initié par le ministère des Maliens de l’extérieur. Il est destiné, d’une part, à faire connaître les travaux des différentes institutions de recherche ainsi que ceux de la diaspora intellectuelle, d’autre part à faire du savoir et du savoir-faire de la diaspora, une mine exploitable pour le développement national. Profitant de cette tribune, ATT s’est adressé aux enseignants dont il reconnaît la justesse et la légitimité des revendications. Cependant, il a tenu à leur lancer un vibrant appel pour leur demander de faire preuve de patience afin de donner à l’État les moyens de satisfaire leurs doléances.

Le forum de la diaspora intellectuelle, scientifique et technique a ouvert ses portes hier jeudi 29 juillet, au Centre international de conférences de Bamako. Au cours des trois jours que les travaux vont durer, les participants discuteront des thèmes ayant trait aux contributions de la diaspora intellectuelle au développement, les atouts majeurs pour le développement économique et social et les axes de partenariat entre les intellectuels de la diaspora et l’intelligentsia nationale, ainsi que l’état des lieux, perspectives et ancrage institutionnel et réseautage.

La cérémonie d’ouverture a regroupé autour du président de la République, ATT, les membres du Gouvernement, le président du Haut conseil des Maliens de l’extérieur, Habib Sylla, le président de l’Assemblée nationale, Pr. Dioncounda Traoré, le Maire et le Gouverneur du district de Bamako, Adama Sangaré et Ibrahima Féfé Koné.

C’était aussi en présence d’éminents chercheurs et scientifiques de la diaspora intellectuelle malienne venus d’Allemagne, d’Arabie Saoudite, du Bénin, du Burkina Faso, du Cameroun, du Canada, de la Côte d’Ivoire, des Etats-Unis, de la France, de la Finlande, du Gabon, d’Haïti, d’Italie, du Japon, de la Lettonie, de la Mauritanie, du Niger, de la Pologne, du Portugal, de la Russie, du Sénégal, de la République Tchèque, de la Tunisie et du Togo.

D’entrée de jeu, le ministre des Maliens de l’extérieur, Badra Aliou Macalou, soulignera qu’il est établi que sans les ressources humaines de qualité, aucun développement n’est possible.  » Si nous voulons trouver la clef au développement rapide de notre pays, il importe que nous résolvions l’équation des ressources humaines bien formées et qualifiées « , dira-t-il.

Le ministre a aussi ajouté que le Mali dispose d’une diaspora intellectuelle scientifique et technique très importante, disséminée à travers tous les continents du monde. « Cette diaspora composée d’éminents intellectuels, de scientifiques et de techniciens de haut niveau, constitue un véritable levier pour le développement du Mali.  » a-t-il déclaré. Avant de noter que ce potentiel immense de savoir et de savoir faire, cette mine, demeure insuffisamment exploitée pour donner l’élan nécessaire au développement du Mali.

Le ministre a, par ailleurs, indiqué que « pour faire des intellectuels, scientifiques techniciens et fonctionnaires internationaux maliens de l’extérieur des agents actifs du développement, l’État devrait mettre en place un programme de valorisation de ses ressources humaines de l’extérieur ». Telle est, a-t-il- dit, l’ambition du présent Forum et c’est en cela qu’il trouve sa justification et aussi sa pertinence.

Le président de la République, Amadou Toumani Touré, dans son allocution, a rappelé qu’il y a seulement sept mois, a eu lieu le forum des opérateurs économiques de la diaspora pour explorer avec eux les voies et moyens d’investir davantage dans le développement économique du Mali.

 » Le forum des intellectuels de la diaspora, que nous ouvrons aujourd’hui, prolonge harmonieusement cette démarche, car la formation et la recherche sont le moteur de la croissance économique et du progrès social «  ajoutera le président.

Par ailleurs, il appréciera à sa juste valeur la disponibilité et l’accompagnement dans le cadre du projet Tokten, qui bénéficie des enseignements dispensés par des intellectuels et scientifiques de haut rang établis à l’étranger. Il a déclaré que, sans leur appui, certaines filières essentielles de formation dans les facultés et grandes écoles n’auraient pas existé.

ATT a profité de l’occasion pour adresser ses remerciements à tous les experts, mais également à tous les partenaires au développement, notamment le Programme des Nations Unies pour le développement, ainsi que la Coopération française, dont les appuis ont été déterminants, pour la réussite de ce programme.

La crise de l’école s’invite au débat

Le Président ATT s’est dit fier de cette école qui a vu former beaucoup de cadres et intellectuels maliens qui font la fierté de notre pays. Selon lui, le système éducatif malien n’est pas en crise, mais c’est l’école publique qui est plongée depuis quelques années dans une crise profonde.  » Nous devrons rendre un peu de ce que cette école nous a donné «  a-t-il affirmé. Avant d’ajouter que les revendications des enseignants sont légitimes et justes.

 » Mais en ce moment, l’État n’a pas les moyens de satisfaire toutes les doléances. Attendez à ce que nous retrouvions le pétrole » a-t-il lancé à l’adresse des enseignants. Le président ATT a tenu à lancer cet appel aux enseignants au moment où le SNESUP compte aller en vacances de deux mois. Ce sera dans ce cas l’année blanche. Espérons que l’appel du président de la République sera entendu par les syndicalistes.

Ramata TEMBELY

30 Juillet 2010.