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Tout le monde est d’accord là-dessus : le cinquième président de la République du Mali, troisième président de l’ère démocratique, Ibrahim Boubacar Kéïta, aura fort à faire pour redresser le Mali, tant les défis sont nombreux, urgents, plus titanesques les uns que les autres. En somme, il aura à accomplir les douze travaux d’Hercule.

Il s’agit, pêle-mêle, de réconcilier les Maliens entre eux, ceux du Sud comme ceux du nord, garantir l’intégrité territoriale et assurer la sécurité des hommes et des biens, rebâtir l’armée pour en faire un instrument moderne et efficace de défense nationale, relancer l’économie, aider au retour des réfugiés et des déplacés et assurer leur insertion socioéconomique, ressusciter une école moribonde et engager une lutte implacable contre la corruption et l’enrichissement illicite…

Mais, à notre avis le tout premier travail que le torero de Sébénicoro doit accomplir, toutes affaires cessantes, c’est d’assainir Bamako qui est devenue une véritable écurie d’Augias. En effet, Bamako qui devrait être la vitrine du pays, affiche aujourd’hui un triste spectacle. Devant un tel spectacle, l’on peut affirmer à raison que Bamako n’est pas notre fierté. Histoire de pasticher un candidat malheureux à l’élection présidentielle. D’autant que cela survient à un moment où notre pays est sous les feux de la rampe.

Le symbole le plus achevé de cette insalubrité ambiante est le centre commercial, une espèce de cloaque géant, un périmètre intégrant le Rail, les abords de l’Assemblée nationale, l’Artisanat et le Dabanani. Ici, les déchets solides trainent depuis des semaines sur la chaussée dans l’indifférence générale et un monde bigarré, au nombre duquel nos honorables députés, déambule dans ce décor surréaliste. D’une manière générale, les immondices nauséabondes et les eaux usées qui ne vont nulle part font désormais partie du paysage urbain de Bamako.

En fait, on est en présence d’une démission collective : de la mairie du District aux mairies communales en passant par le ministère de l’Environnement dont l’assainissement urbain est une des missions cardinales, les services techniques du District et les citoyens eux-mêmes. IBK, dès qu’il prendra les commandes du Mali, devrait s’attacher à nettoyer les écuries d’Augias de Bamako.

Car comment peut-on discuter réconciliation nationale au milieu des tas d’ordures ? Comment peut-on réfléchir sereinement quand on est agressé à tout bout de champ par les miasmes morbides de notre environnement délétère ? Comme on le voit, la salubrité est un sujet transversal et primordial. Si l’on n’y prend pas garde ‘’la ville des trois caïmans’’ risque de devenir, à brève échéance, la capitale des trois milliards de rats, souris et autres cafards. Au grand dam de la santé publique et de l’image des Bamakois, voire de tous les Maliens.

Yaya Sidibé

Le 22 Septembre du 22 Août 2013