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« Il faut créer des pôles de croissance et de développement dans les zones minières »

La 3e édition des journées minières et pétrolières du Mali a commencé hier au Centre international de conférences de Bamako (CICB). A travers ce forum, le Mali entend faire connaître les multiples richesses de son sous-sol qui, en plus de l’or, renferme de grands gisements de bauxite, de fer, d’uranium, de manganèse, de phosphate, de calcaire, de pierres précieuses. Cette année, le thème principal est  » Mines et développement communautaire « .

Il traduit la préoccupation du gouvernement de faire en sorte que les mines profitent davantage aux populations vivant dans les zones d’exploitation et à l’économie locale, à travers le plan de développement communautaire. Le Premier ministre, Modibo Sidibé, qui a présidé la cérémonie, de déclarer : «  Il faut créer des pôles de croissance et de développement dans les zones minières ».

Le Mali est un pays minier émergent. Au-delà du métal jaune, qu’il exploite dans les mines de Sadiola, Morila, Yatela, Kalana, Loulo, Tabokoto et Syama, notre pays dispose d’un sous-sol qui renferme de multiples gisements de bauxite, de fer, d’uranium, de manganèse, de phosphate, de calcaire, de pierres précieuses.

Pour ce qui est du pétrole, la recherche de cette ressource connaît un réel essor. Le consortium ENI-SIPEX entend réaliser cinq forages d’exploration sur les permis de recherche à savoir les blocs 1, 2, 3, 4 et 9. A l’issue de ces travaux, l’on saura effectivement s’il y a oui ou non le pétrole au Mali. Afin d’attirer l’attention des investisseurs sur les potentialités minières au Mali, le gouvernement à travers la Direction nationale de la géologie et des mines, a initié les journées minières.

Cet événement constitue un tremplin pour le Mali de vendre la bonne image de ses ressources minières et de favoriser les échanges entres les acteurs des mines au Mali.

Cette année, le thème principal est « Mines et développement communautaire ». Il traduit la préoccupation du gouvernement de faire en sorte que les mines profitent davantage aux populations vivant dans les zones d’exploitation et à l’économie locale, à travers un plan de développement communautaire.


La cérémonie d’ouverture s’est déroulée au Centre International de conférences de Bamako, hier, lundi 30 mars.

Le ton a été donné par le 1er adjoint au maire de la Commune III. Son intervention a été suivie par celle du Chef de la délégation de la Commission européenne, Giacomo Durazzo.

Dans son allocution, celui-ci a salué l’importance de la mise en place au Mali d’une initiative de transparence dans les industries extractives (ITIE).


« Les réserves de bauxite pourraient placer le Mali parmi les tout premiers pays exportateurs d’alumine en Afrique de l’Ouest
 » a-t-il martelé.

Au terme de son discours, M. Durazzo de déclarer : « la dépendance économique du pays vis-à-vis du secteur minier et le tarissement constaté d’un certain nombre de mines aurifères demandent de maintenir un effort élevé de la part de l’Etat dans la recherche et l’exploitation de nouveaux gisements ».

Le ministre de l’Energie, des mines et de l’eau, Mamadou Igor Diarra, a, quant à lui, rappelé les objectifs de cette édition des journées minières et pétrolières du Mali. Il s’agit de mieux faire connaître les opportunités d’investissement au Mali et de parvenir à une meilleure animation du secteur minier et pétrolier à travers la multiplication des intervenants mais aussi l’amplification des investissements au Mali.

Pour ce qui est de la recherche pétrolière, le ministre Diarra de révéler que des avancées notoires ont été enregistrées. « Les résultats obtenus sur certains permis de recherche permettent un réel espoir pour la découverte imminente du pétrole au Mali » a-t-il déclaré.

L’honneur de déclarer l’ouverture solennelle de la 3e édition des Journées minières et pétrolières du Mali est revenu au Premier Ministre, Modibo Sidibé. Celui-ci n’a pas manqué de rappeler à son assistance, composée des ministres du gouvernement, des représentants des sociétés minières, des ambassadeurs des pays amis du Mali, entre autres, l’importance de l’exploitation minière pour le Mali.

L’orateur de préciser que le métal jaune constitue, aujourd’hui, les 70% des recettes d’exportation du Mali. Il contribue pour près de 15 % au PIB et sa part dans le budget national est estimée à 120 milliards F CFA en 2008.

Par ailleurs, il a révélé les ambitions de son gouvernement pour la promotion de l’exploitation minière au Mali.

Le premier chantier important est celui de l’élaboration d’un nouveau code minier. Celui-ci, selon le Chef du gouvernement, devra conférer davantage de transparence dans la gestion du secteur minier, notamment en ce qui concerne la production.

Le nouveau code entend promouvoir le partenariat public-privé pour la réalisation des infrastructures routières pour l’accès aux sites miniers. Une telle approche nécessite, selon le Premier Ministre, que s’engage un dialogue avec les acteurs et les investisseurs dans le secteur des mines.

Une nouvelle dimension non moins importante du nouveau code minier a trait à la question du développement local. Il s’agit de faire en sorte que les mines profitent davantage aux populations vivant dans les zones d’exploitation et à économie locale, à travers le plan de développement communautaire.

« Nous avons conscience que des efforts ont été déjà réalisés. Malgré tout, on entend mieux faire, en améliorant le dialogue avec les populations vivant dans les zones, en prenant davantage en compte les préoccupations liées à l’emploi et à l’environnement. Au-delà du développement communautaire, il s’agit de créer, autour et dans les zones minières, les conditions d’émergence de pôles de croissance et de développement économique. Notre volonté est de faire en sorte que le secteur des mines profite au mieux à notre économie, dans le cadre d’un partenariat mutuellement profitable avec les investisseurs désireux d’apporter leurs concours au développement du secteur des mines » a-t-il laissé entendre.

Le clou de la cérémonie a été la visite des stands. Lesquels sont au nombre de 70. Le Premier ministre, Modibo Sidibé, avec à ses côtés le ministre des Mines, Mamadou Igor Diarra et des ministres du gouvernement, a fait le tour des stands. Ainsi, a-t-il échangé avec les participants dont le nombre est estimé à plus de 500.

Rappelons que pendant les quatre jours que durera le forum, les participants auront droit à des conférences dont les thèmes sont, entre autres, le financement des activités minières et pétrolières, l’industrie minière et pétrolière et leur contribution à l’économie nationale, le développement des infrastructures routières, énergétiques et leurs impacts sur l’industrie minière et pétrolière. S’y ajoutent l’industrie extractive et la préservation de l’environnement et le bilan de la recherche pétrolière.

Abdoul Karim KONE


Alou Badra Coulibaly, président de la Holding BEN & CO: «L’Etat doit toujours promouvoir la recherche pétrolière»

Les journées minières font connaître le Mali. Elles permettent d’évaluer le potentiel minier et pétrolier du pays et d’attirer les investisseurs. C’est vraiment un forum très important. Nous sommes en train de prendre des contacts pour la fourniture des produits pétroliers dans le secteur minier. Si ENI-Mali découvre le pétrole au Mali, cela serait une bonne chose. Je pense que l’Etat doit promouvoir toujours la recherche.

Le Directeur de Randgold Resources Limited, Mamadou Samaké: «A travers ce forum, nous voulons faire connaître notre société»

Les journées minières constituent un espace de rencontre entre les différentes sociétés pour échanger sur leurs expériences et même temps pour faire connaître les potentiels par l’administration des mines. L’organisation d’un forum est importante pour la promotion minière du pays. Cette année, en y ajoutant le pétrole, cela donne une autre dimension au sujet. Pour ce forum, nous avons amené des résultats de nos différents travaux sous forme de cartes. La nouveauté, c’est une exposition de bijoux commercialisés par Kankou Moussa Ltd. Laquelle a pour objectif de commercialiser sur le marché local une part de l’or produit au Mali, particulièrement dans la mine de Loulo. A travers ce forum, nous voulons faire mieux connaître notre société qui contribue bien à la promotion du secteur minier malien.


Dialla Konaté, CAMEC : «Ces journées devront constituer un tremplin pour la relance du secteur minier»

L’engouement des politiques concernant ces journées minières est un premier pas pour la promotion du secteur minier. La dizaine des conférences qui auront lieu dans ces 48 heures, viendront éclairer et donner plus de raisons et de justifications au gouvernement malien d’aller vers la mise en place des infrastructures de base afin que le secteur minier se développe parallèlement au secteur agricole.

Si nous prenons le cas de la bauxite du Mali, dans toutes les régions où le projet est présent, nous avons plus de 1000 mm de pluie qui tombent chaque année. Ce serait un développement en dualité entre le secteur minier et le secteur agricole. Ce forum doit servir de tremplin pour un nouveau démarrage du secteur minier.


Madani Diallo, ancien cadre de Anglogold ashanti: «En 2008, les mines ont contribué pour 588 millions de F CFA au développement de la commune de Sadiola»

Cette année, le thème concerne le développement local. Il convient de souligner que les mines contribuent au développement. Maintenant, il ne faut pas confondre le développement avec un flux d’argent. Au Mali, les mines interviennent, à travers la loi sur la décentralisation, dans le financement des activités de la commune.

Le Premier ministre vient d’affirmer que la contribution de l’or au budget national en 2009 s’élève à 120 milliards de F CFA. Vous prenez la commune de Sadiola où se trouvent les mines de Yatela et Sadiola, en 2008, la contribution des mines dans le développement communautaire était estimée à 588 millions pour 14 ou 20 000 habitants.

C’est beaucoup d’argent, mais le développement ce n’est pas l’argent. C’est la gestion de l’argent, c’est la réalisation des objectifs. C’est cela notre problème. Les mines peuvent donner de l’argent, mais ce n’est pas cela qui fait le développement.


Lamine Kéïta, ministre des mines (1975-76): «Aujourd’hui, les recherches pétrolières sont suffisamment avancées»

Les journées minières constituent une opportunité pour les participants de se connaître et de tisser des partenariats entre eux. C’est une opportunité pour les acteurs des mines de s’informer sur le potentiel minier au Mali.

La recherche minière est un long processus qui passe par les indices jusqu’au gisement. S’agissant de l’or, je n’ai rien à dire. Quant au pétrole, moi-même, en tant que ministre des Mines, j’ai fait faire des forages pétroliers dans le cercle d’Ansongo. Aujourd’hui, il faut reconnaître que les recherches sont suffisamment avancées.


Karim Dembélé, ministre des mines (1991-1992): «Les choses ont beaucoup évolué. Quand nous étions aux commandes, il n’y avait que Syama et Kalana»

Cet événement vise à faire connaître le secteur minier du Mali aux opérateurs nationaux et étrangers. La plupart des participants à cet événement étaient présents aux journées minières qui se sont déroulées à Londres et Teronto. C’est une suite logique, une continuation pour vendre l’image du pays, pour mieux faire connaître le secteur minier et surtout pour jouer la carte de la diversification minière que nous recherchons depuis longtemps. L’or constitue le principal produit d’exportation du Mali, on fait tout pour diversifier, aller vers d’autres ressources. C’est un tremplin.

Les choses ont beaucoup évolué. Quand on était aux commandes, il y avait pas de mines au Mali à l’exception des mines de Kalana et de Syama. Nous avons travaillé à faire en sorte qu’on puisse attirer les investisseurs. Cela a permis de donner un coup de fouet au secteur des mines.

Aujourd’hui, il y a beaucoup d’investisseurs et on est 3e producteur d’or en Afrique, après l’Afrique du Sud et le Ghana. L’objectif est de faire en sorte que le Mali puisse profiter de ses ressources minières. Le code minier est devenu plus attrayant.

Larbi Sai, responsable d’ENI-Mali: «Nous espérons faire une découverte qui pourrait changer le visage du Mali»

Les journées minières offrent l’occasion de nouveautés dans la technologie des mines et de la recherche pétrolière. Nous avons cinq blocs sur une superficie de 200 000 km². Nous avons parcouru une étape importante qui est l’acquisition sismique. Nous sommes dans la phase de traitement des données. Nous pensons avec beaucoup d’objectivité avoir quelque possibilité avant fin 2009 et 2010 d’opportunité de forages. Il faut que le public vienne s’informer. Nous avons seulement exposé notre programme de recherche et d’acquisition sismique. Nous espérons faire une découverte qui pourrait changer le visage du pays.


Nankoman Damanfing Kéïta, Banco: «Les politiques doivent opter pour la recherche minière, sinon …»

Les journées minières permettent une grande lisibilité dans le secteur minier. Elles permettent de valoriser le secteur des mines. Surtout les juniors maliens. Le stand dans lequel vous vous trouvez est celui de la Société Banco, malienne à 100%, qui cherche de l’or au sud et à l’est du pays. Ces journées permettent à ces sociétés de se chercher des partenaires. Les journées minières, offrent vraiment une opportunité de brassage dans le monde minier.

Par ailleurs, les politiques doivent opter pour la recherche. Sinon, dans quelques années, toutes les mines en exploitation au Mali vont fermer leurs portes.


Laurent Besson, SEMM LOGGING présent au Canada, Madagascar, Niger


«Les journées minières, un vecteur d’images positif pour le Mali»

Notre spécialité, c’est la géophysique en forage. Nous travaillons pour les mines et également dans l’hydrogéologie. Les journées minières constituent un vecteur d’image très positif pour le Mali. Je suis persuadé que le Mali en profitera pour pouvoir accueillir de nouveaux investisseurs afin de promouvoir son activité minière.

A travers cette rencontre, nous voulons avoir des partenaires locaux, arriver à monter des structures locales qui soient capables de travailler dans de bonnes conditions et fournir un travail de qualité à tous les bureaux d’études maliens.

31 Mars 2009