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Mettre davantage la recherche au service du développement agricole

Accorder à la recherche, surtout agronomique, toute l’attention requise afin de dégager une synergie entre celle-ci et le développement de l’agriculture. Tel est l’objectif de la visite que le Premier ministre, Modibo Sidibé, a effectuée à l’Institut d’Economie Rurale (IER) et à Baguineda, où il a rencontré chercheurs et producteurs.

Les 22 et 23 mai, le Premier ministre, Modibo Sidibé, s’est rendu respectivement à l’Institut d’Economie Rurale (IER) et à Baguineda où il a rencontré chercheurs et producteurs.

Pour la circonstance, le chef du gouvernement était accompagné de son ministre de l’Agriculture, Tiémoko Sangaré, de l’Elevage et de la pêche, Mme Diallo Madeleine Ba et de l’Environnement, Agatham Ag Alassane.

La démarche est loin d’être gratuite. En effet, chercheurs et producteurs constituent, comme l’a si bien souligné un communiqué de presse de la Cellule de communication de la primature, « des articulations essentielles dans la mise en œuvre de l’Initiative riz ».

A l’Institut d’Economie Rurale (IER), le jeudi 22 mai, le Premier ministre et sa délégation ont eu droit, d’abord, à une visite guidée de plus de deux heures d’affilée, des stands où étaient exposés des produits, résultat des recherches.

Au nombre de ces produits, il y avait : le « Gambiaka » pour le riz, le « Torognon de Nigoni » pour le mil, le « Sotubaka » pour le maïs, le « N’Tènimissa » pour le sorgho, le « Sangaranga » et le « Douna fana » pour le niébé. Pour le coton « N’ta 88 – 6 ». Dans le domaine de l’élevage, il y avait le « Wassa Chè » et bien d’autres réussites comme la domestication des espèces forestières tel le karité.

Bref, « des réussites qui font la fierté du Mali tout entier » pour ainsi reprendre l’expression du Premier ministre, Modibo Sidibé, qui a soutenu que ce qu’il a vu conforte davantage la justesse de la vision du président de la République, Amadou Toumani Touré, telle qu’exprimée dans le Projet de développement économique et social (PDES).

Et le chef du gouvernement de marteler qu' »aujourd’hui, nous avons les compétences et les ressources humaines qui peuvent nous permettre de gagner le pari de faire du Mali une puissance agricole ».

Ensuite, à la rencontre des chercheurs, Modibo Sidibé a révélé deux bonnes raisons qui, selon lui, ont motivé sa visite de l’IER. Premièrement, il s’est dit porteur d’un message d’admiration, de fierté et d’encouragement du président de la République,

le Général Amadou Toumani Touré, aux chercheurs de l’Institut d’Economie Rurale (IER). Secundo, Modibo Sidibé s’est dit également porteur du message du gouvernement qu’il dirige.


La recherche, une priorité pour le développement agricole

A cet effet, il a indiqué que la recherche constitue, une des priorités de sa politique de développement, parce qu’elle est, de son avis, « une des clefs de notre compétitivité, de notre croissance économique et de notre développement avec l’agriculture ».

Dans son discours, le Directeur général de l’IER, Dr Bino Témé, a soutenu que son service ne ménagera aucun effort pour accompagner le gouvernement Modibo Sidibé à atteindre les objectifs, non seulement de l’initiative riz qui consiste à produire 1,6 million de tonnes de riz pour la campagne 2008-2009, mais également de l’opération 100 000 000 tonnes de riz à produire d’ici à l’horizon 2012.

Un vœu si cher au président de la République, Amadou Toumani Touré. Ensuite, Dr Bino Témé a fait une présentation en power-point de sa structure.

Il ressort de cette présentation que l’IER est un pôle d’excellence dans la recherche pour la production, non seulement agricole, mais aussi pour l’élevage et la pêche, qui a à son actif de nombreux résultats scientifiques largement vulgarisés auprès du monde rural.

Cependant, il est confronté à des difficultés dont l’insuffisance de financement pour la recherche et la restructuration du personnel de recherche qui passe par le recrutement de 50 chercheurs et de 50 techniciens au cours des cinq années à venir pour un montant estimé à 500 millions de F CFA.

Des préoccupations qui ont été également soulignés par le Secrétaire général du syndicat des chercheurs, Alassane Sacko, qui n’a pas manqué d’y ajouter l’insécurité foncière.

En effet, aux dires du syndicaliste, « les domaines de recherche de l’IER sont menacées par l’urbanisation accélérée au niveau des centres urbains, notamment en commune I du District de Bamako et par l’extension des surfaces cultivées dans les zones rurales ».

Pour Alassane Sacko, une sécurisation des sites de recherche s’impose et s’avère indispensable par « la clôture des sites en question et une attribution des titres fonciers aux institutions en lieu et place des affectations des titres fonciers ».

En réponse à ces préoccupations, le Premier ministre, Modibo Sidibé, a indiqué que pour réussir le pari de faire de l’agriculture un vecteur de croissance au Mali, il faut trois choses.

Premièrement : donner davantage de moyens à la recherche et aux chercheurs. Deuxièmement : faire en sorte que les résultats de la recherche soient davantage partagés par les usagers. Enfin troisièmement : tisser un véritable partenariat entre le public et le privé afin de combler les besoins de financement de la recherche.

Afin de faire face au vieillissement du personnel de recherche par son renouvellement, le chef du gouvernement a laissé entendre que l’Etat prendra des dispositions pour cela. S’agissant de l’insécurité foncière, le Premier ministre a souhaité avoir des renseignements auprès du ministère du Logement, des affaires foncières et de l’urbanisme, avant de prendre toute décision.

En prenant congé de ses hôtes, les chercheurs, Modibo Sidibé a insisté sur le fait qu’ « il faut désormais que l’IER et les chercheurs soient plus visibles de tous pour donner à la profession, qui irrigue le premier secteur de croissance, ses lettres de noblesse.

C’est ensemble que nous allons porter la nouvelle ambition de la recherche et de l’innovation, pour réussir le PDES ».

Dialogue direct avec les producteurs à Baguineda

Après l’Institut d’Economie Rurale (IER), le jeudi 22 mai, le chef du gouvernement et sa délégation ont mis le cap, le lendemain vendredi 23 mai 2008, sur Baguineda où Modibo Sidibé a entamé sa toute première sortie de terrain dans le cadre du suivi de la mise en œuvre de l’Initiative riz, en allant à la rencontre des producteurs sur le terrain.

Ainsi, dès leur arrivée dans le village où ils ont été accueillis par une foule assez nombreuse, avec à la première loge des jeunes, Modibo Sidibé et sa délégation se sont directement rendu dans les champs en visitant les périmètres des femmes.

Là-bas, on ne plaisante pas avec l’agriculture. Les femmes produisent, le plus souvent, 3,5 tonnes par hectare. Elles comptent en faire plus cette année avec l’Initiative riz. Après, ce fut le lancement du projet d’intensification de Baguineda (PIB) qui va davantage améliorer et sécurisé la production agricole.

Avec l’ensemble des producteurs, cette fois-ci, en réunion d’information et de sensibilisation sur l’Initiative riz, le Premier ministre a instauré un dialogue direct avec les paysans sur le concept et les enjeux de sa politique agricole.

Celle-ci, est-il besoin de le rappeler, porte sur la réalisation, durant la campagne agricole 2008-2009, de 1,6 million de tonnes de paddy, soit 1 million de tonnes de riz marchand. Cette production doit couvrir les besoins de consommation interne et permettra de dégager un excédent de 100 000 tonnes de riz marchand.

Le coût de l’initiative riz est de 42,65 milliards de F CFA dont 10, 71 milliards de F CFA de subvention orientée principalement sur les intrants (semences et engrais) et l’appui conseil. L’appui en équipements agricoles se fera sous forme de crédit aux organisations paysannes. Le financement de la subvention sera assuré en partie par la réduction des dépenses de fonctionnement de l’Etat.

La valeur de la production est estimée à 300 milliards de F CFA pour 300 F CFA le Kg de riz marchand. L’opération dégagera des impacts positifs certains pour le producteur, le consommateur et pour l’économie nationale.

Ainsi, le représentant des paysans, Yacouba Diarra, a pris l’engagement, au non de tous ses camarades, que le défi des 19 000 tonnes que Baguineda doit produire sera relevé. Pour cela, le Premier ministre les a exhortés à respecter le calendrier agricole et les conseils pratiques du service d’encadrement, communément appelé « les écoliers ».

Avant de les inviter à se constituer en regroupement unis, fort et crédible, afin de bénéficier davantage des appuis financiers et matériels, gage d’une meilleure production agricole.

Alassane DIARRA

26 Mai 2008