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Le Mali a connu une nette amélioration des indicateurs économiques et sociaux

Ouverte hier matin, c’est cet après midi que prend fin la 6ème table ronde des bailleurs de fonds du Mali au Centre International de Conférences de Bamako. La cérémonie d’ouverture était coprésidée par M. Modibo Sidibé, Premier ministre, chef du gouvernement malien et M. Ad Melkert, administrateur associé du PNUD.

Tous les partenaires du Mali, qu’ils soient bilatéraux et multilatéraux ont répondu à l’invitation. Environ 200 personnes participent à cette 6ème conférence des bailleurs de fonds du Mali.

Dans son discours d’ouverture, le Premier ministre a affirmé que “malgré divers chocs exogènes que l’économie malienne a subis notamment les aléas climatiques, le Mali a connu une nette amélioration des indicateurs économiques et sociaux”.

Le contexte de la rencontre

C’est à Genève en 2004 à la suite de la 5ème table ronde tenue du 30 au 31 mars 2004 que le Mali et ses partenaires ont convenu de se retrouver à Bamako pour cette 6ème édition de la table ronde.

La présente table ronde des bailleurs de fonds du Mali se tient au plan international au lendemain de la conférence de Rome en Italie du 3 au 5 juin 2008 sur la crise alimentaire mondiale où de nouveaux engagements ont été pris par rapport à la relance des productions agricoles.

Au plan national, les préoccupations du gouvernement sont relatives à l’initiative riz du Premier ministre, à l’insécurité au Nord-Est du pays, plus précisément dans la région de Kidal, à la situation de l’école, à la lutte contre la corruption et la délinquance financière entre autres.

Par rapport à toutes ces questions de développement, le gouvernement a fait des propositions de solutions. C’est pourquoi il a, au préalable, joint aux dossiers de la rencontre le document sur les “orientations stratégiques et prioritaires d’investissement pour un développement agricole efficient et une croissance accélerée”.

Ce document permettra aux participants d’échanger sur les questions liées au développement harmonieux du Mali. “Nous avons conscience de nos difficultés et contraintes, de certaines de nos insuffisances, des grands efforts que nous devons faire sur nous-même.

Notre détermination est cependant grande parce que nous voulons prendre en main notre destin alimentaire et saisir l’opportunité qui s’offre à notre agriculture d’entrainer la croissance globale du pays : une chance non pas de réduire la pauvreté, mais bien de la vaincre par le travail et la prospérité”, a martelé avec force le Premier ministre.

Les atouts du Mali

Les potentialités du Mali sont énormes. En effet, le sous-sol de notre pays est un scandale géologique renfermant de l’or, du pétrole, de l’uranium, du fer, entre autres minéraux précieux. Mais, il faut souligner que le Mali est un pays à vocation agro-sylvo-pastorale.

A l’Office du Niger, il y a 1 million d’ha irrigable dont 10% sont à peine aménagés. Le gouvernement est pleinement conscient que le premier facteur de réussite d’une croissance économique forte et durable réside dans le maintien d’un cadre macroéconomique stable.

A cet effet, les réformes macroéconomiques nécessaires à la croissance notamment celles du secteur du coton, des télécommunications et de l’énergie seront réalisées conformément aux agendas convenus.

La réussite de la stratégie de croissance accélérée repose également sur l’existence d’une capacité de modélisation et d’analyse prospective adossée à un système performant de production et de diffusion régulière de données économiques, financières et sociales fiables.

Le plan d’action du schéma directeur de la statistique apporte une réponse aux insuffisances relevées dans le système statistique. Sa mise en oeuvre renforcera les capacités de suivi et d’évaluation des politiques et fournira le support nécessaire à l’introduction rapide au Mali d’un système de gestion axé sur les résultats.

Les chiffres produits par le premier ministre

Selon les chiffres fournis par le Premier ministre, d’importants progrès ont été accomplis vers la stabilisation du cadre macroéconomique. Ainsi les performances économiques se sont traduites par une croissance en moyenne de 5%. Dans le domaine social, l’accès aux soins de base et à l’éducation s’est nettement amélioré.

Le taux brut de scolarisaton dans l’enseignement primaire a atteint ainsi près de 75%. Cette évolution concerne aussi bien les filles que les garçons, réduisant ainsi les disparités liées au sexe pour l’accès à l’école. Il en a été de même pour la santé.

Quant à l’accès à l’eau potable, le nombre de points d’eau modernes a connu une progression significative, et le nombre de Maliens ayant accès à l’eau potable a atteint 68%. Des progrès notables ont été enregistrés dans le développement des infractructures de base et des secteurs productifs notamment les aménagements hydro-agricoles, les routes, les télécommunications et l’énergie.

Les reformes engagées

La qualité de la gouvernance est un gage de succès pour nos politiques et programmes de développement. Notre démocratie parfois citée en exemple ne cesse de se consolider, comme l’atteste son prolongement avec la décentralisation, les séquences audacieuses comme l’Espace d’Interpellation Démocratique (EID) ou encore, l’initiative du Président de la République d’une Commission chargée de réfléchir sur la consolidation de la démocratie au Mali”, a dit Modibo Sidibé.

Plusieurs réformes ont été engagées par le gouvernement parmi lesquelles un nouveau code des personnes et de la famille qui sera un document cadre de la politique nationale du genre, le Programme de Développement Institutionnel (PDI) pour restaurer l’autorité de l’Etat en rendant l’administration plus efficace.

Dans la lutte contre la corruption et la délinquance financière, en plus des structures de contrôle de vérification et d’inspection, le gouvernement vient de mettre en place une commission préparatoire pour les Etats généraux de la corruption au Mali.

Une autre commission pour faire le point de tous les maux dont souffrent l’école malienne est à pied d’oeuvre. Ces deux commissions sont respectivement dirigées par l’ancien Premier ministre Modibo Kéïta et le doyen de la Faculté des Sciences et Techniques de l’université de Bamako, M. Salikou Sanogo.

Dans le cadre de la recherches d’une paix durable, le Mali organisera très prochainement une conférence internationale sur la paix, la sécurité et le développement dans les régions sahélo-saharienne.


Les bailleurs de fonds satisfaits de la gestion de la crise au Nord

Dans son allocution d’ouverture, l’administrateur associé du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), M. Ad Melkert a loué les efforts du Mali des dernières années et a salué le succès des dernières élections qui témoignent de la volonté du peuple et du gouvernement dans l’ancrage démocratique du pays.

Je voudrais à ce sujet saluer la manière responsable avec laquelle le gouvernement s’emploie à résoudre le conflit au Nord du pays, et l’inviter à continuer à perséverer dans ce sens.

En effet, il ne saurait y avoir de développement durable sans stabilité. Dans ce contexte, il s’avère important que notre assistance commune vienne renforcer les efforts du gouvernement pour le développement du Nord du pays.

Nous sommes ici pour reconnaître les efforts déployés par le gouvernement et marquer notre détermination de continuer à accompagner le Mali sur la voie du développement économique et social de la croissance et de la prospérité”, a déclaré l’administrateur associé du PNUD.

En tout cas, cette 6ème table ronde des bailleurs de fonds du Mali est l’occasion de dresser le bilan de la mise en oeuvre des recommandations de celle tenue en 2004 à Genève.

Pourquoi la pauvreté ne recule pas au Mali

Selon l’administrateur associé du PNUD, entre 2001 et 2005 la pauvreté rurale n’a baissé que de 73,8% à 73,4%, soit moins d’un point de pourcentage. Cette persistance de la pauvreté s’explique d’une part par l’insuffisance du taux de croissance et d’autre part par les défis de la répartition des revenus de la croissance à tous les citoyens.

Il y a donc du chemin à parcourir quand on sait que le Mali est essentiellement rural à plus de 80% de sa population. Le taux de croissance annuel moyen du Mali qui était de 5% sur la période 2002-2006 a chuté en 2007 entre 2 et 3% en raison de l’insuffisance des pluies en plus d’autres phénomènes mondiaux.

Les attentes du gouvernement sont grandes par rapport à cette 6ème table ronde pour vaincre la pauvreté.


Daba Balla KEITA

13 Juin 2008