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Dimanche matin, dans le pavillon des sports du Stade Modibo Kéïta, le Premier ministre Ousmane Issoufi Maïga rencontrait le monde du sport. Au menu : discuter des maux dont souffrent nos différentes disciplines.

Toutes les fédérations, les anciens ministres des sports, les anciens sportifs, la presse sportive y étaient. Le Premier ministre a cependant tenu à préciser que ce n’était ni un forum, encore moins une prélude aux états généraux du sport. La rencontre avait simplement pour but de faire des échanges et des réflexions autour de la situation actuelle de notre sport.

Dans son discours d’ouverture le Premier ministre a caractérisé le sport d’une manière générale, et le football principalement. Un football malien qui est à la traîne malgré «les efforts financiers énormes consentis, 44 milliards en 2002 à l’occasion de la coupe d’Afrique des nations organisée chez nous en 2002».

Le budget du département des sports n’a cessé de croître depuis 2001. Il est passé à titre indicatif de 3,168 milliards en 2001 à 7,537 millions en 2004, soit une augmentation de 138 %. L’essentiel de ce montant est allé au seul football. Malgré tout, le Premier ministre devait regretter que l’on ait enregistré qu’échecs et contre performances là où nous espérions gagner. «Qu’est ce qui explique donc, ceci ? Où le bas blesse-t-il ?

Ousmane Issoufi Maïga était le premier à situer les responsabilités avant d’inviter l’assistance à poser son diagnostic.

En plus des infrastructures réalisées à la Can 2002, l’Etat malien participe à l’acquisition de matériels et d’équipements sportifs et appuie constamment la participation aux compétitions à la fois nationale et internationale.

En plus du budget énoncé, le Premier ministre indiquera que l’Etat alloue des fonds aux structures sportives chaque fois que les événements l’exigent. «Ces dépenses directs sont passés par exemple de 861,169 millions, en 2002 à 1,133 milliards en 2004. Les primes de sélections sont régulièrement alloués aux joueurs et à leur encadrement.

Exemple : l’augmentation de prime de sélections des seniors qui est passé de 500.0000 en 2002 à 750.000 en 2004 par joueur. Pour la même catégorie, les primes de 1.250.000 francs en 2004 sont passés de 100.000 en 2001 à 1.250.000 francs en 2004 par joueur, et 200.000 à 2.500.000 F pour l’entraîneur.

Des chiffres pour permettre à tous d’apprécier les efforts consentis par le gouvernement pour les résultats sportifs, et singulièrement footballistiques. Malheureusement les résultats obtenus sont loin d’être satisfaisants.

Le Premier ministre explique les contre performances actuelles pour l’amenuisement du sentiment patriotique et l’indiscipline caractérisé des joueurs, le manque de dialogue entre les dirigeants sportifs, l’insuffisance et la mauvaise organisation des compétitions, le faible niveau des compétitions nationales, l’incohérence de programme de compétitions engendrant une mauvaise préparation des équipes pour les compétitions internationales, le laxisme dans la formation des sélections nationales, l’insuffisance de contacts avec d’autres sélections nationales, le manque de rigueur dans la préparation des compétitions sportives internationales, le caractères peu performant et peu qualifié de l’encadrement, la faiblesse du taux de pratique sportive, l’absence d’objectifs planifiés permettant une gestion prévisionnelle de préparation et de participation aux compétitions, l’instabilité et le manque de dynamisme des organes de direction du mouvement sportif national, la mauvaise organisation du sport scolaire et universitaire.

Habib Sissoko président du comité national olympique et sportif du Mali
(CNOSM) s’est réjoui «de la belle initiative qui a permis de réunir» les acteurs sportifs et les autorités gouvernementales. Les Aigles battent de l’aile dans les éliminatoires combinés Can-Mondial 2006, le président de CNOSM a invité le monde sportif à mieux appréhender la situation. Et trouver des solutions à une qualification.

Puis Oumarou Tamboura, directeur exécutif du CNOSM mouvement regroupant toutes les fédérations sportives a exposé un document dans lequel il analyse les différents problèmes de notre sport et y propose des solutions.

Pour Tamboura le sport malien est en grande évolution, ce qui du reste pose des problèmes aux autorités. Néanmoins notre sport se caractérise par des apparitions sporadiques au cours des compétitions internationales, dû à l’absence de consécration et à un manque de régularité au sommet.

Oumarou Tamboura a déploré l’absence d’un plan national de développement sportif. Ce qui notamment commande à une «forte réflexion sur le phénomène sportif». L’exposé du CNOSM est une synthèse des documents reçus des fédérations et de certaines personnes ressources.

Il ressort de l’exposé notamment la création d’une direction nationale ou d’une cellule chargée de la gestion du sport de haut niveau, la formation des cadres sportifs, l’exonération des équipements sportifs, la création de centres ou d’écoles de sports…, la réinstallation en 2006 de la biennale sportive.

Ces propositions devraient être financées par le budget national, même si le CNOSM y participe. Cet exposé du Comité olympique était à la base des propositions et analyse faites par différents intervenants entre 10 heures et 17 heures, avec une pause de 45 minutes entre 13 heures 45 et 14 heures 30 minutes.

Souleymane Diallo – 22 février 2005