Partager

Pour signer sa véritable entrée sur la scène de la transition malienne, le Premier ministre Diango Cissoko prend longuement langue avec la quasi-totalité des représentants des forces vives du Mali. C’était hier, lundi 17 décembre 2012 à la primature. En plus de cinq heures d’horloge, Diango Cissoko a échangé avec ceux qu’il appelle ses « partenaires de sortie de crise « . Il a, sans langue de bois, réaffirmé le besoin de rassembler tous les acteurs sociopolitiques au chevet du bateau Mali, qui tangue, non seulement pour, lui éviter de chavirer, mais de le stabiliser définitivement.

El le croit dur comme fer. En fin administrateur habitué aux rouages du « rassembler pour construire « , le Premier ministre Diango Cissoko, avait eu à prodiguer vainement à son prédécesseur le conseil selon lequel » il ne doit pas se mettre à dos une partie de la classe politique ; un gouvernement de transition ne doit pas avoir d’opposition « . Le nouvel occupant du palais de la primature ne veut surtout pas avoir une flopée de détracteurs et de contestataires des actions que l’équipe gouvernementale va poser pour sortir le pays de la crise. C’est dans ce sens que le chef du gouvernement a consacré la journée d’hier à consulter les forces vives du pays.

Les premiers représentants à ouvrir le bal de ces concertations à huis clos étaient les délégués des familles fondatrices de Bamako, suivis des chefs de quartiers de Bamako et de Kati. La société civile poursuivra la séance des rencontres avec les représentants du Haut Conseil islamique, de l’Archevêché et de l’association des groupements d’églises et missions protestantes évangéliques. Mahmoud Dicko, Jean Zerbo et Dr Youssouf Dembélé ont eu à échanger avec le Premier ministre.

Du fait de l’importance de la délégation des regroupements politiques, la rencontre avec le Chef du Gouvernement s’est déroulée dans la grande salle de conférence de la primature. On notait la présence de Me Mountaga Tall, Ousmane Ben Fana Traoré et Alhassane Abba, tous de la CSM ; Nouhoum Sarr de l’ADPS, Pr Younouss Hamèye Dicko de la COPAM-forces vives, Malick Alhousseiny du COREN, Iba N’Diaye, Pr Oumar Hamadoun Dicko, Mme Fatoumata Siré Diakité du FDR, Nancoman Kéita de l’alliance IBK-Mali-2012 et d’autres ont échangé avec Diango Cissoko.

A sa sortie, Me Tall, le président du CNID- Faso Yiriwa Ton s’est félicité de l’initiative. « Le Premier ministre a eu la courtoisie d’inviter les représentants des partis politiques, des associations et des regroupements, pour évoquer avec eux sa mission. C’est d’abord un geste courtois ; mais c’est aussi une initiative très républicaine et très conviviale, au cours de laquelle le Premier ministre nous a exposé sa vision des choses, ce qu’il attend de nous, et ce que nous devons attendre de lui. En clair, il a dit pouvoir et savoir compter sur nous. Il nous a assuré de toute sa disponibilité pour mener à bien ses trois missions essentielles : libérer le Nord, organiser les élections et gérer les problèmes quotidiens des Maliens », a-t-il déclaré.

Le leader de la Convergence pour sauver le Mali (CSM) dira que la situation est extrêmement difficile à tout point de vue, politique, économique, social et sécuritaire. » Aucune personne seule ne peut prendre en charge et gérer les problèmes actuels. C’est pour vous dire que je reviens à ce qu’a dit le Premier ministre. Nous devrions former une équipe solide de Maliens avec un seul objectif, aller vers la libération des régions occupées et organiser dans les meilleurs délais des élections pour avoir un pouvoir légitime issu des urnes qui aura alors la capacité nécessaire pour faire face aux enjeux qui sont ceux du pays « , a-t-il ajouté.

Pour sa part, Pr Younouss Hamèye Dicko de la COPAM-forces vives a indiqué que le chef du gouvernement a insisté sur la nécessité de libérer rapidement le nord, d’aller à des élections crédibles, transparentes et fiables sans oublier le quotidien des Maliens relatifs à l’école, la santé, l’eau, etc.

A le croire, le Premier ministre s’est engagé sur ces points en demandant leur soutien. « Nos préoccupations consistent à pratiquer une politique qui correspond au souhait de la nation malienne… Il est important que cette gouvernance tienne compte des préoccupations des populations maliennes; ce qui correspond à la résolution des problèmes présents. Sans cela, c’est l’extérieur qui va nous faire balloter et nous empêcher de prendre les décisions qu’il faut. On ne peut rien faire de sérieux sans le soutien des populations maliennes ».

A la question de savoir si le pays repart sur de bonnes bases, le président de la COPAM-Forces vives et du RDS, dont un vice-président, Pr Messaoud Ould Mohamed Lahbib, vient de prendre la tête du ministère de l’Enseignement supérieur, a répondu par l’affirmative. « Nous n’avons pas l’habitude que le Premier ministre nous convie pour en quelque sorte se confier à nous… Il semble avoir besoin du soutien de la classe politique ; il nous a assuré qu’il sera à chaque instant à notre écoute. Par courtoisie, il nous a invité et il a fait passer son message « .

A propos du gouvernement, Pr Younouss Hamèye Dicko a déclaré qu’il est composé d’hommes et de femmes compétents sans toutefois oublier de dire que son regroupement n’a pas une représentation suffisante au sein de l’équipe. » Le Premier ministre nous a assuré qu’il y a des services administratifs qui peuvent être plus intéressants qu’un département ministériel … ».

La séance de consultations des forces vives s’est poursuivie avec des organisations comme l’AMDH, la CNDH, l’UNTM, la CSTM, le patronat, la magistrature, etc.

Bruno D SEGBEDJI

L’Indépendant du 18 Décembre 2012