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Nous avons eu le plaisir de visiter des champs où le riz a bien germé« , c’est avec une note de satisfaction que le Premier ministre a expliqué le sens de la visite qu’il a effectuée samedi, dans des champs de riz à Sélingué et Maninkoura.

Modibo Sidibé était accompagné d’une forte délégation comprenant trois ministres: Tiémoko Sangaré (Agriculture), Mme Diallo Madeleine Ba, (Élevage et Pêche), Sadio Gassama (Sécurité intérieure et Protection civile).

C’est par la plaine de Diakadougou-Dialakoro que la délégation a commencé sa visite. Ici, plus de 200 hectares seront exploités cette année pour la production de riz. Les variétés de la culture utilisées sont le Nerica et le Wassa.

Boubacar Doumbia est propriétaire de huit hectares dans cette zone. Il témoigne : « J’ai déjà semé un hectare et je suis en train de labourer les sept autres. À défaut d’avoir la totalité de semences Nerica dont j’avais besoin, j’ai complété cette variété avec une autre appelée Wassa. L’année dernière j’ai cultivé quatre hectares et le rendement était de 3 tonnes à l’hectare« .

Tout comme Doumbia, la plupart de riziculteurs de Diakadougou-Dialakoro n’ayant pas pu avoir la quantité de semences nécessaire en Nerica ont dû se rabattre sur la variété Wassa. Les engrais sont disponibles dans les magasins, et les paysans souhaitent les avoir aussi rapidement que possible.

Déjà rassuré par ce qu’il a vu à Diakadougou-Dialakoro, le Premier ministre a mis le cap sur le périmètre irrigué de Sélingué. Là, Modibo Sidibé est descendu dans le champ en repiquant quelques plants de riz aux côtés d’une dizaine de femmes dans la parcelle de Mambé Yaré. « J’ai repiqué même si je sais que je ne serai pas rémunéré après », a dit avec humour le chef du gouvernement, au milieu de la boue.

Trois campagnes:

Modibo Sidibé a ensuite visité le champ de Fodé Traoré, le président du groupement des riziculteurs de Sélingué et Maninkoura. Ici, est installée une batteuse de riz et elle était à l’œuvre. La machine battait le riz de contre-saison de ce grand producteur.

L’étape la plus attendue de la visite dans le périmètre de Sélingué était celle du canal principal n°2. Aujourd’hui, cette installation cause beaucoup de soucis, car étant en voie de dégradation. Ce canal arrose plus de 300 hectares, mais il se dégrade d’année en année. Les redevances d’eau ne permettant pas de le réhabiliter. Les responsables du périmètre sollicitent donc l’aide de l’État.

Encadré par l’Office du développement rural de Sélingué (ODRS), le périmètre de Sélingué (800 hectares pour la production de riz) est exploité par 1700 paysans de 17 villages installés tout autour du barrage de Sélingué.

Selon le directeur de l’ODRS Ibrahima Siby, le niveau d’exploitation actuel du périmètre atteint 100%. Ces cinq dernières années, a expliqué l’ancien ministre en charge de l’équipement et des transports, les rendements moyens ont oscillé entre 4 et 5 tonnes par hectare, contre des projections de 6,5 tonnes à l’hectare.

Pour ce qui est de la campagne de contre-saison 2008 finissant, il a précisé que le rendement est de 5,2 tonnes par hectare. Le directeur de l’ODRS a ajouté que 1750 hectares de terres exploitables sont disponibles dans la zone pour contribuer à la réalisation de l’Initiative riz. Pour une production attendue de 10500 tonnes. Ces objectifs peuvent être atteints, a-t-il assuré. Il a d’ailleurs annoncé une autre bonne nouvelle : l’Office compte initier une troisième campagne cette année.

Mais tout n’est pas rose à Sélingué. Le patron de l’ODRS a saisi l’opportunité de la présence du Premier ministre pour exposer les problèmes et les contraintes qui affectent les rendements dans le périmètre irrigué. Il s’agit du non respect par les paysans du calendrier de la campagne agricole, du mauvais état du système de drainage, de l’insuffisance des équipements pour les paysans.

Il y a aussi le non respect par les mêmes paysans, des doses d’engrais recommandées par les structures d’encadrement, des maladies telles que le panachure jaune, la toxicité ferrique, et surtout la dégradation du canal principal n°2.

Avant de quitter Sélingué pour Maninkoura, le Premier ministre a visité les magasins d’engrais où sont stockées plus de 758 tonnes d’engrais d’urée et 411 tonnes d’engrais NPK communément appelé le « complexe« . Plus de 90% des besoins en engrais ont été livrés et la distribution va incessamment commencer.

Dans le périmètre irrigué de Maninkoura vaste de plus de 1500 hectares, le chef du gouvernement a visité la station de pompage n°1 en très en bon état. Dans ce périmètre, la production attendue de riz cette année s’élève à 9000 tonnes.

Après la station de pompage, la délégation s’est ensuite rendue dans des champs dont celui de Daouda Sagara où le riz a poussé. « Je suis venu de Badiangara pour m’installer ici, témoigne le paysans. Pour cette campagne je n’ai pu avoir qu’un quart d’hectare. J’ai fini le repiquage et maintenant et je suis en train d’épandre les engrais. Avec mon quart d’hectare j’ai eu droit à deux sacs d’engrais ».

Au delà de l’initiative riz :

La population de Maninkoura qui a réservé un accueil enthousiaste au Premier ministre a tout de même soulevé par la voix de son porte-parole, quelques problèmes comme les difficultés d’approvisionnement des producteurs de riz en intrants, l’équipement et l’électrification du centre de santé du village. Modibo Sidibé a promis aux producteurs de Maninkoura des batteuses et des décortiqueuses pour cette année et des motoculteurs pour la campagne prochaine.

Ces bonnes nouvelles ont été évidemment très bien accueillies par les riziculteurs de Maninkoura qui ont promis qu’ils feront tout pour que les objectifs fixés dans la zone dans le cadre de l’Initiative riz soient atteints.
Le Premier ministre a bouclé sa visite par une rencontre avec les responsables de l’ODRS, les paysans, les fournisseurs d’intrants, tous réunis à Sélingué.

Modibo Sidibé a rappelé les objectifs de l’Initiative riz qui découle d’une forte volonté du chef de l’État d’assurer l’autosuffisance alimentaire dans notre pays. « Au delà de la mise en œuvre de l’Initiative riz, il y a aussi la grande campagne agricole que nous souhaitons réaliser, l’objectif étant d’atteindre une production de 10 millions de tonnes de céréales d’ici à 2012. Pour ce faire il faut la mobilisation de tous « , a exhorté le chef du gouvernement.

Il a aussi souligné l’importance qu’accorde le Programme du développement économique et social (PDES) au développement de l’agriculture. Cette volonté se traduit par l’aménagement de plaines, la réalisation des infrastructures routières, la création des unités d’engrais et de semences, la dotation des paysans en équipements, et la mise en place d’une véritable politique de commercialisation des produits agricoles.


Envoyés spéciaux

M. KÉITA

H. KOUYATÉ

28 Juillet 2008