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A l’issue d’une visite éclair à Pretoria, le premier ministre, Cheick Modibo Diarra, a rencontré le Président Sud africain, Jacob Zuma le 13 octobre 2012, dans le cadre de ses efforts de mobilisation en faveur d’une sortie de crise.

Environ «90 minutes» auront servi aux deux hommes d’Etat de parcourir les défis qui se posent au continent face à la crise du nord du Mali. Les autorités maliennes «ouvrent la porte» du dialogue aux groupes islamistes armés qui occupent le nord, sans pour autant être convaincues que les terroristes saisiront la main tendue. Il semble évident que la guerre est inévitable pour venir à bout de la menace terroriste qui plane sur le monde entier à partir du territoire malien.

Le gouvernement du Dr. Cheick Modibo Diarra a toujours été convaincu que les terroristes «ne comprennent que l’usage de la violence». Mais à quand cette offensive tant attendue ? Si le chef du gouvernement malien a «informé» le président Sud africain de la résolution des Nations Unies, prise 24 heures plus tôt, visant à déployer une force internationale aux côtés des forces de défense et de sécurité du Mali, il n’en demeure pas moins qu’un mystère persiste sur le calendrier de cette opération.

La Communauté Economique des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) s’active pour que les troupes à engager soient spécifiquement de la sous région. Le chef du gouvernement malien, lui, espère une action plus élargie aux pays du continent. Pour l’une ou l’autre option, les Nations Unies qui doivent techniquement soutenir cette opération n’y voient aucun inconvénient.

L’aspect militaire est déterminant mais celui diplomatique est aussi capital dans la perspective du recouvrement des deux tiers du territoire national. Et, le géant économique du continent ne manque pas d’atouts. «Le Premier ministre a souligné, pour s’en féliciter de l’assistance politique, diplomatique et humanitaire de l’Afrique du Sud en faveur du peuple malien», ont écrit les services de communication de la primature dans un communiqué, le 15 octobre. Ledit communiqué conclut qu’une «importante aide humanitaire sud africaine est en voie d’acheminement en direction du Mali».

L’Afrique du sud est connue pour ses soutiens souvent non conditionnés. Aux premières heures du retour à l’ordre constitutionnel, après le coup d’Etat du 22 mars, le gouvernement malien de transition comptait du bout des doigts ses collaborateurs bilatéraux. Parmi la dizaine de pays qui a manifesté leur volonté de coopérer avec ce gouvernement en l’espace de trois mois figurait l’Afrique du sud. L’accord que la nation Arc-en-ciel avait signé avec le Mali portait sur une valeur de 7 millions d’euro (environ 4,5 milliards de F Cfa).

Seydou Coulibaly

17 Octobre 2012

©AFRIBONE