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C’est le professeur Bocar Sall, une des figures les plus connues de l’ADEMA-PASJ- il fut président de la Commission nationale de défense à l’Assemblée nationale sous Alpha Oumar Konaré- qui l’a révélé lors de la Conférence de section de la Commune III du District, le samedi 13 janvier dernier: le président de la République, Amadou Toumani Touré a promis aux leaders de l’Alliance pour la démocratie et le progrès (ADP) qu’il a rencontrés, le week-end précédant, au Palais de Koulouba, qu’il va procéder à un «réaménagement technique du gouvernement» et non «un remaniement gouvernemental».

Voilà qui devrait fixer sur les rumeurs qui avaient intensément circulé autour du sujet, au point de provoquer un certain ralentissement du rythme de travail au sein de l’administration publique, chacun s’attendant à un changement imminent de l’attelage gouvernemental. Si les propos tenus par le Pr. Bocar Sall sont confirmés, «le réaménagement technique» devrait se limiter à la sortie du gouvernement du seul ministre RPM qui s’y trouve encore, Nancoma Kéïta, en charge de l’environnement, après la démission feutrée du parti de Mme Maïga Zéïnab Mint Youba, ministre de la Santé.

«Le réaménagement technique» ira t-il jusqu’à la révocation des cadres du RPM occupant des postes de responsabilité dans la haute administration d’Etat? En ce cas, il y a le risque qu’il ne prenne l’allure d’une véritable chasse aux sorcières. Un phénomène auquel on est peu habitué depuis l’avènement de la troisième République démocratique parce qu’assimilé à de l’intolérance et qui pourrait donc desservir ATT, à trois mois et demi des échéances électorales.

Dans la première semaine du mois de janvier, des folles rumeurs avaient circulé dans la capitale annonçant la démission du Premier ministre, Ousmane Issoufi Maïga. Ces rumeurs qui n’ont pu être confirmées, ont précédé une rencontre entre le président de la République et les leaders des 14 partis politiques qui ont mis en place l’Alliance pour la Démocratie et le Progrès (ADP) pour soutenir une éventuelle candidature du président ATT à sa propre succession en avril prochain.

Deux semaines après ces rumeurs, qui avaient pris d’assaut les rédactions et les salons de la capitale, semblent reléguées au second rang. L’administration publique, qui avait connu un ralentissement dans l’attente de l’événement qui na finalement pas eu lieu ou tarde à se produire, commence à retrouver son rythme normal de fonctionnement Toujours est-il que la signature de cette plate-forme par le parti Adema figurait parmi les points inscrits à l’ordre du jour des conférences d’informations du Comité exécutif dans les sections du District de Bamako, les 13 et 14 janvier 2007.

Ainsi, en Commune III où la conférence s’est tenue au Carrefour des jeunes, le professeur Bocar Sall, qui conduisait la délégation du Comité exécutif, n’a pas occulté le sujet malgré les vives protestations des militants par rapport au bien fondé du soutien du parti à une éventuelle candidature du président ATT.

Ainsi, après la lecture du texte intégral de la plate-forme par l’élu de Djenné, Mahamane Santara, autre membre de la délégation du CE, le professeur Sall portera à l’attention des militants, à titre d’information, plus d’éclaircissement sur le supposé remaniement. « Ce que l’on peut dire de plus par rapport à l’ADP est que le président la République a effectivement rencontré les leaders de l’Alliance et, contrairement aux informations qui avaient circulé à Bamako par rapport à un éventuel remaniement ministériel, le président ATT a promis un réaménagement technique de l’équipe gouvernementale et non un remaniement« .

En tous cas, les militants Adema n’ont pas eu de réaction particulière par rapport à cette précision portée à leur connaissance par le professeur Sall. Ni ovation, ni cri de joie. Rien comme s’ils ne se sentaient nullement concernés. Comme si cette affaire n’était qu’une cuisine mijotée entre ATT et quelques hauts responsables du parti aux fins d’assouvir des appétits personnels.

Reste qu’à trois mois des échéances électorales, le président ATT, soumis à  » la pression  » des partis membres de l’ADP, hésite encore à mettre en place d’un nouvel attelage gouvernemental que certains qualifient déjà de « gouvernement de campagne ».


Youssouf CAMARA

17 janvier 2007.