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«Offrir et garantir un plateau technique performant à une tranche plus large de la population»
Suite à notre article intitulé : «Partenariat Maroc-Mali en matière de Santé : Le Royaume Chérifien ambitionne de construire une polyclinique ultramoderne à Bamako» paru dans L’Indépendant N° 1883 du lundi 28 janvier 2008, nous avons reçu beaucoup d’appels téléphoniques relatifs au projet marocain à Bamako.

Pour donner plus d’informations à nos fidèles lecteurs, nous avons jugé utile de poser deux questions au Pr Abdelmadjid Saoura, Président Directeur Général de la Polyclinique Internationale de Rabat, initiateur du projet de la Polyclinique Internationale Africaine du Mali (PIAM) en gestation. Lisez plutôt.

L’Indépendant : D’où est venue l’idée du projet de la PIAM ?

Pr.Abdelmadjid Saoura : L’idée de ce projet m’a toujours accompagné depuis que j’ai orienté une partie de mes activités vers le traitement des évacuations sanitaires provenant des pays africains.

Les visites que j’ai pu effectuer sur place et l’état des hôpitaux que j’ai visité m’ont marqué par la vétusté du plateau technique dont ils disposent, et la précarité des services offerts aux patients. En plus du malaise dont souffrent les compétences médicales et paramédicales sur place, faute de ces conditions de travail.

Tout ceci m’a fait convaincre que mon rôle, qui était au départ d’accompagner dans le domaine de la santé et d’offrir une alternative par rapport à l’Europe à ces pays, doit devenir celui de s’approcher et de faire rapprocher les services de la santé à ces populations et de participer à l’amélioration des conditions d’exercice de la médecine par une activité sur place, capable d’offrir et de garantir un plateau technique non moins important que celui offert dans le reste du monde développé.

Un service de qualité, capable en même temps de réaliser la performance en enregistrant à tous les niveaux des économies garantissant la réussite et la pérennité du projet.

Donc, l’équation était: comment, par un seul moyen, permettre l’accès à une tranche plus large de la population de ces pays à des soins de santé de qualité, tout en effectuant des économies sur les budgets alloués aux évacuations sanitaires et permettre aux compétences médicales et paramédicales locales l’exercice de leurs fonctions dans des conditions de travail meilleures (disponibilité du plateau technique etc….)

D’où l’idée de créer une entité complète au cœur de cette région m’est apparu comme la solution idéale.

Comment comptez-vous la réaliser ?

La réalisation de la PIAM est un chantier qu’il faut mener sur plusieurs fronts : d’abord il y a le pays hôte, le Mali, qui a promis l’octroi du terrain et de plusieurs avantages fiscaux et douaniers. Pour le financement de la réalisation de la PIAM, nous sommes en contact avec plusieurs banques Internationales pour les convaincre de l’utilité socio-économique du projet et des grandes chances de sa réussite, D’où l’importance de leur participation au financement.

La formation et le recyclage du personnel compétent sur place ainsi que l’appel aux compétences locales exerçant à l’étranger, nous paraissent aussi, un challenge à relever et indispensable pour disposer des ressources humaines nécessaires à l’activité de la PIAM. Le recours temporaire au départ à des compétences étrangères notamment marocaines, reste envisageable.

Entretien réalisé

Par Alassane DIARRA

18 Février 2008.