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Au Burundi, le pouvoir a initié depuis plus de deux mois une révision en profondeur de la Constitution. Le gouvernement veut notamment lever le verrou constitutionnel des deux mandats présidentiels ce qui permettrait au président Pierre Nkurunziza de se représenter pour la troisième fois, ou encore ramener la majorité requise au Parlement des deux tiers à une majorité simple des voix, au risque de toucher au partage du pouvoir entre les ethnies. Le camp de ceux qui contestent cette révision de la Constitution ne cesse de s’élargir. Après la société civile, la quasi-totalité des partis politiques de ce pays, c’est autour de la très influente Eglise catholique du Burundi de prendre position très clairement contre ce projet. Le président de la conférence des évêques catholiques du Burundi, Mgr Gervais Banshimiyubusa, explique : «Ces dispositions et d’autres semblables sont toujours nécessaires car les problèmes auxquels elles apportent des solutions, telles que la monopolisation du pouvoir par un groupe, l’exclusion des autres à base des partis politiques ou des ethnies, le respect des mandats politiques, sont loin d’être résolus.» Le gouvernement ne cache pas sa volonté d’aller jusqu’au bout de cette démarche mais les évêques du Burundi ont lancé une mise en garde : «Au temps où nous sommes, une Constitution qui serait adoptée sans dialogue ni consensus, risquerait de compromettre notre processus de paix et de réconciliation.» Rfi