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Le pasteur Evan Mawarire, à peine connu il y a encore quelques mois en dehors de sa petite congrégation à Harare, s’est imposé rapidement, avec ses vidéos anti-Mugabe postées sur internet, comme le chef de file d’une fronde citoyenne qui fait trembler le régime zimbabwéen. A chacune de ses apparitions sur internet vues des dizaines de milliers de fois, Evan Mawarire porte en écharpe le drapeau zimbabwéen, devenu le nouveau symbole de la résistance au régime Mugabe. Doté d’un réel talent d’orateur,e, a décidé de faire entendre sa voix car il se trouvait étranglé par les frais de scolarité pour ses deux jeunes filles. Dans une interview réalisée la veille de sa brève arrestation mardi, il reconnaissait d’ailleurs humblement « avoir peur pour sa sécurité ». Evan Mawarire prêche quasiment tous les dimanches, mais gagne sa vie en officiant comme maître de cérémonie et conférencier-motivateur. Il a écrit un livre sur les relations maritales intitulé « Ce qu’il veut ». Cette semaine, il s’est imposé comme le leader de la contestation citoyenne, en se faisant arrêter par la police mardi. Le lendemain, un juge l’a finalement libéré rejetant le chef d’inculpation de tentative de renversement du gouvernement.Pour l’analyste John Campbell, le mouvement du pasteur « rappelle le Printemps arabe », et « Mawarire semble ne pas avoir de programme en dehors de la volonté de dépasser la passivité des Zimbabwéens face à un régime corrompu ». AFP.