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Auto-évaluer l’implication et la participation des femmes à la vie du parti. Tel était le thème d’un atelier que le Mouvement Patriotique pour le Renouveau (MPR) a organisé le mercredi 30 juillet, à son siège, sis à Quinzambougou. L’objectif : mettre ses femmes en ordre de bataille pour le positionnement au sein du parti.

Afin de placer l’atelier dans son contexte, le premier vice-président du part i, Bouillé Siby, qui présidait l’atelier a indiqué qu' »au MPR, les plus hauts responsables ont souci et la volonté politique de donner aux femmes la place qui leur revient dans les instances de décision« . De l’avis de l’orateur, ces propos sont loin d’être démagogiques. Car, dit-il, « c’est l’histoire du parti qui le commande« .

Afin de corroborer sa thèse, l’orateur de soutenir qu « en effet, quand le parti se battait pour occuper sa place sur l’échiquier politique national, les femmes étaient en première ligne et en nombre. Aux temps épiques du COPPO, elles étaient encore les plus nombreuses et les plus déterminées lors des marches, meetings, sit-in et conférences de presse« .

Toute chose qui fera dire à Bouillé Siby que les places que briguent les femmes ne sont pas octroyées par pitié ou pour faire bonne conscience, mais plutôt méritées, donc légitimement acquises.

Ainsi, l’orateur de souligner que le MPR est représenté au sein du gouvernement Modibo Sidibé par une femme en la personne de Mme Ba Madeleine Diallo et que l’une des Commissions les plus importantes de l’Assemblée nationale, à savoir la Commission des Lois Constitutionnelle, de la Législation, de la Justice et des Institutions de la République, a pour présidente une femme du MPR.

Sans oublier que deux présidentes de Conseils de Cercle sur trois qui existent au Mali sont des femmes du parti, ainsi que plusieurs conseillères municipales qui sont des maires délégués dans des communes. Cependant, ce tableau reluisant « ne doit pas être l’arbre qui cache la forêt » a estimé le premier vice-président du MPR qui reconnaît, volontiers, que beaucoup d’obstacles restent encore à surmonter.

« Les femmes ont toujours des difficultés à figurer en bonne position sur les listes de candidature. Elles ne sont pas représentées à hauteur de souhait dans les instances du parti. Elles manquent de moyens pour mener des activités génératrices de revenus. Elles sont 8 sur 87 membres au Bureau Exécutif Central (BEC), seulement 2 sur 10 membres à la Commission de conciliation et d’arbitrage, 32 sur 450 Conseillers communaux, encore seulement 2 sur 8 députés à l’Assemblée nationale« .

Ainsi, l’atelier d’auto-évaluation sur l’implication et la participation des femmes à la vie du parti ne visait qu’à trouver les voies et les moyens de corriger « l’injustice » faite aux femmes, en donnant la parole aux intéressées elles-mêmes.

A cet effet, l’atelier, sous la houlette de Cheick Tabouré, s’est penché sur les attentes et les craintes des femmes ainsi que sur des exposés relatifs aux dispositions réglementaires ayant trait à la participation des femmes à la vie publique. Dans ce cadre, les participantes ont été informées des dispositions légales régissant leur implication à la vie du parti afin de favoriser le leadership femme.

A noter que l’atelier en question a eu lieu grâce à la collaboration de la fondation CMDID (Centre malien pour la démocratie et le dialogue inter-partis).

Alassane DIARRA

01 Aout 2008