Partager

Les secteurs touchés par l’érosion ont été aplanis et, pour prévenir celle-ci, un certain nombre de barrages ont été édifiés tout au long du petit ruisseau qui traverse le parc. Ce ruisseau, quasiment sans débit en saison sèche devient un véritable torrent à la saison des pluies.

Afin de retenir les eaux, qui, autrement, s’évaporeraient ou iraient se perdre dans le fleuve Niger, un ensemble de canaux de dérivation et de puits absorbants ont été creusés. Ils augmentent l’humidité du sol, et en même temps entretiennent la nappe phréatique pour une partie de la ville.

Enfin, le long des allées des « cassia siamea », arbres particulièrement bien adaptés au Sahel et de croissance rapide, ont été plantés pour meubler au plus vite le terrain et constituer par endroit, un véritable écran contre les vents desséchants du mois de mai.

Ces aménagements, ont permis, la mise en place d’un nombre considérable de sujets représentant en un espace restreint, la plus grande partie de la végétation soudanienne. Permettant ainsi la connaissance de celle-ci, car elle se trouve à la portée de tous, sans avoir à faire de longs déplacements, ni de minutieuses recherches.

Un plan détaillé d’antan du jardin, permettait de trouver immédiatement la plante désirée. Les étiquettes fichées en terre en donnaient l’identification exacte (nom latin, nom vulgaire, nom de la famille) et de plus, indiquaient les différents usages (médecine, ornement, magie, alimentation).

Ainsi conçu, ce jardin de 20 hectares était parti pour présenter un agrément indéniable pour l’ensemble du pays et singulièrement Bamako. Ses allées à l’anglaise, ses avenues à la française, se prolongeant dans le quartier de l’enseignement ou quartier scolaire (actuels zones du Lycée Bâ Aminata Diallo, Lycée français, Ecole Jean Richard, etc.) ainsi que la diversité des espèces savamment réparties sont et continuent à être un véritable délassement, pour les fins de journées inoccupées, et en même temps une surprise pour le voyageur fatigué de la platitude de la ville et de la brousse africaines.

Mais, le parc botanique reste un incomparable outil d’instruction. Les professeurs de lycées, collèges et écoles supérieures l’ont parfaitement compris. Ils viennent à de multiples reprises, donner à leurs élèves le complément pratique des leçons en chaire. L’herbier entreposé dans le kiosque de documentation, permet d’étudier à tête reposée les caractères  » floristiques  » des plantes en s’aidant si besoin est, des ouvrage généraux de botanique. Enfin, le jardin permet l’élude facile de certains problèmes généraux de biologie végétale (par exemple, la floraison).

L’adduction d’eau réalisée par la suite, a permis d’entretenir de façon constante une pépinière, et d’envisager également, la production d’une foule de graines, dont certains échantillons devraient entrer dans un cycle d’échanges avec les jardins botaniques du monde entier.

En un moment donné, l’introduction d’espèces guinéennes avait commencé, afin de constituer un secteur réservé à cette végétation particulière. De même, seront montés des secteurs exotiques mexicain et japonais. La présentation de quelques massifs montrent qu’en Afrique, tout comme sur les rivages méditerranéens, il est possible de constituer des ensembles harmonieux de fleurs.
Ah ! Et si cela pouvait durer, mais hélas !

Ces dernières années, nous avons assisté à une agression sans précédent du parc, aussi bien dans sa structure que dans sa gestion.

L’association AGIR a réalisé à l’intérieur du parc une maison, dénommée « Maison de l’environnement ». Autant, elle m’a séduit par ses différentes démarches et actions entreprises en faveur de l’amélioration des conditions du parc (clôture, redynamisation des activités, etc.), autant elle m’a inquiété par la réalisation d’un tel projet.

A cette occasion, un certain nombre d’interrogations me sont venues à l’esprit :
– Quel sera le statut de cette Maison de l’environnement ? Quels seront son impact et celui de son utilisation sur la préservation du parc biologique ?
– Est il opportun de produire des ordures, dans un tel endroit par la création d’un espace de rencontre ou de regroupement humain. Si oui, comment est prévue la gestion de ces ordures une fois produites ?
– Etait-il judicieux de raser des arbres de ce lieu hautement scientifique, pour planter un tel bâtiment? Etait-ce l’endroit indiqué et approprié pour le faire ? Si oui, qu’est ce qui a guidé le choix des matériaux de sa réalisation? …
(à suivre)