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Malgré l’engagement des autorités et les efforts déployés par les différents acteurs, la lutte contre le sida est loin d’être achevée. Si certains y croient et suivent toutes les actions de la lutte, par contre d’autres pensent qu’il s’agit d’une affaire de sous. C’est pourquoi, il n’est pas rare d’entendre des expressions comme : “le sida nourrit plus qu’il en tue” ; “le paludisme tue plus que le sida”.

Quel commentaire face à un mal du siècle qui a fait plus de 20 millions de victimes à travers le monde pendant les deux dernières décennies? Et c’est le continent africain qui y paie le plus lourd tribut.

La première cause de décès en Afrique

Selon les données de l’OMS et de l’Onusida le VIH/Sida est maintenant la première cause de décès en Afrique subsaharienne et figure au quatrième rang des maladies les plus meurtrières dans le monde.

Pire, selon les mêmes données, un tiers environ des personnes vivant aujourd’hui avec le VIH/Sida ont entre 15 et 24 ans. En plus, malgré les intenses efforts déployés, le VIH/Sida continue de faire des ravages parmi les couches les plus productives affectant ainsi le développement socio-économique de nos pays.


Le cas du mali

Dans notre pays, le taux de prévalence est de 1,3% et environ 164 100 personnes vivent avec le VIH et 33 020 sont malades. Et si on n’y prend garde d’ici 2010, 500 mille personnes vivront avec le VIH au Mali et on comptera 170 mille décès et 150 mille orphelins du VIH/Sida. Selon les données de l’OMS, la moitié de la population mondiale est exposée au risque de paludisme et on estime à 250 millions le nombre de cas en 2006 dont près d’un million de cas mortels.

Aussi, on estime à 881 000 le nombre de décès par paludisme en 2006 dont 91% ont eu lieu en Afrique et 85% chez les enfants de moins de cinq ans. Rien qu’en voyant les chiffres on se rend compte que le VIH/Sida et le paludisme sont des maladies meurtrières qui ont des conséquences incalculables sur le développement socio-économique des pays. Au moment où le VIH/Sida affecte toute une génération, les enfants de moins de cinq ans et les femmes enceintes sont victimes du paludisme.

La paludisme et le sida: un problème de santé publique

Donc il ne s’agit pas de faire la comparaison, mais de trouver une réponse à ces maladies qui sont devenues un problème de santé publique à travers le monde. La seule différence qu’on peut souligner c’est que le paludisme peut se guérir et avec des séquelles parfois qui peuvent affecter l’intelligence des enfants alors qu’on est séropositif à vie au cas où on devient porteur du VIH des suites à une transmission par voie sanguine, sexuelle ou mère-enfant.

Jusqu’aujourd’hui, les médicaments disponibles dans le cadre de la lutte contre le VIH/Sida ne guérissent pas, mais ils bloquent la multiplication du VIH dans le sang. Aussi, dans le cadre de la lutte contre le paludisme, il y a beaucoup d’avancées par rapport à la recherche d’un vaccin, donc l’espoir est permis.


Des moyens de lutte contre le paludisme

En plus, il existe un arsenal de produits et de méthodes pour combattre le paludisme qui sont les moustiquaires à imprégnation durable, les associations médicamenteuses à base d’artémisinine, conjuguées à la pulvérisation intradomiciliaire et le traitement préventif intermittent pendant la grossesse.

Par ailleurs, il faut souligner que des efforts sont en cours pour lutter efficacement contre ces maladies aux niveaux national et international. C’est pourquoi des pays en développement sont financés à travers des fonds internationaux pour lutter contre ces maladies qui affectent le développement socio-économique des pays.


Dado CAMARA

08 Janvier 2009