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Le nouvel envoyé spécial de l’ONU pour le Sahara occidental, Horst Koehler, pour la première fois dans la région depuis sa nomination, est attendu mercredi à Tindouf, dans l’ouest de l’Algérie, où vivent plus de 100.000 réfugiés sahraouis. M. Koehler, chargé de relancer les négociations entre Rabat et les indépendantistes du Front Polisario, a entamé sa tournée lundi au Maroc, qui contrôle depuis 1975 une grande partie de cette ex-colonie espagnole. Dans le cadre de ce séjour, effectué dans une grande discrétion, l’ex-président allemand nommé en août par le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres, a rencontré mardi le roi Mohammed VI, mais rien n’a filtré de leurs entretiens. Soutenu par l’Algérie, le Polisario a proclamé en 1976 une République arabe sahraouie démocratique (RASD) et réclame un référendum d’autodétermination. Depuis 2007, Rabat propose comme solution de « compromis » une autonomie sous sa souveraineté, ce que refuse le Polisario. « La +qualité+ de son accueil (à Rabat), avec un blackout médiatique, est une preuve que le Maroc campe sur ses positions et sera un obstacle aux efforts » de M. Koehler, a affirmé mardi soir à Tindouf (1.800 km au sud-ouest d’Alger), Ahmed Boukhari, représentant du Polisario auprès de l’ONU. Selon M. Boukhari, le mandat de Horst Koehler va être entravé « premièrement par le manque de volonté politique de la part du royaume marocain et sa tentative » de maintenir « le statu quo ». « Le deuxième obstacle, a poursuivi le dirigeant sahraoui, est la position au sein du Conseil de sécurité » de l’ONU de la France, dont le « soutien » au Maroc pousse, selon lui, Rabat à « l’intransigeance ». A Tindouf, situé à 1.800 km d’Alger, près de la frontière avec la partie du Sahara contrôlée par le Polisario, M. Koehler visitera plusieurs camps, où vivent entre 100.000 et 200.000 réfugiés sahraouis,les chiffres variant selon les sources en l’absence de tout recensement officiel. AFP