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Le Mouvement populaire du 22 mars (MP 22) a tenu, le samedi 26 mai 2012, au siège de la Radio Kayira, une conférence de presse pour s’expliquer sur l’agression du président par intérim, Pr Dioncounda Traoré le lundi 21 mai. Pour Dr Oumar Mariko, Me Mamadou Gakou, Me Mariam Diawara, Mohamed Tabouré, Pérignama Sylla, Pr Dialla Konaté, Pr Rokia Sanogo et autres, l’agression du président par intérim n’est pas justifiable, mais elle est la conséquence « d’une série d’actes insupportables et inacceptables perpétrés à répétition par les chefs d’Etat de la CEDEAO…contre la souveraineté et la dignité du peuple malien ».

Dans la déclaration liminaire lue par Nouhoum Kéïta du parti SADI, le MP 22 dit avoir appris avec un profond regret l’agression commise par certains manifestants contre l’intégrité physique du Pr Dioncounda Traoré, président de la République par intérim au Palais présidentiel de Koulouba. « Dans un Etat de droit, un tel acte n’est pas justifiable quelles qu’en soient les raisons. Cependant, il faut souligner que cette colère immense a été suscitée par une série d’actes insupportables et inacceptables perpétrés à répétition par les chefs d’Etat de la CEDEAO, la commission de la CEDEAO, ses chefs militaires et les autorités maliennes elles-mêmes contre la souveraineté et la dignité du peuple malien », a-t-il expliqué.

Parlant de ces actes, M Kéita a mis l’accent sur l’ingérence de l’organisation sous-régionale dans les domaines relevant de la souveraineté du Mali en violant allégrement sa Constitution ; le reniement de ses propres engagements en foulant au pied les accords (accord-cadre du 6 avril 2012, les conclusions de la rencontre de Ouagadougou avec les forces vives du Mali, l’engagement solennel du 1er avril 2012 du président du CNRDRE) etc. L’intervenant a en outre indexé les autorités maliennes qui, a-t-il indiqué, « ont toujours accepté les décisions inadmissibles de la CEDEAO pour le Mali, prises en dehors du pays, en violation de sa constitution ».

Dans ses explications, Dr Oumar Mariko a fustigé le refus par la CEDEAO de la convention nationale dont la tenue a été pourtant inscrite dans les conclusions de la rencontre des forces vives du Mali à Ouagadougou. Il estime que la fin de la légalité constitutionnelle doit être relayée par la légitimité populaire.

En clair, après l’intérim de quarante jours du président Dioncounda Traoré, c’est le peuple souverain qui doit décider à qui il va confier la direction de la transition. Pour Oumar Mariko, Me Mamadou Gakou, Pérignama Sylla et Mohamed Tabouré, la CEDEAO affiche une attitude hautaine et méprisante visant à humilier le peuple fier et digne du Mali, qui n’a que faire des injonctions, du chantage, des menaces et de la provocation d’où qu’ils viennent.

Mohamed Tabouré ira jusqu’à dire que « Dioncounda Traoré ne fait que récolter ce qu’il a semé en étant complice de l’indignation et de l’humiliation du peuple malien par la CEDEAO ». Il a reconnu que la colère était débordante dans la salle de la convention nationale tenue au CICB les 21 et 22 mai.

Bruno D SEGBEDJI

L’Indépendant du 28 Mai 2012