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Le Mouvement citoyen est en perte de repères. Après le départ d’un premier groupe de militants qui a regagné le Parti citoyen pour le renouveau (PCR) et d’un deuxième qui a rejoint la Force citoyenne et démocratique (FCD), les membres du Mouvement citoyen ne savent plus à quel saint se vouer.

Le débat concernant la création d’un nouveau parti est d’autant plus actuel que le président du Mouvement citoyen Ahmed Diané Séméga tente de le clore prématurément. Il se perd en dénomination qu’il faut appliquer au Mouvement citoyen – association politique – un équilibrisme difficile.

Dans la presse privée, M. Séméga indique : «On nous dira que nous jouons à un équilibre difficile parce que les questions auxquelles nous avons à faire sont énormément politiques. Je crois que tout le défi réside en cela. Comment garder un équilibre entre cette volonté d’être une force politique réelle pour le président et en même temps une force politique non partisane ? Cela est bien possible, car nous sommes un creuset. Un ensemble de forces vives qui se réclame du président indépendamment de leur appartenance politique. Seulement, nous sommes une organisation avec différentes tendances avec des individus qui ont chacun sa façon de voir et d’appréhender les questions, comme il sied à un système démocratique. C’est pourquoi, le problème de parti se pose et se posera toujours par rapport aux moyens d’action que le Mouvement citoyen doit pouvoir se donner pour exister politiquement beaucoup plus qu’il ne l’est aujourd’hui, je veux dire dans l’esprit de chacun. Actuellement, ce débat est clos chez nous. Nous l’avions ouvert une première fois et le PCR est parti, parce qu’il avait envisagé à l’époque et on peut le comprendre légitimement que ce moyen d’action que nous avons choisi n’était pas nécessairement le plus efficace pour porter la vision du président…aujourd’hui, la FCD est créée, également en tant que parti politique. Je pense que c’est une démarche qu’on peut comprendre, une démarche légitime. Néanmoins, ce n’est pas la nôtre. Notre démarche est en cohésion avec l’objectif qui a présidé à la création du Mouvement citoyen, c’est-à-dire un symbole de rassemblement derrière le président qui, lui-même, veut se maintenir au-dessus de la mêlée politique».

Par ces mots, le président du Mouvement citoyen confirme la déliquescence de son association hybride qui continue à chercher ses repères. Des militants qui se rendent compte aujourd’hui que les promesses du chef de l’Etat de faire des associations leurs partenaires privilégiés restent un leurre. Au moment où l’Adéma-Pasj et l’URD renforcent leurs bases, les débats des militants du Mouvement citoyen se terminent en queue de poisson et ils retournent à la case départ. La sortie médiatique de leur président s’inscrit donc dans une logique de sauver les meubles au moment où les militants «déménagent».

C’est aussi, dans la droite ligne des récentes déclarations du président de la République qui ne leur demande, ni plus ni moins que de chercher un autre mentor puisque «bé bi ba bolo». Le discours du chef de l’Etat n’est plus le même depuis 2002 où il déclarait dans son programme : «les associations sont des partenaires privilégiés pour édifier une société libre et responsable. Elles peuvent apporter leur contribution à la diffusion des valeurs de liberté, de solidarité de tolérance et défendre les idéaux nationaux».

Le président ATT avait indiqué que les mouvements associatifs doivent devenir le creuset dans lequel les jeunes trouveront la base de leur citoyenneté. Aujourd’hui, le discours est différent car le Mouvement citoyen est en perte de vitesse après les départs successifs de ses militants vers des partis politiques. Il est difficile qu’une démocratie se conçoive en dehors du cadre des partis politiques. Les associations quelle que soit leur vitalité ne peuvent s’accaparer du pouvoir politique sans réelle stratégie à la base. Il ne serait donc pas surprenant que le Mouvement citoyen s’effondre au fur et à mesure qu’approchent les échéances 2012.

Baba Dembélé

19 mars 2008.