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Les résultats obtenus par le Mouvement Citoyen à l’occasion du scrutin du 26 avril 2009, au plan national, ne semblent, à prime abord, pas fameux quant au nombre de conseillers municipaux qu’il a engrangé.

Mieux, pour l’opinion publique et celle singulièrement politique, qui du reste l’assimile au Président de la République, et pour qui ce simple fait devrait lui permettre de caracoler devant avec les grosses batteries politiques que sont l’ ADEMA, l’URD et le RPM, la machine électorale de ATT a échoué.


La presse nationale
, elle, n’y est pas allée avec le dos de la cuillère puisqu’elle en a fait ses choux gras. Et pourtant, l’échec, se définissant comme un ratage total, il serait prudent de relativiser ce qui, par ailleurs, a été qualifié, par certains de nos analystes de la chose politique, comme un naufrage électoral.
Le Mouvement Citoyen n’est pas un parti politique organisé ni ne fonctionne comme tel.

C’est un assemblage, un conglomérat de clubs de soutien, d’associations, d’amis, de sympathisants et de parents d’un homme et qui ont pensé un moment, nécessaire et opportun, de se confédérer autour de lui, sur la base d’une profession de foi et d’une vision, qu’il désirait partager avec eux: son peuple.

Le ‘Mouvement Citoyen n’a jamais été ni organisé, ni structuré comme les formations politiques et n’obéit non plus pas aux mêmes règles de fonctionnement qu’elles. Le Mouvement Citoyen, dans sa conception et dans son essence, avait simplement été conçu et créé pour soutenir les actions d’un homme.


Le Mouvement Citoyen demeure aujourd’hui,
encore, comme un mouvement d’action et d’accompagnement pour l’accomplissement des ambitions et de la profession de foi d’un homme. D’où, il ressemblerait davantage plus, aujourd’hui encore, comme une grosse nébuleuse de la société civile, aux antipodes du raffinement, de l’intelligence, de la conception, de l’organisation et du fonctionnement des partis politiques.

D’où, aussi, sa fébrilité et le peu de résultat qui a été le sien, à l’occasion de toutes les joutes électorales auxquelles il a participé à l’exception, bien sûr, des présidentielles. Les élections communales du 26 avril dernier en offrent une illustration parfaite.

Si, à l’occasion des élections présidentielles de 2002 et de 2007, la totalité des voix des électeurs se réclamant du Mouvement Citoyen s’est naturellement portée sur ATT, leur candidat unique, il ne pouvait pas en être de même pour les candidats du même mouvement pour les élections législatives et communales qui ont suivi.

ATT, unique et incontestable candidat pour les présidentielles du mouvement, est l’incarnation de ce mouvement. Ce mouvement se fond en lui. Le mouvement est son émanation, tout comme le mouvement procède de lui. ATT et le mouvement sont les deux poumons d’un même corps. Et personne d’autre ne peut se prévaloir de cette alchimie née de la rencontre, d’une part, d’une Vision et d’autre part, d’une Foi.

D’où à chaque fois que le mouvement a « osé » convoler dès lors que son mentor n’est pas personnellement concerné, cela a abouti à une débandade en son sein, une débâcle, un désamour entre le Mouvement et son peuple, entre le Mouvement et ses militants, enfin entre le Mouvement et ses électeurs.

Et ce schéma, le Mouvement le vivra douloureusement aussi longtemps que, dans son inconscient, le « peuple citoyen » continuera de voir en la seule personne de ATT son unique leader; tant qu’il continuera de se confondre avec lui mais surtout tant que les rôles, à tous les échelons organiques du Mouvement ne sont pas bien définis pour taire les ambitions personnelles et égoïstes.

Aussi longtemps que dans le Mouvement Citoyen chaque militant pensera être un second couteau, aussi longtemps que le Mouvement ira en ordre dispersé dans les élections autres que présidentielles, il pâtira de ces erreurs de jeunesse et tombera des nues. Cette immaturité a coûté au Mouvement et continuera de le laminer.

Autant l’union faisant la force, autant la désunion fragilise. Les communales du 26 avril dernier dans notre pays en offre un exemple cinglant pour ce qui est du Mouvement Citoyen. En cette circonstance, le Mouvement a fait montre de son manque d’organisation, de son manque d’unité, de son manque de cohésion et enfin de son manque de leadership.

L’analyse des résultats de ces dernières communales prouve, à l’évidence, que c’est l’absence de ces quatre facteurs (organisation, unité, cohésion et leadership) qui est fatale pour le Mouvement Citoyen. De même, il est aisé de constater que c’est la conjugaison de ces facteurs qui fait la force des partis politiques. Cette élection démontre à satiété que c’est surtout la désunion et son corollaire, la multiplicité des listes de candidature se réclamant du Mouvement Citoyen, son peu de résultat quant au nombre de sièges de conseillers municipaux obtenus.

La désunion et la multiplicité des listes « Mouvement Citoyen » dans une même commune ont eu comme implication l’éparpillement, la distraction, la dispersion et l’égarement de milliers de voix portées sur le Mouvement contrairement aux partis politiques où c’est l’unité et la discipline qui prévalent et qui favorisent le cumul des voix et les retombées positives du vote utile. Ce n’est point que les militants du Mouvement sont quantité négligeable ou qu’ils ne sont pas sortis nombreux pour voter et accomplir leur devoir citoyen. Tout au contraire, ils sont sortis en masse, par milliers et par milliers.

C’est simplement qu’au moment du décompte final l’on constate que les milliers et les milliers de voix dispersées, éparpillées entre les multiples listes de candidature dans une même commune n’ont pas profité au Mouvement Citoyen et ne lui ont pas permis de dégager le quotient requis pour l’obtention d’un nombre suffisant de sièges.

Le peu de score obtenu par le Mouvement au plan national, s’explique simplement par le fait que les voix portées sur le Mouvement dans les différentes circonscriptions électorales n’ont pas été efficacement et de façon efficiente cumulées mais plutôt disséminées. Autrement dit il convient de tirer la leçon qui voudrait que si le Mouvement Citoyen n’a pas bon, il a par contre recueilli des milliers et des milliers de voix, même si au finish elles n’ont pas été bien bonifiées.

Le Mouvement Citoyen, ce n’est pas des tonnes de sièges obtenus mais c’est indéniablement des tonnes de voix. Et l’exemple de la situation qui a prévalu en Commune IV du District de Bamako témoigne à souhait de cela.
Sur 26 listes en lice, 10 sont « Indépendants » dont 5 se réclament ou s’apparentent au Mouvement Citoyen. Sur ces 5, seule la liste « Indépendants Kaoural » a pu obtenir 3 conseillers.

Les milliers de voix portées sur les 4 autres sont passées par la trappe, à défaut d’avoir obtenu le quotient requis. Mais si l’on fait la somme des voix portées sur l’ensemble des 5 listes, qui y étaient présentées, l’on se rend compte qu’unies, elles auraient pu recueillir entre 8 et 9 sièges.

Le nombre de voix recueillies par l’ensemble des Indépendants dans ladite commune est de 9 243 voix contre 12 591 pour les partis politiques. Ce qui est vrai concernant la déperdition des voix (liées à la multitude des listes) pour le Mouvement Citoyen dans le District de Bamako, l’est aussi pour lui dans toutes les grandes et moyennes villes du pays.


Voilà pourquoi
, l’on peut dire que le Mouvement Citoyen na pas perdu les élections ni non plus qu’il a échoué. Le Mouvement Citoyen, c’est des milliers et des milliers de voix à travers le pays: des milliers et des milliers d’hommes et de femmes aussi mais simplement mal encadrés et mal organisés. Le Mouvement Citoyen est un réservoir de milliers de voix avec lesquelles, il faudra désormais compter. Le Mouvement est dorénavant dans la cour des grands avec lesquels désormais il caracolera devant. Le Mouvement n’a pas échoué, au contraire, il croît.


Si par pure fiction politique
, l’occasion pouvait encore lui être donnée de porter, une fois de plus, son Indépendant ATT au pouvoir en 2012, l’on se rendra bien vite compte que la « grande nébuleuse » n’est non seulement pas morte mais qu’elle est surtout tout un peuple. Le mouvement semble toujours ensommeillé, léthargique à chaque fois qu’il n’est pas aligné en ordre de bataille derrière son mentor ATT.


ATT,
en effet, tant son aura est envahissante, dégage cet effet de bonification et un attrait multiplicateur qui fondent le Mouvement Citoyen et qui n’est galvanisé, mobilisé et uni que quand son champion est lui-même en piste.


ATT,
par rapport au Mouvement Citoyen a un magnétisme fédérateur qui amène ce dernier à chaque fois qu’il s’agit de son leader de se retrouver, de se regrouper et de serrer les coudes. Mettez ATT en piste dix fois, dix fois le Mouvement va se ressourcer pour trouver les politiques et les moyens pour retrouver ce qui l’unit. Mais que le Mouvement veuille mettre lui-même ses seconds couteaux ou ses lieutenants en ordre de marche, toutes les fois que son mentor n’est pas personnellement concerné, le .Mouvement se délitera: il vivra les affres de la désunion.

Le Mouvement périra quand ATT s’en ira

Il aura vécu ce que vivent les roses l’espace d’un matin. Ensemble, ils auront soulevé des montagnes, ensemble ils auront creusé, biné et labouré la terre ; ensemble ils auront couvert le désert malien de milliers de demeures; ensemble ils auront irrigué et frayé les veines de nos villes et de nos villages en eaux; ensemble ils auront fait tomber la pluie sur nos têtes; ensemble ils auront rapproché le Mali réel du Mali légal par le génie de la communication; ensemble ils auront élevé l’enfant, la femme et le vieillard dans leur dignité d’être humain; ensemble ils auront démocratisé le savoir et la science; ensemble ils auront sorti nos hameaux des ténèbres; ensemble ils auront semé dans nos terroirs des aires de santé et de bien être; ensemble ils auront fait du Mali le cœur de notre sous-région ouest africaine etc ….

Ils s’en iront ensemble, laissant derrière eux un pays qu’ils auront contribué à mettre sur un piédestal, par la grâce de tout un peuple confiant qui, sûrement, saura le moment venu, évalué le contrat qui les liait à l’aune de toutes les espérances escomptées.

Hassen Camara

Secrétaire Politique National Adjoint

du Mouvement Citoyen

18 Mai 2009