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Chasse aux Arabes, exactions contre les peaux noires dans l’indifférence des organisations des droits de l’Homme et de la France sont entre autres des actes perpétrés par le MNLA à Kidal. Paris et Human Right Watch sont accusés d’inaction face aux informations.

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Plusieurs sources avancent que les groupes armés, du Mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA) et le Mouvement islamique de l’Azawad (MIA), qui contrôlent Kidal, procèdent présentement à une chasse aux personnes de peaux noires.

Plusieurs témoignages recueillis font également état du pillage des commerçants songhaïs de peau noire par des hommes du MNLA. Les mêmes sources affirment que « des groupes du MNLA ont envahi tous les quartiers de Kidal, en ramassant toutes les peaux noires parce qu’ils soutiennent le gouvernement de Bamako et seront renvoyés à Gao ».

Où étaient les militaires français en poste à Kidal au moment de ces faits ? Qu’ont-ils fait pour empêcher les exactions ? Ces interrogations taraudent les esprits quand on sait que les forces tchadiennes qui étaient en poste dans la ville de Kidal ont été invitées à changer de position et à laisser le terrain fertile aux groupes armés qui dictent désormais leurs lois.

Les abus commis par le MNLA et le MIA ne sont-ils pas connus des organisations de défense des droits de l’Homme, en l’occurrence Human Right Watch (WRH) ? Cette dernière, on le sait, à l’accusation facile à la bouche chaque fois qu’il s’agit d’accabler l’armée malienne et les autorités de la transition.

Où est la grande France « respectueuse des droits de l’Homme » ? Le comportement inadmissible de son apprenti sorcier, n’envenime-t-il pas la situation déjà tendue entre population ? Si hier c’était les populations arabes, aujourd’hui, le MNLA s’engage dans une chasse contre les peaux noires. Cela ne fait qu’en rajouter aux problèmes et ouvre la voie à un probable affrontement ethnique.

Paris qui soutient les groupes armés du MNLA doit faire en sorte que tous les ressortissants de Kidal vivent en parfaite harmonie. Il faut la France joue franc jeu pour ramener une paix durable dans la Capitale de l’Adrar des Ifoghas. Cela passe par la tenue d’un langage de fermeté aux groupes armés qui ne cessent d’affirmer leur opposition à la présence de l’armée malienne à Kidal et de « son retrait du territoire de l’Azawad ».

Amadou Sidibé

Les Echos du 4 Juin 2013