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La réunion sur le programme détaillé de développement de l’agriculture africaine ouverte le mardi dernier dans notre capitale prend fin aujourd’hui.

En marge des travaux de cette importante rencontre qui regroupe plus de 150 experts, le ministre de l’agriculture Seydou Traoré a animé une conférence de presse hier à l’hôtel de l’Amitié sur l’ambition du Nepad pour l’agriculture africaine.

Pour cela, il avait à ses cotés les représentants des organisations partenaires et parties présentes à la rencontre. Ils s’agit de Jeff Hill du G8 (les huit pays les plus riches du monde), Dabiel Eklu de la CEDEAO, Richard Mkandawné pour le compte du secrétariat du Nepad et Gisèle d’Almeïda de Interface du Sénégal.

Pour le ministre de l’agriculture le Nepad, expression de la volonté des chefs d’Etat africains d’impulser une nouvelle dynamique dans le développement du continent, est une chance que nous devons saisir. Pour l’agriculture, qui demeure la principale activité de la majorité des populations africaines, le Népad propose un ambitieux programme de développement et de modernisation de celle-ci.

Lors du sommet de Maputo, les chefs d’Etat africains ont décidé de consacrer 10% du budget de leur pays à l’agriculture. Le Mali a déjà dépassé cette somme car il consacre aujourd’hui 13% du budget à ce secteur. Ce qui est le signe de l’engagement de nos autorités politiques de faire du secteur agricole le moteur de la croissance.

Dans cette même optique, ATT a décidé d’offrir 100 000 hectares de terre de l’Office du Niger à la Cen-sad. Toute chose qui est aujourd’hui, plus que jamais nécessaire pour sortir ce secteur du cycle infernal dans lequel il se trouve depuis plusieurs années.

Cette politique veut faire du secteur privé africain le moteur principal du financement de l’agriculture.

Ce qui fera dire au ministre Seydou Traoré qu’il s’agira de passer d’une agriculture d’aide extérieure à une agriculture d’affaires où les investisseurs locaux, avec les garanties fournies par les Etats, prendront une part considérable dans le financement de la production agricole.

La rencontre de Bamako permettra donc de faire des propositions concrètes pour gagner ce pari.

La production agricole africaine a besoin d’être renforcée tant dans la productivité que dans la compétitivité. Surtout si l’on sait que malgré la mondialisation, l’accès au marché européen est subordonné au respect des conditions de qualité.

L’un des reproches faits au Nepad est la non implication de la société civile. Sur ce point, Gisèle d’Almeida de la société civile sénégalaise dira que celle-ci s’est aujourd’hui frayé un chemin pour apporter sa contribution au Népad.  » C’est à nous de forger notre modèle de développement  » ajoutera t-elle.

Le G8, selon son représentant Jeff Hil, soutient l’initiative du Népad qui doit permettre une amélioration des conditions de vie des populations africaines. Pour Daniel Aklu de la Cedeao, la question des subventions agricoles occidentales qui nuit à l’agriculture africaine est plus politique et l’Afrique ne peut empêcher ces subventions.

L’alternative serait de demander des compensations pour ces conséquences néfastes.

« Les grandes questions relatives à l’agriculture ne peuvent plus être gérées par des politiques étatiques individuellement, mais à travers des politiques régionales convergentes comme le Népad », ajoutera t-il.

Youssouf Camara

18 Mars 2005