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Répliquant hier à un article de presse paru qui fait état de l’achat par le ministère du Développement social, de la Solidarité et des personnes âgées d’un serveur à 1,5 milliard de F CFA, le ministre Sékou Diakité l’a qualifié « d’affirmations mensongères et totalement ridicules » et dit « qu’il ne sera l’agneau sacrificiel de personne ».

Le ministre du Développement social, de la Solidarité et des personnes âgées en avait gros sur le cœur en évoquant hier à la Maison des aînés la question de l’achat d’un serveur par son département à 1,5 milliard de F CFA tel que distillé par un confrère de la place.

Donnée au départ comme un échange autour des actions majeures menées par le département en 2010 et les perspectives pour 2011, la conférence de presse a été une tribune pour apporter un démenti cinglant aux accusations formulées contre le ministre du Développement social, de la Solidarité et des Personnes âgées dans l’affaire de l’achat d’un serveur à plus d’un milliard de F CFA. L’article de presse qui met en cause Sékou Diakité parle aussi de surfacturation et d’incompétence de la société retenue pour la livraison des matériels informatiques.

En réponse à l’article qu’il a qualifié de « diffamatoire, mensongère et totalement ridicule », le ministre Sékou Diakité a indiqué qu’il « n’y a jamais eu de marché de serveur passé au département du ministère du Développement social, de la Solidarité et des personnes âgées », mais « d’un contrat relatif à la fourniture de matériels informatiques… »

Se disant animé de la volonté de donner la bonne information, Sékou Diakité a fait savoir qu’il ne s’inscrit pas dans une logique de polémique mais veut de façon pédagogique apporter sa version des faits.

Il a juré la main sur le cœur que dans les rapports qui lui ont été soumis par la commission mise en place qu’il n’y a jamais été question d’incompétence et de surfacturation contrairement à ce que prétend le journal incriminé.

Mais ce qui a le plus écœuré le chef du département du Développement social, c’est qu’en aucun moment le confrère qui l’a mis en cause n’a jamais cherché à recouper l’information ni auprès de lui ni auprès de ses services techniquement compétents. A ses dires, plus rien ne s’oppose à l’exécution correcte du contrat entre le département et la société CGDIM retenue pour la prestation.

 » Il faut laisser ce marché en paix. Il n’y a pas de problème. A ce jour, il s’exécute correctement ». Se demandant sans cesse sur tant d’attaques, tant de méchancetés gratuites et de cabale contre sa personne, Sékou Diakité qui a maintes indiqué qu’il « ne serai l’agneau sacrificiel de personne ». Il a souligné que le journal… s’est prêté à un « combat qui n’est pas le sien ».

Dans cette affaire de serveur, Sékou Diakité se dit blanc comme neige et met au défi toute personne de prouver qu’il a reçu des dessous-de-table. Par contre, il ne voit pas la nécessité d’intenter un procès contre l’auteur de l’article tant les défis à relever sont grands.
Pour 2011, annoncera-t-il, le département travaillera à la mise en œuvre des interventions prévues comme l’élaboration et la mise en œuvre d’un programme quinquennal en faveur des personnes âgées, la création d’une mutualité pour chaque commune, l’élaboration du Prodess-III, etc.

Mohamed Daou

05 Janvier 2011.

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Réactions du ministre Diakité : Morceaux choisis

En réponse à cet article diffamatoire et mensonger, je voudrais donner quelques éclaircissements :

1. Il n’y a jamais eu de marché de serveur passé au MDSSPA. Le montant de 1 571 541 780,60 F CFA annoncé dans le journal « L’Indépendant » est relatif à un marché dont l’intitulé est le suivant « Contrat relatif à la fourniture et la mise en œuvre du système d’information de l’Amo et du Ramed ». Donc, c’est un marché de fourniture et de prestations intellectuelles. J’y reviendrai.

2. Le marché a d’abord fait l’objet d’un appel d’offres ouvert, déclaré infructueux par la commission de dépouillement des offres suite des insuffisances du dossier d’appel d’offres. C’est suite à cette infructuosité déclarée par la commission de dépouillement des offres, que j’ai sollicité et obtenu un marché par entente directe au profit de la société CEGEDIM.

3. La société CEGEDIM ; à savoir la société retenue est le leader européen en matière de système d’information de l’assurance maladie. Elle est cotée en bourse. Son expérience en la matière et son portefeuille de projet peut être consulté sur son site Internet. On ne peut mettre en doute la capacité technique, l’expertise avérée de la société CEGEDIM.

4. Il n’y a nulle part dans ce marché, une quelconque surfacturation. Le montant de 1 571 541 780,60 F CFA TTC est largement inférieur au montant de 1 685 920 000 F CFA HT pour la Caisse nationale de prévoyance sociale du Maroc et les 1 486 400 880 F CFA HT aussi, de la Caisse nationale de sécurité sociale du Maroc. Ces deux institutions de sécurité sociale du Maroc ayant acquis les mêmes prestations auprès de la Société CEGEDIM depuis 2006.

Les spécialistes en systèmes d’assurance maladie ne courent pas la rue. La seule référence de comparaison que l’on avait était celle du Maroc qui a aujourd’hui un système d’assurance maladie fonctionnel et dont s’est d’ailleurs fortement inspirée celui qu’on est entrait de bâtir au Mali. Peut-on alors objectivement parler de surfacturation ?

5. Pour parler toujours de la prétendue surfacturation, si on analyse le devis estimatif joint au contrat, il ressort que la rubrique achat de matériels est chiffrée à 163 825 260 F CFA. Les matériels livrés sont :

– 1 serveur IBM de dernière génération,

– 1 onduleur,

– 1 système de sauvegarde :

• 2 unités lecteurs/enregistreurs de très grande capacité,

• 1 armoire rack,

• Des logiciels techniques.

Toujours, si l’on se réfère au devis estimatif de CEGEDIM, le reste du montant se répartit entre :

– les honoraires (directeur du projet, responsable du projet, experts fonctionnels et technique, consultant fonctionnel) ;
– la licence du logiciel ;

– les frais d’hébergement ;

– les dépenses de transport aérien entre le siège du consultant et le Mali.

6. Enfin, je voudrais préciser que ce marché est un contrat combiné de fournitures et de prestations intellectuelles pointues.
L’objet du marché, conformément aux termes de référence, porte en effet sur :

– la fourniture de matériels informatiques,

– la mise en place de la solution globale,

– la formation des utilisateurs de la Canam,

– l’assistance technique et l’exploitation du service.

Le contrat est conclu pour 18 mois, donc toutes ces prestations doivent se dérouler sur 18 mois. En dépit de la considération et de la haute estime que j’ai pour les hommes de presse de mon pays, parmi lesquels j’ai des amis depuis de longues dates, je dois avouer que le journal « L’Indépendant » s’est prêté à un combat qui n’est pas le sien.

Ce qui est surprenant, c’est qu’on prenne la liberté d’afficher à la une la photo d’un ministre avec des accusations gravissimes de cette nature sans prendre la moindre précaution de joindre l’intéressé ou ses collaborateurs, pour recouper, vérifier les informations. On n’a pas besoin d’être docteur en journalisme pour cela. Cela relève du bon sens et du sens de la responsabilité.

Comment ne pas évoquer l’acharnement voire le lynchage médiatique de l’Indépendant pour s’en indigner, quand on sait que le même journal a, il y a seulement quelques mois, produit un article du même genre sur le même sujet. Pourquoi tant d’attaques injustifiées, d’acharnement tant de volonté pour abattre un citoyen dans l’exercice de ses missions.

On ne peut pas chanter urbi et orbi son professionnalisme et prendre autant de liberté avec la déontologie, l’éthique de la profession. Le bon exercice de la liberté de la presse et de toutes les libertés publiques se mesure à l’aune du sens de la responsabilité des uns et des autres.

Cet article est de toute évidence un élément d’une stratégie planifiée de liquidation, d’autres actions sont, nous a-t-on dit, prévues. Pourquoi encore tant d’acharnement ? Tant de méchanceté gratuite ?
L’indépendant qui est un journal dont je suis un lecteur assidu. Cependant, j’ai la faiblesse de croire que la bonne foi du journal a été peut être trompée.

Dans tous les cas, je déclare ici, haut et fort que je ne serai l’agneau sacrificiel de personne. La liberté d’opinion, la démocratie, l’état de droit vaut pour chaque citoyen de ce pays quelque soit ce pays quelque soit son statut social ou professionnel.