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Le lundi le 22 octobre, le ministre de l’Elevage et de la Pêche, Makan Aliou Tounkara, a présidé la cérémonie de lancement de la campagne des activités d’empoissonnement des plans d’eau à Tola (commune de Boidié, cercle de Baraoueli, région de Ségou) sur financement du Fonds des Nations Unis pour l’Agriculture (FAO).

La cérémonie a enregistré la présence du Gouverneur de la région de Ségou, du Préfet de Baraoueli, du Maire et des notables de Boidié…Le ministre a tout d’abord exprimé sa gratitude envers la FAO, les autorités administratives, politiques, coutumières et religieuses de Ségou et de Barouéli et la commune rurale de Boidié. La région de Ségou regorge d’un important potentiel de plans d’eau pouvant être empoissonnés dans le cadre d’une pisciculture artisanale communale largement vulgarisée. Les mises en défense (modes de gestion très pratiqués dans cette zone de pêche), ont concerné 190 plans d’eau dont 40 dans le cercle de Barouéli. L’objectif visé par cet empoissonnement est de venir en aide aux pêcheurs et aquaculteurs de la région et d’atténuer ainsi les difficultés liées au déficit de production de poissons consécutif à la mauvaise pluviométrique enregistrée en 2011.

L’un des projets les plus importants de la pêche et de la pisciculture au Mali a été financé dans la zone de l’Office du Niger par la FAO de 1987 à 1992. Ce projet a permis d’obtenir des résultats : entre autres, la construction de trois stations d’alevinage pour la production d’alevins à Molodo , Kourouma et Sélingué ; la construction d’un centre de formation à Molodo et la formation de cadres et producteurs maliens dans le domaine de l’aquaculture. Le coût total de ce programme est de 34 millions de FCFA. La FAO appuie toujours le Mali dans les opérations d’empoissonnement des plans d’eau dans la région de Ségou avec un apport financier de 29 600 000 FCFA pour l’achat et le transport de 360000 alevins. Le suivi technique de ce programme est assuré par des techniciens de la Direction nationale de la Pêche par la contrepartie malienne qui s’élève à 4 440 000 FCFA.

Les effets bénéfiques notoires de ce programme sont le maintien de l’équilibre de l’écosystème et de la biodiversité ; l’augmentation de la production de poissons ; l’organisation des comités de gestion des mares ; la formation des bénéficiaires en technique de pisciculture artisanale ; l’appui-conseil, le suivi et la vulgarisation de la pisciculture artisanale. Le programme prioritaire des empoissonnements de la région de Ségou, qui sera réalisé dans le cadre de l’appui de la FAO, concernera 10 mares parmi lesquelles celle de Tola, d’une longueur de 3 000 mètres et de 50 m de largeur, sur une superficie de 150 000 m2, soit 15 h.

Cette mare est située dans le village de Bassila, dans la commune de Boidié. Les espèces à utiliser seront constituées par le clarias gariepinnis ou manogo (2/3) et l’oreochromis niloticus (1/3) la carpe ou tilipia. « Les opérations d’empoissonnement que nous venons de lancer s’inscrivent en droite ligne dans la politique nationale de développement de la pêche et de l’aquaculture au Mali dont l’objectif est d’augmenter la contribution du sous-secteur et de l’aquaculture à la croissance économique du pays, à travers une exploitation durable des ressources halieutiques et aquacoles », a souligné le ministre Makan Tounkara.

En 2011, la situation de la pêche au Mali a été caractérisée par une baisse notoire de la production halieutique due à la faible crue des principaux cours d’eau, au démarrage tardif de l’hivernage et à l’arrêt précoce des pluies dans plusieurs zones. Pour atténuer ces effets négatifs qui ont durement affecté l’ensemble des pêcheries de notre pays et les conditions de vie des communautés rurales, le gouvernement malien a élaboré et mis en œuvre un plan d’urgence dont l’empoissonnement des mares est un élément central.

Ce programme d’empoissonnement contribuera à dynamiser le processus de développement de la pisciculture artisanale et à promouvoir le développement de l’aquaculture. Il permettra aussi de développer les activités de pisciculture, satisfaire les besoins en protéines d’origine animale et diversifier les activités génératrices de revenus des populations bénéficiaires. La cérémonie a pris fin par la visite de la ferme piscicole de M. Boubacar Diallo à Tanima.

Bourama Traoré

Le Combat du 24 Octobre 2012