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Après analyse et constat de la situation dans laquelle baigne le Mali, le ministre des Transports et des Infrastructures routières, lieutenant-colonel Abdoulaye Koumaré, a décidé de prolonger le délai de l’application de la loi portant répression du défaut de port de casque jusqu’au 1er Janvier 2013. C’était à l’occasion d’une rencontre avec la presse, le mardi 25 septembre 2012, dans les locaux de son Cabinet. Il en a profité pour faire le point sur les mesures d’accompagnement concernant cette mesure.

Le gouvernement du Mali, suite au Conseil des ministres du mercredi 19 septembre 2012, avait décidé de l’application de la loi portant répression du défaut de port de casque sur toute l’étendue du territoire malien, à partir du 1er octobre 2012. Seulement, pour le ministre des Transports et des infrastructures routières, lieutenant-colonel Abdoulaye Koumaré, la mise en œuvre de cette décision de répression inquiète car celle-ci a lieu au moment où la crise économique sévit et menace le panier de la ménagère. En plus, elle coïncide avec la rentrée scolaire dans toutes les grandes villes, d’où la période de la grande mobilité sur les routes.

En effet, cette nouvelle mesure prise par le gouvernement s’inscrit, à en croire les explications du Ministre, dans la volonté de l’autorité d’avoir le temps de procéder à la sensibilisation des citoyens et en même temps de chercher des moyens d’exonération ou de subvention des importations de casque afin que cet outil soit désormais à la portée de tous les usagers. «Le prix des casques sur le marché est inabordable pour la plupart des conducteurs d’engins à deux roues, surtout à une période où le Mali est confronté à une situation de crise sans précédent.

Aussi, en cette période de rentrée scolaire, il faut s’attendre au risque de la grande mobilité sur les routes. Ce qui expose les usagers vulnérables, principalement les piétons et les motocyclistes, aux risques d’accidents.», a déclaré le Ministre, avant d’ajouter que «le gouvernement, face à cette situation, est dans la dynamique de trouver des moyens d’exonération sur l’importation des casques. Une décision déjà approuvée par le ministre de l’Economie et des finances».
Aussi, à en croire le Ministre, cette mesure entre dans le cadre de la réduction du taux de mortalité lié aux accidents de motos sur les voies publiques du Mali. Selon lui, «plus de 60 % des accidents de la circulation routière concernent les jeunes et plus de 79 % de ces accidents impliquent les engins à deux roues.

Aussi, 70 % des victimes sur engins à deux roues, sont soit tués par traumatisme crânien, soit souffrent des séquelles durant tout le reste de leur existence. Il est pourtant démontré que le simple port du casque permet de sauver la vie parce qu’il empêche le cerveau de heurter le crâne avec force ou le contact direct entre le crâne et l’objet heurté, notamment le goudron».

Profitant de cette rencontre, le Ministre a évoqué les mesures d’accompagnement qui seront mises en place à partir du 1er octobre 2012. «Il est nécessaire pour cette phase de procéder à un contrôle de sensibilisation par les agents chargés de la circulation routière sur le port effectif du casque, sans répression.

Par ailleurs, des mesures sont en cours avec les Ministères concernés pour rendre accessibles le casque aux usagers, à moindre coût. Aussi, désormais, les ventes des motos seront obligatoires avec casques», a martelé le Ministre, avant de conclure en disant que : «Les autres mesures d’accompagnement seront notamment l’élaboration d’un programme de sensibilisation, d’information, de formation et d’éducation aux rudiments du Code de la route à destination du monde scolaire et universitaire et enfin le renforcement de la sensibilisation des travailleurs des services publics, parapublics et privés, des organisations socio professionnelles et religieuses»

Ibrahim M GUEYE

Le Prétoire du 27 Septembre 2012


Le ministre des Transports à propos du port des casques: «Cette décision n’est pas motivée par l’argent et la sanction sera différée»

Le ministre des Transports et des Infrastructures Routières, le Lt Colonel Abdoulaye Koumaré, a échangé mardi avec certains Dirpub de la place sur la décision du conseil des ministres du mercredi 19 septembre 2012 rendant obligatoire le port du casque à partir du 1er octobre prochain.

D’entrée de jeu, le Lt Colonel Koumaré a expliqué «nous ne sommes pas venus pour réprimer ou faire des sous, c’est-à-dire chercher de l’argent facile. Que non! Cette décision découle de notre ferme volonté de sauvegarder des vies humaines. Elle est également une exigence de l’Assemblée générale des Nations Unies tenue le 3 mars dernier. Nous profitons donc de la rentrée scolaire, qui est une période de grande mobilité sur les routes, pour informer, sensibiliser, faire adhérer tout le monde et, enfin, appliquer la loi dans toute sa rigueur, dans l’intérêt de tous».

Ensuite, le ministre précisera que «la sanction sera différée, c’est-à-dire qu’elle ne sera pas appliquée à partir du 1er octobre, comme annoncé précédemment. Nous voulons prendre des mesures d’accompagnement, en collaboration avec les départements des Finances et du Commerce, afin de rendre les casques accessibles à moindre coût aux usagers. On pourrait aller vers des exonérations, qui seront étudiées et mises en œuvre par les services compétents de l’Etat. Nous allons également nous impliquer, avec mes collègues du gouvernement, pour que les ventes de motos comportent obligatoirement des casques».

Et Koumaré d’ajouter «ce n’est pas tout. Parallèlement à cette action, nous allons poursuivre notre programme de sensibilisation, d’information, de formation et d’éducation, avec les ministères concernés, aux rudiments du Code de la route à destination du monde scolaire et universitaire. Les travailleurs des services publics, parapublics et privés, les organisations socioprofessionnelles et religieuses seront aussi concernés par nos différents programmes de sensibilisation».

Le ministre Koumaré tient à faire du port du casque son cheval de bataille. «Nous sommes déterminés, après les différentes phases de sensibilisation, à faire appliquer la loi, en espérant, bien sûr, que tout le monde y adhère. Nous y tenons, une fois de plus, pas pour quelques sous, ce que certains avancent déjà pour jeter le discrédit sur l’opération, mais pour sauvegarder des vies humaines, parce les statistiques sont effrayantes. Tenez-vous bien, 70% des victimes montées sur des engins à deux roues sont soit tuées par un traumatisme crânien soit souffrent de séquelles durant tout le reste de leur existence».

Rappelons que 573 personnes, motocyclistes ou passagers de motos, ont été tuées au Mali en 2009, contre 687 en 2010 et 889 en 2011. Ces victimes, dont le nombre augmente chaque année, sont à 60% des jeunes. 79% des accidents de la route dans notre pays impliquent des engins à deux roues, selon les statistiques de 2011.
Alors, portons le casque, pour éviter que le cerveau ne heurte le crâne avec force et que l’énergie du choc ne se propage dans les zones fragiles du crâne. Portons le casque pour empêcher le contact direct entre le crâne et l’objet heurté, notamment le goudron.

Enfin, impliquons-nous tous pour faire du port du casque une réalité au Mali. Car, cela sera bénéfique pour nous-mêmes, nos cadets et nos enfants. Le port du casque ne saurait être la seule affaire du gouvernement. C’est désormais une question d’utilité et de santé publique. A suivre.

Chahana Takiou

22 Septembre du 27 Septembre 2012