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Dans le cadre de ses prises de contact avec les organisations professionnelles partenaires de son département, le ministre du commerce et de l’industrie, Abdoul Karim Konaté dit Empé s’est rendu hier mardi 11 septembre, au Conseil national du patronat du Mali (CNPM) à l’ACI 2000 où il a rencontré les membres du bureau de cette institution. Le président du patronat a indiqué au ministre que si rien n’est fait, la crise économique qui court sera plus dangereuse que la crise politique. Une alerte à laquelle le ministre Konaté a été très sensible et a souligné sa disponibilité à travailler avec le secteur privé autour d’un document de celui-ci que le ministère a déjà reçu via la primature.

Le tout nouveau ministre du commerce et de l’industrie a consacré sa première sortie publique au CNPM, l’une des plus grandes organisations professionnelles représentant le secteur privé. Pour l’occasion, le président du patronat, Mamadou Sidibé était entouré de plusieurs membres de son bureau. Après avoir remercié le ministre Empé pour le déplacement, il a souligné avec force que l’ensemble du secteur privé malien souffre de la crise actuelle que traverse notre pays. Conséquence de cette situation, tous les secteurs d’activités économiques sont touchés, plusieurs entreprises ont fermé boutique envoyant de nombreux chefs de famille au chômage.

Le patron des patrons maliens d’ajouter que » les bailleurs de fonds sont partis. L’Etat ne tient que sur les taxes que le secteur privé paie. Malgré cela, nous avons l’impression que le secteur privé ne compte pays. Au-delà des prises de contacts, nous n’avons pas l’impression d’être écouté. Nous espérons qu’après cette visite, nous allons travailler ensemble pour la relance de l’activité économique « . Après le déclenchement de la crise qui est venue aggraver la situation précaire dans laquelle vivaient les entreprises, le CNPM a adressé au gouvernement un document renfermant ses préoccupations et ses propositions de solution. Pour le président Sidibé, ce document est une feuille de route qui peut sauver le secteur. Cependant, précise t-il, si rien n’est fait la crise économique sera plus grave que la crise politique. Le ministre Abdoul Karim Konaté, qui est de la douane, donc un service fiscal qui travaille avec le secteur privé, a fait savoir qu’il est imprégné des difficultés du secteur privé. Il a rappelé les attentes du gouvernement vis-à-vis du secteur privé pour la réalisation des deux missions fondamentales qui lui sont assignés, à savoir la reconquête de l’intégrité du territoire et l’organisation des élections générales.

Pour la réalisation de ces deux missions dans une contexte extrêmement difficile, il est attendu du département un approvisionnement régulier des marchés en denrées de première nécessité et une maîtrise de leurs prix. Il est aussi attendu un accroissement de la part du secteur industriel au PIB, ainsi qu’une reprise des investissements aussi nationaux qu’étrangers. Pour permettre au secteur privé de jouer ce rôle, le ministre a assuré que le département mettra tout en œuvre pour prendre les mesures appropriées afin de lever les contraintes fondamentales auxquelles il fait face et de mettre en place les conditions favorables à son développement. Car, poursuit-il, le gouvernement est très sensible aux préoccupations soulevées dans le document qu’il a reçu du CNPM. Le ministre a félicité le secteur privé pour son accompagnement lors du mois de ramadan ayant permis d’approvisionner le pays mais aussi de maitriser les prix. Le ministre Empé entend inscrire ses actions dans la consolidation des résultats acquis de ce partenariat fécond déjà en place.

Youssouf CAMARA

L’Indépendant du 12 Septembre 2012