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« La confiance et la responsabilité sont nécessaires pour renforcer le dialogue entre les différents acteurs. »


Après la cérémonie d’ouverture, les travaux de la 6ème table ronde se sont poursuivis entre le Gouvernement, la Société civile et les Partenaires techniques et financiers dans la salle ovale du Centre international de conférences de Bamako. Parmi les thématiques abordées, le point d’exécution de la mise en œuvre de la Déclaration de Paris sur l’efficacité de l’aide, présenté par le ministre des Finances, Abou Bakar Traoré.

Le ministre des Finances a entamé son intervention par un rappel du contexte qui a abouti à la Déclaration de Paris. En effet, à travers le consensus de Monterrey (2002) la communauté des donateurs s’est engagée à aligner l’aide au développement sur les stratégies des pays partenaires, à œuvrer à l’amélioration des systèmes de ces derniers, à harmoniser en son sein les politiques et procédures en matière de coopération pour le développement.

D’autres déclarations et fora ont suivi. Aux dires du ministre, « des changements importants sont apparus dans l’attitude des Partenaires Techniques et Financiers (PTF) : appuis au Gouvernement sous forme d’aide budgétaire en privilégiant d’abord l’aide budgétaire sectorielle pour tendre vers l’aide budgétaire « .
Coordination de l’aide par le Gouvernement avant la Déclaration de Paris

 » La revue de l’aide réalisée en 1996 avec l’OCDE avait constaté que bien qu’occupant une place importante (12% du PIB) dans l’économie malienne, l’aide est peu coordonnée par le Gouvernement; la conduite des actions d’aide est faiblement intégrée dans la gestion nationale et dans les circuits économiques nationaux et, enfin, les populations sont peu informées sur l’aide.

A la suite de ce constat, le Gouvernement en relation avec les PTF, met en place en juillet 1998 : une Commission mixte. En mars 2002 afin que les PTF inscrivent leurs appuis dans un cadre unique de référence des politiques publiques, le Gouvernement adopte le Cadre Stratégique de Lutte contre la Pauvreté (CSLP).

Les 30 et 31 mars 2004, la 5ème Table Ronde des bailleurs de fonds du Mali est organisée à Genève avec le CSLP comme document présentant la Stratégie de développement du pays  » a expliqué le ministre.

La Déclaration de Paris est basée sur cinq principes: appropriation, alignement, harmonisation, gestion axée sur les résultats et responsabilité mutuelle. Elle prévoit un dispositif de suivi constitué de douze indicateurs.

Depuis lors, plusieurs actions ont été entreprises parmi lesquelles le ministre retient, entre autres, l’élaboration dans le cadre du CBMT d’un tableau analytique sur le poids des secteurs par rapport au Produit intérieur brut; la valorisation de la classification fonctionnelle et l’identification des dépenses de réduction de la pauvreté dans la nouvelle nomenclature budgétaire ;

l’institutionnalisation d’un atelier national de concertation sur les défis et enjeux du CSLP dans le cadre de l’élaboration de la loi de Finances ; la mise à la disposition de l’ensemble des administrateurs de crédits des documents de stratégie pour une meilleure identification des mesures et actions, la mise en œuvre et évaluation du CSLP 2002-2006 à travers trois rapports et deux revues.

Au niveau de l’alignement, expliquera le ministre des Finances,  » le Gouvernement du Mali a fait de l’appui budgétaire un instrument important de sa coopération financière avec les Partenaires Techniques et Financiers. A cet effet, le Gouvernement du Mali a mis en oeuvre une architecture à trois étages: un Accord-cadre (c’est-à-dire général) concernant les appuis budgétaires dans leur ensemble et couvrant tous les types d’appui-budgétaire.

Il fixe les principes généraux qui régissent l’appui-budgétaire, notamment en matière d’engagements réciproques et de modalités de mise en œuvre. Cet accord a été signé, le 29 mars 2006, par sept PTF et d’autres y ont adhéré par la suite. »


Modernisation de la gestion des finances publiques

Afin de consolider l’efficacité, la transparence et la fiabilité de la gestion des Finances publiques, le gouvernement du Mali a adopté, en avril 2005, un Plan d’actions d’amélioration et de modernisation de la gestion des finances publiques (PAGAM/GFP). maliweb.net. Il a été construit autour de cinq axes :

l’amélioration de la qualité de la préparation et de l’exécution du budget ;

le développement de l’efficacité des administrations fiscales et financières ; l’intégration des financements extérieurs aux procédures budgétaires nationales, l’accroissement de l’efficacité et de la transparence des procédures de passation des marchés publics et le renforcement de la gouvernance et de la transparence.

Quant au volet harmonisation, a indiqué Abou Bakar Traoré  » il a fait l’objet d’une attention particulière. Avec l’avènement du CSLP 2002-2006, l’organisation des PTF s’est améliorée, de façon significative, dans trois directions : la participation au fonctionnement des mécanismes institutionnels du CSLP à travers notamment la Commission Mixte Mali-Partenaires au développement;

l’instauration de système de chef de file des Partenaires tournant alternativement entre un bilatéral et un multilatéral ; la mise en place de groupes de travail organisés autour de secteurs de développement « .


Une gestion axée sur les résultats

L’Etat s’est attelé, entre autres, à la généralisation de la méthode du Budget-programme et la mise en œuvre des recommandations de l’audit réalisé avec l’appui du Gouvernement du Canada;

la systématisation de la formation continue sur la gestion axée sur les résultats (Budget-Programme, CDMT cadre logique) en collaboration avec un cabinet extérieur (dix départements ministériels et institutions formés par année depuis 2005); et les revues de projets et de programmes ; conception dans le cadre de l’appui-budgétaire d’un calendrier sur les différentes échéances.

Deux enquêtes réalisées ont identifié des insuffisances face auxquelles des actions concertées ont été prévues. Le ministre a insisté sur les perspectives de l’après de Déclaration de Paris qui exigent tant du côté malien que des PTF, des actions à mettre en œuvre pour atteindre l’efficacité de l’aide.

Les mêmes perspectives exigent des deux parties un dialogue permanent et la concertation pour mener à bien les politiques envisagées.

Très optimiste, en guise de conclusion, le ministre Abou Bakar Traoré a televé que « la confiance et la responsabilité sont nécessaires pour renforcer le dialogue entre les différents acteurs : Gouvernement, Société civile et PTF. C’est à ce prix que la Déclaration de Paris changera fondamentalement le comportement de l’ensemble des acteurs« .

Youssouf CAMARA

13 Juin 2008