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Bonne nouvelle pour les habitants de la 6è Région. La route reliant Tombouctou à Niono sera bientôt bitumée. L’information a été donnée par le ministre de l’Équipement et des Transports, Ahmed Diane Séméga, qui s’est rendu la semaine dernière dans la région.

Longue d’environ 550 km, la route Tombouctou-Niono dans son état actuel est une piste à certains endroits. Elle traverse une trentaine de localités dont les villes de Goundam, Diré, Niafunké et Léré. Pendant l’hivernage, elle devient quasiment impraticable à cause des eaux et de la nature du terrain. 10 à 12 heures sont alors nécessaires pour parcourir les 550 km qui séparent Tombouctou de Niono.

« Cela va être un rêve pour nous de voir cette route construite en bitume. Car nous n’aurons plus besoin de traverser le fleuve pour nous rendre à Bamako« , s’est réjoui un paysan de Diré, une localité où la culture de blé connaît une grande expansion.

Le bitumage de la route permettra donc d’une part de faciliter les échanges économiques entre les localités concernées et d’autre part de renforcer le réseau routier de notre pays. Elle va directement relier la 4è Région qui est une zone agricole par excellence à la 6è Région, une zone à la fois agricole et touristique.

« La route Tombouctou-Niono permettra de désenclaver la ville touristique de Tombouctou. Elle va contribuer à densifier le réseau routier dans cette partie de notre pays où le potentiel agricole et touristique est très riche et diversifié« , a précisé le ministre Ahmed Diane Séméga qui a expliqué aux populations que la construction de cette route va concrétiser une promesse faite par le président Amadou Toumani Touré.

« Le désenclavement intérieur et extérieur de notre pays est au coeur des activités du gouvernement« , a rappelé Ahmed Diane Séméga en insistant sur l’intérêt que les pouvoirs publics accordent à la réalisation de cette route qui sera financée par l’Union européenne dans le cadre du 10è FED. « Les études économiques de la route sont en cours. Dès qu’elles finiront, l’appel d’offre sera lancé pour choisir la ou les entreprises qui vont construire la route« , a expliqué Ahmed Diane Séméga.

Le ministre de l’Équipement et des Transports avait auparavant visité la Route de l’espoir. Cette route en terre, construite en 2005, est aujourd’hui la principale voie d’entrée de Tombouctou. Elle s’est peu à peu détériorée avec l’intensification du trafic sur cette voie qui est passée de 4 véhicules par jour avant la construction de la route à près de 100 véhicules par jour actuellement. Cette situation a engendré une multiplication des crêtes sur la voie. C’est dans ce cadre que des travaux ont été entrepris par l’Ageroute pour améliorer la circulation et prévenir les accidents de circulation sur le tronçon. « Nous allons utiliser les moyens du bord pour améliorer le service et réduire les facteurs accidentogènes de cette route« , a promis Ahmed Diane Séméga.

Aux populations qui lui ont réservé un accueil chaleureux, le ministre de l’Équipement et des Transports a demandé de protéger les anciennes et les nouvelles routes qui seront construites. Il a ensuite appelé les usagers au respect du code de la route et à la prudence.

Ahmed Diane Séméga a également visité le chantier du canal de Tombouctou, fruit de la coopération entre notre pays et la Libye. Ce canal dont la construction a commencé en mai 2006 pour un délai de 18 mois fait suite à une promesse du Guide de la Jamahira arabe populaire et démocratique libyenne Mohammar Kadhafi de faire revenir l’eau dans la ville de Tombouctou à travers l’aménagement d’un ancien chenal de 14 km à partir du fleuve. Cependant l’entreprise libyenne, la Société africaine pour le commerce et l’industrie, chargée des travaux, n’a pas collaboré avec nos services techniques. Ce qui pose de nos jours un véritable problème de sécurité.

Il n’y a, en effet, pas de passerelles et les berges de l’ouvrage n’ont pas été fixées. Cette situation a déjà provoqué des accidents mortels. « Nous allons, en collaboration avec l’entreprise, faire un audit des travaux et relever tous les problèmes de sécurité afin que le canal puisse répondre aux préoccupations des habitants. Car la sécurité des habitants et de la ville est prioritaire« , a promis Ahmed Diane Séméga.

Autre chantier visité par le ministre : les travaux de voirie urbaine de Tombouctou. Ces travaux qui s’inscrivent dans le cadre de l’embellissement de la ville concernent la réalisation de 5 km de rues bitumées. A cela s’ajoute la réalisation de caniveaux et d’autres ouvrages de drainage des eaux. Le chantier a commencé en juillet dernier et doit se terminer en mars prochain. Les travaux se déroulent normalement.

Le ministre Séméga a aussi visité les directions et les services relevant de son département dans toutes les localités où il est passé. Il a félicité les travailleurs et leur a demandé de s’impliquer pour la modernisation des services du département.

Be COULIBALY – L’Essor

04 Mars 2008.