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Après la visite de Huicoma Koutiala, le jeudi 29 janvier, le ministre de l’Economie, de l’industrie et du commerce, Ahmadou Abdoulaye Diallo, s’est rendu, le lendemain, à la Fabrique malienne d’aliment-bétail et la Société malienne des oléagineux (FAMAB – SMO), deux unités appartenant au Groupe SNF (Société N’Diaye et Frères). Malgré l’insuffisance de la quantité de graine de coton reçue de la CMDT (21 000 tonnes), les machines tournent.

Le Groupe SNF s’est même lancé dans la construction de deux nouvelles unités destinées à augmenter la production d’aliment-bétail et de l’huile alimentaire et surtout transformer les résidus en savon. Le Groupe compte bientôt se lancer dans la réalisation d’une cimenterie.

Connu surtout pour ses activités en matière d’hydrocarbures et de transport, le Groupe SNF, dans le cadre de la diversification de ses activités, intervient depuis 2000, dans l’agro-industrie, à travers deux unités implantées à Koutiala.

Il s’agit de la Fabrique malienne d’aliment-bétail (FAMAB sa) et de la Société malienne des oléagineux (SMO sa). Les deux industries ont nécessité un coût global de sept milliards de CFA entièrement financés sur fonds propres.

Ces deux unités, avec un capital de 800 millions de FCFA, emploient plus de 350 personnes. Elles arrivent à se maintenir malgré un contexte difficile, caractérisé par l’insuffisance de la matière première.

Le constat a été fait, le vendredi 30 janvier, par le ministre de l’Economie, de l’industrie et du commerce, Ahmadou Abdoulaye Diallo qui, dans le cadre d’une série de visites des unités, s’est rendu dans les deux usines à Koutiala. Il était accompagné de ses proches collaborateurs et des autorités administratives et politiques du Cercle de Koutiala.

Le ministre était venu échanger avec les responsables de ces unités pour voir dans quelle mesure ils peuvent continuer à renforcer leurs activités de production. Le PDG du Groupe SNF, Seydou N’Diaye et les autres membres de la société ainsi que le Coordinateur général des usines, Cheick Chérif Niaré, étaient présents.


Une huile entièrement raffinée

Sur les lieux, le ministre a eu droit à une visite guidée des chaînes de production depuis le nettoyage de la graine, jusqu’au produit fini et aires de stockage. Il a visité aussi le chantier d’extension de la chaîne de production d’aliment bétail et de l’huile pour une capacité de 400 tonnes par jour. Par rapport à l’huile alimentaire, la SMO-sa dispose de toute la chaîne de production et met sur le marché une huile (Dianor) entièrement raffinée.

Quant à l’unité d’aliment-bétail, elle a une capacité de 24 tonnes par heure, soit près de 140 448 tonnes l’an. Elle fabrique trois qualités de produits respectivement destinés à l’embouche intensive, des vaches laitières et des bœufs de labour et le maintien des troupeaux.

Au terme de la visite, le ministre a fait trois constats majeurs : la trop grande dépendance des unités à la graine de coton, l’absence de station d’épuration des eaux usées et l’insuffisance du personnel au niveau du laboratoire d’analyse.

Pour le premier point, le constat est que jusque-là les deux unités transforment uniquement la graine de coton, une matière première qui se fait rare. En effet, pour un besoin annuel de 47 000 tonnes de graine, la FAMAB-SMO n’a bénéficié cette année que de 21 000 tonnes de la part de la CMDT.

Ce qui représente environ quatre mois d’activité. Par rapport au laboratoire, le ministre a remarqué la présence d’un seul laborantin professionnel assisté de quatre jeunes. Si ce seul laborantin a fait ses preuves dans l’agro-alimentaire, vu l’importance du laboratoire dans le suivi de la qualité des produits alimentaires, le ministre a souhaité une augmentation du personnel pour éviter tout dérapage.

Ces insuffisances ont été évoquées au cours d’une séance de travail que le ministre a eue avec les responsables et les représentants des travailleurs. Ainsi, le ministre a insisté sur la nécessité de la réalisation d’une station de traitement des eaux usées d’autant plus que l’usine s’agrandit.

« La FAMAB est une entreprise dont on peut être fier  » a indiqué le ministre à sa sortie de la séance de travail. Car, dit-il, la famille N’Diaye et Frères a pris le risque d’aller vers l’industrie conformément aux vœux du gouvernement.

Comme à Huicoma, il a préconisé une diversification de la matière première pour permettre à l’unité de fonctionner douze mois sur douze. Une option que le Groupe avait déjà choisie.

En effet, la SNF avait déjà demandé et obtenu une parcelle de 15 000 ha dans la zone Office du Niger, pour produire des oléagineux pour ses usines. La société prévoyait déjà de produire environ 25 000 tonnes d’oléagineux dès 2010. Le ministre a pris des engagements tendant à accompagner la société dans cette démarche.

Le Coordinateur général, Cheick Chérif Niaré a, au nom du groupe, pris bonnes notes des remarques du ministre et a souhaité son appui pour leur mise en œuvre.


Un projet de cimenterie d’une capacité de 1 000 tonnes par jour à Koutiala

Après le négoce, le commerce général, l’agro-industrie, le transport, le Groupe SNF, créé en 1968, ambitionne d’entrer de plein pied dans la cimenterie.

En effet, intervenant dans l’immobilier, le Groupe est gros consommateur de ciment et, par conséquent, elle cerne toutes les difficultés liées à l’approvisionnement correct du pays. Ainsi, les démarches administratives en cours lui ont permis d’obtenir un permis d’exploration pour une carrière basée à Dandresso dans la région de Sikasso.

L’autorisation d’exploitation est presque acquise. Le projet de cimenterie porte sur une unité d’une capacité de 1 000 tonnes par jour qui sera installée dans la nouvelle zone industrielle de Koutiala. En tout cas, selon les responsables de la SNF, le montage financier prévoit deux options : le financement par la société créée à cet effet sur fonds propres et avec un emprunt bancaire ou en partenariat avec une autre société, de préférence étrangère.

Envoyé spécial

Youssouf CAMARA

03 Février 2009