Partager

« Sept grandes unités industrielles sont au cœur de nos priorités d’ici au 31 décembre 2008 »


La réhabilitation de la Société d’exploitation des phosphates de Tilemsi, le démarrage des activités agricoles et industrielles de la Société sucrière de Markala (SOSUMAR) et de la nouvelle Sukala, le redémarrage des activités de la société FITINA-SA, le démarrage des activités de SANA-SA, la signature des conventions d’établissement d’une cimenterie et d’une laiterie.

Telles sont les sept grandes priorités inscrites à l’agenda du département de l’Economie, de l’industrie et du commerce, pour le dernier semestre de l’année 2008. Des dossiers que le ministre Amadou Abdoulaye Diallo et ses collaborateurs s’attèlent activement à conduire à bon port pour une relance industrielle susceptible de soutenir la croissance accélérée.

La politique industrielle du Mali était au cœur d’un entretien que le ministre de l’Economie, de l’industrie et du commerce, Amadou Abdoulaye Diallo a bien voulu nous accorder, le mardi 1er juillet. Un sujet qu’il venait juste d’évoquer au cours des «Questions orales» à l’Assemblée nationale, tout comme la fermeture des huileries ne répondant pas aux normes requises.

« L’approche d’industrialisation usitées, jusqu’à ce jour, par notre pays, n’a pas permis d’assurer un essor industriel conséquent «  a constaté le ministre. En effet, le constat est que la contribution du secteur industriel demeure encore faible dans la création de la richesse nationale.

Selon les résultats du recensement industriel de 2006, ce secteur, qui compte 344 entreprises et 19 320 travailleurs, représente 11% du PIB et seulement 3% l’ont été par les entreprises manufacturières. Le ministre regrette avec amertume le fait que «  malgré les efforts du gouvernement en matière de simplification des procédures administratives de création d’entreprises et d’octroi d’avantages fiscaux, les investissements industriels privés demeurent faibles au Mali« .

La Stratégie globale d’industrialisation, adoptée en 2004 par le gouvernement pour inverser la situation, avait pour objectif « d’assurer un développement industriel ordonné, rapide et durable « .

Elle avait deux axes prioritaires : la création d’unités industrielles privées compétitives et porteuses de croissance rapide et d’emplois durables et la mise à niveau des entreprises existantes et la réhabilitation de celles en difficulté.

Le ministre en charge de l’industrie demeure convaincu que  » dans le contexte actuel de la mondialisation et compte tenu de l’étroitesse du marché local et des facilités d’accès, l’approche d’industrialisation la plus appropriée pour notre pays est sans doute celle qui permet de préparer nos entreprises pour mieux occuper le marché local et pénétrer les marchés extérieurs « .


Développer les filières porteuses

Pour ce faire, Amadou Abdoulaye Diallo estime qu’il faut développer les filières riz, sucre, viande, lait, blé, mangues, cajou, karité, sésame, tournesol etc ;

susciter l’émergence d’entreprises industrielles d’investissements étrangers directs en vue de mieux tirer les avantages des facilités actuelles d’accès aux marchés de l’Union européenne, des USA, du Canada et des marchés émergents ; promouvoir la création d’unités de substitution aux importations de lait, de sucre, d’huile, de ciment et d’engrais.

Il propose également la mise à niveau des entreprises, le renforcement de la formation professionnelle, la promotion des technologies appropriées, la lutte contre la contrefaçon et la concurrence déloyale et la levée des deux contraintes majeures au développement industriel à savoir la question énergétique et la formation des ressources humaines.

L’amélioration des infrastructures de base, l’octroi des avantages suivant le code des investissements, le démarrage effectif du programme de restructuration et de mise à niveau des entreprises industrielles, la création de l’Agence de promotion des investissements du Mali (APIM) sont des mesures incitatives indispensables pour le ministre.

Celui-ci espère, d’ici à la fin de l’année en cours, mettre sur les rails, soit les activités, soit les dossiers de sept grandes unités industrielles : la réhabilitation de la Société d’exploitation des phosphates de Tilemsi, le démarrage des activités agricoles et industrielles de la Société sucrière de Markala (Sosumar) et la Nouvelle-Sukala,

le redémarrage des activités de filature de la société FITINA-Sa, le démarrage de celles de la production d’aliment-bétail de la SANA-Sa et surtout la signature des conventions d’établissement d’une cimenterie et d’une laiterie. Ces sept grandes unités, dira le ministre, s’inscrivent en droite ligne de la mise en œuvre du PDES et de la Stratégie de croissance accélérée 2008-2012.

Youssouf CAMARA

04 Juillet 2008