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Après la région de Sikasso, les 25 et 26 août, le ministre de l’Agriculture, Aghatam Ag Alhassane, et sa délégation étaient, les 27 et 28 août, dans la quatrième région administrative du Mali, Ségou. Le respect des itinéraires et du calendrier agricole a permis d’atteindre un niveau d’implantation honorable des cultures. Ce qui augure d’une bonne campagne agricole.

La visite ministérielle a commencé, le 27 août, par la plaine aménagée de San-ouest. Exploitée par l’Association des riziculteurs de la plaine aménagée de San-Ouest (ARPASO), de 1989 à 2008, les surfaces sont passées de 930 ha à 2 108 ha, soit 47% des superficies disponibles. Le nombre d’exploitants actuels est de 4590 riziculteurs dont 213 femmes. La prévision de production de riz pour la campagne agricole 2010-2011 se chiffre à 16 071 tonnes de paddy dont 12 665 tonnes en saison hivernale et 3 406 tonnes en contre-saison sèche. A la date du 20 août, la réalisation des pépinières était de 100%. Quant à la réalisation en plein champ (repiquage semi-direct), elle est de 31,45% contre 5,98% à la même période l’an passé. Cette année, la principale innovation est l’introduction du Système de riziculture intensif (SRI) avec la réalisation de 14 hectares. Amadou Sao expérimente, cette année, un ha. Selon ses encadreurs, il a respecté les six principes qui caractérisent le SRI : le repiquage du plant très jeunes (8 jours) ; la mise en terre d’un plant par poquet ; l’irrigation par intermittence (à la demande de la plante) ; l’observation de 25 cm d’écart entre les lignes et les poquets ; l’utilisation de 15 à 16 tonnes de fumure organique et le sarclage par une désherbeuse manuelle. Selon Amadou Sao, le repiquage de son un hectare lui a coûté 45 000 FCFA contre 60 000FCFA avec l’ancienne méthode. A le croire, il a utilisé 10 Kg de semences (2 500FCFA) contre 100 kg (25 000FCFA), précédemment. Au bas mot, il attend une production de 8 à 9 tonnes contre 5 à 6 tonnes avec le système local. Sans révéler de chiffres, le chargé de la redevance d’eau et d’électricité, Bakary Traoré, trouve que le SRI a l’avantage de diminuer les factures au niveau de l’Energie du Mali.

Les producteurs ont saisi l’occasion pour soumettre leurs préoccupations en faveur de la consolidation des acquis. A savoir, le renouvellement des pompes de la station de pompage qui sont vielles de 34 ans, l’extension de la plaine ; la création d’un fonds de maintenance ; le décapage de 122 ha difficilement irrigable ; la suppression de la TVA sur la facture d’électricité d’EDM-SA et l’octroi des équipements agricoles plus adaptés.

Après cette visite de la plaine de San-Ouest, la délégation s’est rendue dans la parcelle de multiplication semencière du Niébé de variété  » korobalen « (0,5ha) d’Issiaka Maïga à Sienso, à la sortie même de San sur la route Kimparana. La parcelle présente un bon visage. Cette année, dans le cadre de l’Initiative Niébé, la Direction régionale de l’agriculture de Ségou a mis l’accent sur cette culture considérée comme étant la  » viande du pauvre  » en raison de sa richesse en protéine. Au total, 35 parcelles du genre ont été emblavées dans la région. Il est attendu 700kg par hectare contre 300 kg autrefois. Le ministre et ses hommes ont ensuite visité la parcelle vitrine ou de démonstration d’Amadou Sanogo. Plusieurs cultures y sont associées : mil, niébé, maïs, arachide, sésame. Avec le conseil des encadreurs, le champ de M. Sanogo évolue normalement et a beaucoup séduit les visiteurs du jour. Après ces parcelles de démonstration, la délégation s’est rendue à Sourountouna où elle a admiré le champ de coton de Badoulaye Coulibaly, réalisé à 125% malgré l’installation tardive des pluies et la malnutrition des animaux de trait.

Dans le cercle de Bla, le ministre s’est rendu dans le champ de Bakary Coulibaly à Kazangasso-Wéré dans la sous-préfecture de Yangasso. Sa parcelle de sorgho de variété locale est d’une superficie de 3,5 ha. Elle est presque au stade de l’épiaison. Le visage de ses cultures a beaucoup impressionné le ministre. « Il faut encourager et aider tous ceux qui font du bien, afin d’entraîner les autres « , a instruit le ministre au Directeur régional de l’agriculture de Ségou. A Bla-village, Yacouba Sacko exploite 6 ha de mil, 2 ha de sorgho, un hectare de maïs et 2,5 ha de Nérica. C’est cette dernière parcelle qui a été visitée par le ministre de l’Agriculture qui n’a pas caché sa satisfaction au sortir de la visite.

Le samedi 28 août, l’honneur est revenu au cercle de Barouéli de recevoir la délégation ministérielle. Ainsi, les parcelles de maïs hybride (innovation) et de sorgho d’Amady Diallo ont été les premières à recevoir les visiteurs. Ces cultures sont au stade de l’épiaison. Ici, le président de l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture (APCAM), Bakary Togola s’est réjoui, qu’un éleveur s’investisse dans la terre. Toute chose qui selon lui, plaide à réduire les conflits éleveurs-cultivateurs. La délégation s’est ensuite rendue aux champs de maïs et de sorgho de Batougounè Sylla. La particularité chez lui est la réduction de ses superficies de Sorgho de 40 ha (avec une tonne par ha) à 20 ha avec les mêmes rendements, soit 2 tonnes à l’hectare. Au village de Boidié, les 6 ha (une première dans la région) de Niébé  » korobalen  » de la coopérative des semenciers de la localité de 22 personnes et dirigé par Mamadou Simpara ont été visités avec satisfaction, malgré quelques problèmes d’entretien.

Selon Directeur Régional de l’Agriculture de Ségou, Idrissa Diawara, l’état général des cultures est très satisfaisant et la campagne augure de belles perspectives.

Partout où la délégation est passée, le président de l’APCAM, Bakary Togola, a invité les paysans au travail et à la professionnalisation de l’agriculture, à travers l’enregistrement de leurs parcelles, le paiement des crédits agricoles et l’application des conseils de leurs encadreurs.


Penser à la gestion de l’excédent céréalier

Au terme de la visite, la Représente-résidente de la FAO au Mali, Mme Mariam Mahamat Nour, n’a pas caché ses impressions. « Nous avons noté avec satisfaction, que la campagne se déroule très bien. Les paysans sont motivés par la visite de la délégation ministérielle. Toute chose qui les motive. Les intrants ont été mis à temps à la disposition des producteurs. Et les cultures ont atteint un niveau satisfaisant. Dès à présent, il faut prendre les dispositions pour la gestion de l’excédent céréalier « , a-t-elle déclaré.  » La gestion du surplus reste une équation très préoccupante pour le gouvernement. D’ailleurs, le Premier ministre nous a instruit de réfléchir sur un mécanisme de commercialisation avec l’ensemble des acteurs « , a répondu le ministre, qui a confié que son département dépassera ses prévisions de 7 millions de tonnes au cours de la campagne en cours. Il a félicité les producteurs pour l’augmentation des superficies. Il s’est également réjoui de leur soulagement pour la subvention des intrants agricoles. Aghatam de Ag Alhassane n’a pas manqué de saluer la cohésion et l’entente entre l’encadrement et les producteurs sur le terrain.  » Je les félicite et les encourage. Grâce à eux, la volonté du président de la République de faire le Mali une puissance agricole est en passe d’être traduite en acte concret « , a déclaré le ministre.

Soumaila GUINDO

*Envoyé spécial

31 Août 2010.