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Ici, il a surtout été question de maraîchage avec le lancement d’un important projet dans ce domaine. Un projet d’autant mérité que les habitants de la zone réputés pour leur dévouement au travail ont développé cette activité malgré l’adversité du climat et du relief.
Et aujourd’hui, le Plateau dogon est devenu l’une des premières zones productrices en maraîchage.

C’est donc pour récompenser les efforts de ces agriculteurs courageux que la nature n’a guère favorisé que le gouvernement a initié cet important projet en leur faveur. Les requêtes de financement introduites auprès des partenaires financiers, notamment l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), ont trouvé un écho favorable.

C’est ainsi que lors d’une rencontre tenue en octobre 2006 entre le directeur général de la coopération au développement du ministère italien des Affaires étrangères et le sous-directeur général du département de la coopération technique de la FAO, l’Italie a exprimé son intérêt à soutenir les efforts entrepris par l’organisation onusienne pour la sécurité alimentaire dans certains pays d’Afrique de l’ouest : Guinée Bissau, Liberia, Mali, Sénégal et Sierra Leone.

Le projet FAO/Italie dénommé «Appui aux organisations paysannes du Plateau dogon pour une meilleure valorisation de leurs productions maraîchères» a ainsi vu le jour.

Le ministre de l’Agriculture Tiémoko Sangaré a présidé vendredi dernier à Bandiagara, l’atelier de lancement officiel du projet. C’était en présence de son homologue des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Moctar Ouane, du Commissaire à la Sécurité alimentaire Mme Lansry Nana Yaya Haïdara, du représentant de la FAO dans notre pays, Mme Mariam Mahamat Nour et des directeurs nationaux et régionaux de l’Agriculture et du Génie.

7000 Producteurs cibles.

Le Projet s’insère dans l’objectif du Programme national de sécurité alimentaire (PNSA). Il s’étendra sur une période de trois ans et coûtera 2,5 millions de dollars, soit 1,062 milliard Fcfa. Il vise à intensifier et diversifier la production maraîchère sur le Plateau dogon, à accroître la compétitivité de cette filière et par conséquent les revenus de la population.

Plus de 100 villages répertoriés dans 11 communes sont concernés. Ces communes, avec une longue saison sèche, connaissent un exode rural massif. Leurs habitants possèdent pourtant un savoir-faire ancestral en la matière et se sont adaptés aux conditions climatiques et de relief difficiles dans la zone. Ils avaient donc réellement besoin d’être encouragés.

Le projet va développer l’irrigation et valoriser les produits maraîchers à travers un meilleur accès au marché. Dans ce but, un centre de conditionnement des productions maraîchères sera installé. Il profitera à plus de 7000 producteurs et productrices qui font deux à trois saisons de cultures.

L’initiative s’est inspirée des expériences passées comme le Programme spécial de sécurité alimentaire (PSSA), les petits projets financés par la coopération allemande (construction de barrages et de pistes rurales). Un accent particulier sera mis sur la compétitivité de la filière maraîchère, la modernisation des exploitations et la valorisation des produits par la transformation.

Les produits concernés sont l’échalote, l’ail, la tomate, la pomme de terre. Le projet peut compter sur l’appui des chaînes de commerce équitable soutenues par les ONG Rete et Terra Nuovo en Italie.

Le maire de la commune urbaine de Bandiagara, Ibrahim Tembely a résumé l’importance du projet en faisant remarquer que la première préoccupation de ses administrés est de manger à leur faim. Or les pluies sont de plus en plus incertaines et facultatives. Ce qui fait que le paysan ne peut plus uniquement compter sur les cultures sèches pour satisfaire ses besoins alimentaires.

La construction de mini-barrages de retenue d’eau pour la pratique du maraîchage constitue de ce fait une aubaine. L’élu local a souligné que l’activité qui est pratiquée aussi bien par les hommes que les femmes est un créneau porteur dans la lutte contre la pauvreté et pour la sécurité alimentaire.

S’adressant aux populations bénéficiaires, aux autorités administratives et communales ainsi qu’aux agents des services d’appui conseil, le ministre de l’Agriculture Tiémoko Sangaré a lancé un appel pour la bonne exécution de ce nouveau projet, à la hauteur des espoirs qu’il suscite.

La représentante résidente de la FAO au Mali a pour sa part, assuré que cette organisation ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. La FAO va répondre positivement à la sollicitation du gouvernement en prenant en charge l’étude additionnelle demandée pour appuyer la filière lait (fromage et lait) à Ménaka dans la Région de Gao.

Avant de quitter Bandiagara, la délégation ministérielle a visité une parcelle de riz à Kanikombolé village situé sur la route de Bankass. Cette parcelle d’une superficie d’un hectare a bénéficié des engrais fournis dans le cadre de l’Initiative riz. L’état végétatif du champ est très bon. Plus loin à Bankass, la délégation s’est également rendue dans un champ de mil où la culture promet.

De façon générale, sur tout le parcours de la mission, les champs présentent une aspect végétatif très bon.


M. COULIBALY

11 Aout 2008