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Loin d’être un nouveau concept en soi, selon le ministre de la Décentralisation et de la politique de la ville, la régionalisation n’est que la continuation de la réforme de la décentralisation de 1993. Il l’a dit le lundi 16 juin dernier à Koulikoro lors de l’atelier d’échange sur l’état des lieux de la décentralisation dans la région et ses perspectives à travers la régionalisation. L’évènement qui a eu pour cadre la salle de conférence du gouvernorat de la région était présidé par le ministre Sy qui avait à ses côtés le gouverneur de la région, Allaye Tessougué, le maire de la commune urbaine de Koulikoro, le président de la commission administration territoriale de l’AN et d’autres personnalités.

Deuxième du genre après celle tenue à Kayes le vendredi 13 juin dernier, cette rencontre dans la cité du Meguetan s’inscrit dans le cadre de la tournée nationale qu’effectue le ministre de la décentralisation et de la ville Ousmane Sy depuis la semaine dernière en vue de la mise en œuvre des recommandations des états généraux de la décentralisation au nombre desquelles nous pouvons citer la volonté fortement affirmée de faire de la régionalisation, une nouvelle opportunité pour un développement équilibré du territoire national.

Dans son discours introductif, le ministre Ousmane Sy dira qu’il s’agit pour lui à travers cette tournée d’aller à la rencontre des acteurs de la décentralisation afin de s’entretenir avec eux sur les grandes orientations sorties des états généraux de la décentralisation tenus en 2013, partant de là, avoir une image actualisée du chemin parcouru.

Selon le ministre Sy, la tenue des états généraux fut la 1ère initiative prise par le président IBK après son investiture à la magistrature suprême du pays. Chose qui prouve à suffisance son engagement à soutenir le processus de décentralisation pour le renforcement duquel il a été crée un département ministériel que M. Sy a l’honneur de piloter.

Selon le ministre Sy, l’essence profonde de la reforme de la décentralisation est le changement de l’Etat. Tous les compartiments de l’Etat sont concernés par cette reforme. Il s’agit à travers cette reforme de décentraliser ce qui a été centralisé pendant tout un siècle.

La 1ère étape a été la communalisation qui a consisté à ériger les territoires du pays en commune (ce qui a permis de créer 703 communes) et à les développer avant l’entrée en vigueur de la deuxième étape qui est celle de la régionalisation. Celle-ci vise à relancer la décentralisation conçue par les hautes autorités comme une option stratégique pour changer l’Etat.

A croire le ministre, si nous tenons à faire sortir le Mali de la crise qu’il vit, il nous faut impérativement aller à la décentralisation. Aux dires du ministre, la communalisation permet d’asseoir les bases d’une meilleure délivrance des services publics. La régionalisation qui vient en renforcement à la décentralisation, permettra d’accorder un rôle important au développement territorial. Elle apportera un plus à la notion de territoire en tenant compte des faiblesses et des atouts de chaque territoire.

» La région doit jouer un rôle capital dans la gestion équilibré d’un Etat. Elle est l’interface entre le national et le local « , a-t-il poursuivi. Selon le ministre Sy, l’Etat entend aussi à travers la régionalisation crédibiliser les collectivités territoriales en leur donnant plus de moyens à travers l’octroi de 30% des ressources budgétaires pour leur permettre de mieux remplir leurs missions.

Cette crédibilisation, va de pair avec une meilleure gestion. Artisan de la décentralisation et acteur central du processus depuis la mise en vigueur de la reforme jusqu’à nos jours, la nomination de Ousmane Sy à la tête de ce département a été saluée à juste titre par plusieurs élus et agents de la décentralisation présents à la cérémonie.

L’atelier a été sanctionné par une communication sur l’état des lieux de la décentralisation, ses acquis, faiblesses et perspectives et un exposé par le directeur général adjoint des collectivités territoriales, Seyni Touré sur le concept de la régionalisation qui vient en renforcement à la décentralisation.

Deuxième région administrative du Mali composé de 7 cercles et 108 communes dont 3 communes urbaines, la décentralisation a permis à la cité du Meguetan d’avoir de grandes infrastructures socio-sanitaires.

M FOFANA

18 Juin 2014