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Claude Pivi, le ministre en charge de la sécurité présidentielle en Guinée a été inculpé jeudi 27 juin par les juges d’instruction en charge de l’enquête sur les massacres du 28 septembre 2009 et des jours suivants. A l’époque, un rassemblement de l’opposition dans le stade de Conakry avait été violemment réprimé. Plus de 150 personnes avaient été tuées. Claude Pivi qui était alors l’un des bras armés de la junte du capitaine Moussa Dadis Camara est aujourd’hui inculpé entre autres pour meurtres, viols, pillages, incendies, coups et blessures volontaires. «Je ne reconnais pas les faits qui me sont reprochés », voilà la seule déclaration qu’a faite le capitaine Pivi devant le pool de trois juges d’instruction. Si Claude Pivi n’était pas lui-même présent au stade de Conakry, il aurait, selon les juges, mené la répression violente qui s’est abattue sur les militants de l’opposition les jours suivants. Il a jusqu’à jeudi prochain, date de sa prochaine convocation chez le juge, pour préparer son dossier. Cette inculpation a surpris les Guinéens tant le capitaine est réputé puissant et influent. Il occupe toujours le poste de ministre en charge de la sécurité présidentielle. Selon un observateur avisé, il est fort possible que la pression de la Cour pénale internationale ait poussé les juges à avancer sur ce dossier. La CPI réclame en effet depuis des mois l’inculpation de Claude Pivi. Plusieurs autres militaires dont Moussa Tiegboro Camara, en charge de la lutte contre le grand banditisme, ont été inculpés dans ces massacres. RFI