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L’Accord prélimianaire de Ouagadougou prévoyait un délai de 60 jours après l’investiture du nouveau président pour l’ouverture de pourparlers entre le Gouvernement et les groupes armés touareg Mnla, Hcua, Maa. Le président Ibrahim Boubacar Kéïta ayant été investi le 4 septembre dernier, le délai de 60 jours a donc expiré le vendredi dernier. Interrogé sur la question par trois médias français, dimanche dernier, le Ministre de la Réconciliation et du Développement du Nord, Cheick Oumar Diarrah, a déclaré que la partie gouvernementale est prête.

Le Gouvernement malien a « bon espoir » que se tiennent les législatives prévues le 24 novembre dans tout le pays, en dépit de l’insécurité persistant dans le nord du pays, où deux journalistes français ont été récemment tués, a affirmé Cheick Oumar Diarrah, Ministre de la Réconciliation et du Développement du Nord, dans un entretien à TV5 Monde, Radio France Internationale (Rfi) et au journal Le Monde diffusé dimanche dernier.

« Nous pensons que les choses peuvent s’améliorer pour ce qui concerne les élections législatives d’ici le 24 novembre », a déclaré le Ministre Cheick Oumar Diarrah.
« Nous avons bon espoir, parce qu’il y a des discussions et des actions fortes qui sont menées pour amener ceux qui sont partie prenante au dialogue (avec le gouvernement malien) à Ouagadougou à s’inscrire dans une dynamique positive », a ajouté M. Diarrah, sans les groupes armés Mnla, Hcua, Maa.
« Je ne pense pas que ceux qui ont fait en sorte que vos deux collègues (deux journalistes de Rfi enlevés et exécutés le 2 novembre, ndlr ) soient assassinés à Kidal soient aujourd’hui en mesure de faire en sorte que l’élection (les législatives, ndlr) ne puisse pas avoir lieu dans la région de Kidal », a estimé le Ministre Diarrah.

« Ils n’ont aucun intérêt stratégique et ils se mettraient davantage en porte-à-faux avec la communauté internationale, la légalité internationale », a-t-il ajouté.
Le Ministre Diarrah a par ailleurs assuré que « le Gouvernement est prêt » pour le dialogue avec les groupes armés conformément à l’accord de Ouagadougou, qui prévoyait un délai de 60 jours après l’investiture du nouveau président pour l’ouverture de pourparlers.
« Le délai a expiré » vendredi, mais « nous, nous sommes prêts. (…) Il y a des discussions informelles » avec les rebelles depuis l’installation du président Keïta, le 4 septembre, a-t-il indiqué.

Il a aussi affirmé prendre note d’une décision annoncée vendredi par les groupes rebelles, qui se sont engagés à libérer « à partir du 14 novembre » deux édifices publics qu’ils occupent à Kidal depuis plusieurs mois au détriment des autorités. « Nous attendons de voir que cette décision sera exécutée. Entre-temps, nous continuons à discuter par les canaux informels qui existent entre eux et nous », a déclaré Cheick Oumar Diarrah.

A l’instar d’autres dirigeants maliens, il a également déploré la situation à Kidal, qui échappe à tout contrôle: « Tant que l’insécurité règnera dans Kidal, le processus de paix sera fragilisé, les discussions ne pourront pas avancer et il y a des risques majeurs pour les pays de la sous-région. Donc, Kidal est le noeud gordien qu’il faut trancher ».

Moussa TOURÉ

Le Soir de Bamako du 13 Novembre 2013