Partager

Dans un souci de communication et de transparence, le gouvernement a décidé de rencontrer la presse nationale et internationale en vue de clarifier l’affaire dite “Ahmed Sow”, actuel ministre des Mines, de l’Energie et de l’Eau et précédemment Directeur du Centre pour le Développement de l’Entreprise (CDE).

Contexte sociopolitique oblige, car, depuis un certains temps, des informations défraient la chronique relativement à une enquête initiée par l’Office européen de Lutte contre La Fraude (OLAF) -un organe de la commission de l’Union Européenne- à l’encontre de l’ancien Directeur du CDE.

Au cours d’une conférence de presse tenue à la Maison de la Presse, le 2 novembre 2007, en présence du porte-parole du gouvernement, Mme Diabaté Fatoumata Guindo, le ministre Ahmed Sow s’est défendu en apportant sa version des faits à propos de sa gestion de l’organe de la commission de l’U.E.

Aussi, la ministre en charge des Relations avec les Institutions a donné lecture de la déclaration du gouvernement qui tient lieu de précisions sur cette affaire.

Il est exact, a-t-elle déclaré, que l’OLAF a ouvert une enquête administrative concernant le Centre de Développement de l’Entreprise, mais suite à des allégations de conflits d’intérêt, a-t-elle ajouté.

Selon la porte-parole du gouvernement, l’OLAF a souhaité, dans le cadre de cette enquête, procéder à des vérifications à Bamako, avec l’assistance des autorités maliennes. A cet effet, par souci de transparence, le gouvernement du Mali, qui en a été saisi, a accepté le principe et s’est même dit disposé à accorder, à l’équipe d’enquêteurs, l’assistance nécessaire pour le bon déroulement de l’enquête, dira la ministre. Aussi le ministre de la Justice a été chargé d’organiser l’assistance sollicitée, dira la ministre.

Et à l’en croire, à ce jour, toutes les dispositions sont prises afin que l’enquête se déroule dans la transparence requise, mais aussi, a-t-elle insisté, dans le respect des principes régissant la présomption d’innocence.

Le ministre Ahmed Sow s’est ensuite expliquer en livrant sa version des faits qu’on lui reproche. Selon l’ancien Directeur du CDE, il a été saisi par l’Office européen de Lutte contre la Fraude (OLAF) suite à des allégations anonymes.

L’ancien Directeur du CDE a insiste sur le fait que c’est lui-même qui a donné son autorisation pour que l’enquête puisse se faire. “Sinon, je pouvais bloquer l’enquête”, a-t-il déclaré, pour montrer sa bonne foi et sa quiétude concernant sa gestion de cette institution.

Selon le ministre Ahmed Sow, tous les agents ont été auditionnés par les enquêteurs, qui ont conclu aussi à la nécessité de poursuivre sur lui cette enquête, malgré le statut diplomatique que lui confère cette position de directeur du CDI; un statut qui, du reste, a été violé par les enquêteurs.

On peut alors comprendre que le ministre a été victime de sa propre naïveté, même s’il a été victime de la vindicte d’un de ses collaborateurs qu’il affirme avoir mis sur la touche.

En effet, selon M. Sow, en avril 2006, le chef du service Informatique avait été relevé de son poste sous son ordre et muté au service Transit. De même, son adjoint a été relevé sur sa demande.

Mais, le chef du service Informatique (un Britannique), mécontent, a contesté la décision et adressé une lettre anonyme à l’OLAF, à travers un email pour l’informer sur des malversations financières dont le Directeur du CDE se serait rendu coupable au niveau de la structure.

Dans cette lettre anonyme, l’ancien collaborateur du ministre l’accuse d’avoir favorisé beaucoup plus le Mali dans l’octroi des fonds d’assistance du CDE, et que Ahmed Sow serait actionnaire dans des entreprises qui bénéficient de cette assistance du CDE.

Il s’agit, a-t-on indiqué dans l’accusation fantaisiste, de l’entreprise “FITINA” au Mali et de “PMC” au Sénégal. Au Sénégal, dira Ahmed Sow, la même enquête a été menée sur cette affaire de conflit d’intérêt. A ses dires les enquêteurs n’ont rien trouvé à lui imputer.

Contrairement à ce qui se dit, l’ancien Directeur du CDE soutiendra que les enquêteurs de l’OLAF ne sont jamais venus au Mali. Comme au Sénégal, le ministre des Mines, de l’Energie et de l’Eau reste convaincu qu’au Mali aussi, ils ne trouveront rien de probant. “Je ne suis actionnaire dans aucune société, ni au Mali, ni au Sénégal”, a martelé l’ancien Directeur au CDE.

Mieux, il a déclaré que le statut du CDE n’interdit d’ailleurs pas à ses agents d’être actionnaires dans une société. A ses dires, c’est sous lui qu’un nouvel élan a été insufflé à l’institution. A cet effet, il se réjouit d’ailleurs que sa gestion n’ait jamais été mise en cause.

Parlant de sa démission du CDE et de sa participation dans le gouvernement, Ahmed Sow ministre a affirmé : “Ma décision de démissionner du CDE a été mûrement réfléchie”. Cette démission, a-t-il déclaré, est intervenue en décembre 2006, et a été aussi guidée par une analyse d’opportunité.

Après trente ans de vie à l’extérieur, le ministre Sow dit avoir été saisi aussi par l’envie de rentrer au pays, et à un moment où ATT -un homme qu’il a eu la chance de rencontrer- dirige le Mali.

Le ministre dit avoir également eu l’opportunité de participer à la rédaction du PDES. Pour lui donc, en acceptant d’être ministre dans le gouvernement, il s’agit de la manifestation d’une réelle volonté de sa part d’accompagner le Chef de l’Etat dont il dit apprécier la façon de gérer le pays.

Les sceptiques sont-ils convaincus avec ces explications du ministre?

Laya DIARRA

05 novembre 2007.