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Le ministre de l’Energie, des Mines et de l’Eau, Ahmed Sow, qui fait l’objet d’une enquête initiée par l’Office Européen de Lutte contre la Fraude (OLAF) un organe de la Commission de l’Union européenne, accompagné de son homologue en charge des Relations avec les institutions de la République, Porte – parole du gouvernement, Mme Diabaté Fatoumata Guindo, a rencontré les journalistes, le vendredi 3 novembre, à la Maison de la Presse. Ahmed Sow a saisi l’opportunité pour se blanchir et affirmer, haut et fort, qu’il n’est actionnaire dans aucune société ni au Mali ni au Sénégal. Avant d’expliquer qu’il est :  » victime d’un complot monté de toute pièce « .

C’est la benjamine du gouvernement qui a eu l’honneur de donner les premiers mots de cette rencontre : « Animé d’un souci de transparence, de clarification, le gouvernement a jugé utile d’organiser le présent point de presse pour préciser un certain nombre de faits et, ce faisant, répondre à des questions qui vous préoccupent « .

Ensuite, Mme Diabaté Fatoumata Guindo a lu avec sobriété, au nom du gouvernement, une déclaration dans laquelle on relève ceci :  » …Il est exact que l’Office Européen de Lutte contre la Fraude (OLAF) de la Commission Européenne a ouvert une enquête administrative concernant le Centre pour le Développement de l’Entreprise, précédemment dirigé par notre compatriote Ahmed Sow, suite à des allégations de conflits d’intérêts. Dans le cadre de cette enquête, l’OLAF a souhaité procéder à des vérifications à Bamako avec l’assistance des autorités maliennes. A cet effet, il a saisi le gouvernement du Mali qui, par souci de transparence, en a accepté le principe et s’est dit disposé à accorder à l’équipe d’enquêteurs l’assistance nécessaire pour le bon déroulement de l’enquête. Le gouvernement en a informé le chef de la Délégation de l’Union Européenne au Mali « .

Enfin, la Porte – Parole du gouvernement a révélé que le « ministre de la Justice, Garde des Sceaux, a été chargé d’organiser l’assistance sollicitée. A ce jour, les dispositions sont prises afin que l’enquête se déroule dans la transparence requise mais aussi dans le respect des principes régissant la présomption d’innocence. Le gouvernement entend gérer cette affaire en toute responsabilité et dans la sérénité et attendra avec intérêt les résultats de l’enquête « .

Enfin, la jeune ministre a donné la parole à Ahmed Sow, le principal concerné, pour s’adresser à leurs hôtes.

Habillé en grand boubou Bazin superbement brodé, le ministre de l’Energie, des Mines et de l’Eau, manifestement serein, s’est expliqué en ces termes :  » De quoi s’agit-il ? L’Office Européen de Lutte contre la Fraude (L’OLAF), un service interne de la Commission Européenne, placé sous son autorité, a saisi le Centre pour le Développement de l’entreprise (CDE) pour une enquête administrative, suite à des allégations consécutives à des dénonciations anonymes. J’ai autorisé cette enquête. Je pourais fermer cette enquête parce que je savais qu’il n’y avait rien. Les enquêteurs sont venus. Ils ont copié le disque dur de mon ordinateur, auditionné des agents et moi-même. Le 7 mai 2007, j’ai accepté de me rendre dans les locaux de l’OLAF par souci de transparence puisque je ne me reproche rien et j’aurais pu ne pas y aller avec mon statut diplomatique. Et je leur ai demandé de me trouver le fichier informatique qui établirait que je suis actionnaire à FITINA – SA au Mali et au cabinet PCM du Sénégal. Le 14 mai, j’ai informé le Conseil d’Administration de ma volonté de démissionner du CDE pour me mettre à la disposition de mon pays « .

Le 26 juin, Ahmed Sow a effectivement démissionné (voir ci-contre le communiqué de presse rédigé par cette structure pour remercier et féliciter Ahmed Sow). Celui-ci persiste et signe que cette affaire est une  » cabale montée de toute pièce « . Voici comment il explique ce complot :  » En janvier 2006, le CDE a déboursé deux millions d’Euros pour le diagnostic du système informatique, la modernisation du réseau entre la direction du CDE, les 77 pays ACP et 25 de l’UE. Au finish, il n’y a eu aucun résultat. Donc, en avril de la même année, j’ai relevé le chef du Service informatique, de nationalité britannique. Son assistant est également parti vers la fin de l’année. En décembre 2006, l’informaticien que j’avais limogé accuse le CDE de malversations (nous avons su plus tard que les dénonciations anonymes proviennent de lui) selon lesquelles des entreprises maliennes et sénégalaises reçoivent plus d’assistance que celles de l’Afrique du Sud et du Nigeria qui sont les plus nombreuses. Et il explique cette situation par le fait que je serais actionnaire dans des sociétés maliennes et sénégalaise. C’est ce qui a fait déclencher l’enquête pour établir si oui ou non j’ai privilégié des entreprises au Mali et au Sénégal« .

Répondant aux interrogations de la presse, Ahmed Sow a soutenu haut et fort : « Je ne suis actionnaire dans aucune société au Mali ou au Sénégal. En 2002, j’avais créé une société, dénommée Eco-Invest avec un capital de 1 million de FCFA. Lorsque je suis entré au CDE, j’ai demandé au notaire de la fermer. Il n’y a aucun élément probant. Pour répondre à la seconde question, je dirai qu’une trentaine d’entreprises des deux pays recevaient le soutien du CDE sous ma direction. Et je dois vous préciser que le statut du personnel du CDE n’interdit pas d’être actionnaire dans une société. Seulement voilà : il ne faut pas avantager une entreprise au détriment d’une autre « .

En outre, il a expliqué sa venue au Mali par le fait qu’il a passé 30 ans à l’extérieur dont 24 ans dans les organismes internationaux. Il estime qu’il a acquis beaucoup d’expérience et qu’il était temps pour lui de revenir au bercail.

«  Mon choix de revenir au pays a été dicté par le désir de servir le Mali et la chance que j’ai eu de connaître le président ATT que j’apprécie beaucoup parce qu’il a le souci du Mali, le souci de combattre la pauvreté de nos compatriotes  » a déclaré avec insistance le ministre de l’Energie, des Mines et de l’Eau.


Chahana TAKIOU

05 novembre 2007.