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t.jpgDans le Sidwaya du 4 avril 2007, il a été rapporté la découverte d’un corps humain, sans vie, ligoté à l’ancien cimetière de Saaba, commune rurale de la périphérie Est de Ouagadougou, la capitale burkinabè. Selon les constatations policières sur place, la victime aurait été tuée. Par qui, comment et pourquoi ?

Le commandant du groupement de la gendarmerie départementale de Ouagadougou, Doléan Alfred Raoul Minoungou a des réponses à ces interrogations. En effet, dans la matinée d’hier 30 mai, le commandant Minoungou a présenté à la presse, le présumé auteur de la mort de “Ibrahim”, de nationalité togolaise.

L’homme arrêté par la gendarmerie, et qui séjourne actuellement à la brigade de ville de Bodogodo, s’appelle Adama Kabré, 24 ans, veilleur de nuit au moment de l’accomplissement du forfait, a confié le commandant, avant de dérouler le film des événements.

Le film du crime présumé

Le prévenu Adama Kabré et le défunt Ibrahim étaient des amis. Ainsi, Ibrahim qui avait des blessures au cou serait allé demander conseils chez son ami d’alors (Kabré) pour soigner son mal. Celui-ci l’amena voir un guérisseur du nom de Joseph Zongo dit “Jo”. Heureusement ou malheureusement, le guérisseur vint à bout du mal de Ibrahim.

Ce dernier satisfait du service rendu, décide de récompenser son sauveur de guérisseur. Il lui remet alors un téléphone cellulaire de marque NOKIA (qui aurait été volé selon la suite des événements). Le donateur informe après Adama Kabré de son geste. Par la suite, les deux amis décident d’aller reprendre le téléphone chez “Jo”. Certainement, l’estimant trop gros pour un guérisseur, a apprécié le commandant de gendarmerie. Adama Kabré prend le devant des choses pour récupérer le portable.

A cet effet, il appelle le guérisseur Joseph Zongo pour lui dire que Ibrahim (le donateur) aurait été arrêté par la gendarmerie. “Jo” à son tour prend l’initiative d’aller mieux s’informer auprès des “pandores”. A peine sorti de sa cour, il rencontre le sieur Kabré qui lui propose d’aller à sa place se renseigner à la gendarmerie. Ce que le guérisseur accepte.

Kabré quitte “Jo” et revient plus tard lui dire que Ibrahim aurait été interpellé à cause du portable en question. Il ajoute devant “Jo” qu’il peut négocier la libération de Ibrahim, mais qu’il lui faudra le portable et de l’argent. Joseph Zongo s’exécute et remet le portable et de l’argent à Kabré. Celui-ci vendra le portable à 40 000 FCFA à l’insu de son acolyte. Se sentant dupé, Ibrahim se rend au domicile de Adama Kabré le 1er avril 2007 en compagnie de trois autres personnes pour le sommer de lui rendre au plus tard le 3 avril le portable ou l’argent du portable.

Le lendemain, soit le 2 avril, le “créancier” invite son “débiteur” à son domicile. Ce dernier respecte effectivement le rendez-vous. Kabré le fait installer sur un tabouret juste devant sa porte dans une cour où il vivait avec une femme et son enfant. Mais avant, il avait pris le soin de les envoyer en voyage. En clair, Kabré était seul dans la cour avec son hôte assis, donnant dos à la porte de la maison.

Ayant bien préparé son coup, le criminel présumé entre dans la maison, ressort avec un pilon et assomme Ibrahim. Le forfait accompli, “l’auteur” aurait trimbalé le corps de Ibrahim dans sa maison en attendant la bonne heure, à l’abri des indiscrétions pour s’en débarrasser. C’est finalement vers 2 heures du matin que Adama Kabré, à l’aide de son vélo, transporte le corps au cimetière à environ 150 m de son domicile, a relaté le commandant Doléan Alfred Raoul Minougou. Ces révélations, a déclaré le commandant, auraient été obtenues suite aux aveux du prévenu lui-même (…..).

De l’enquête proprement dite

Après la “sale besogne”, Adama avait disparu de la circulation, alors que la gendarmerie avait reçu des témoignages faisant état de sa mise en cause. Des enquêtes sont diligentées jusqu’au village natal de Kabré à Soula dans le Boulkiemdé. Mais rien. Ce qui est sûr, nous a expliqué Minoungou, il était traqué. Ne disposant plus d’issue, a-t-il poursuivi, Adama Kabré est venu de lui-même le 14 mai dernier à la gendarmerie. Non pas pour se livrer, mais pour “divertir les enquêteurs”, a précisé le commandant.

Il confie que dans un premier temps, Kabré a accusé une autre personne nommée Moustapha d’être l’auteur du crime. Cette piste, a-t-il assuré, s’est vite révélée infructueuse. Et finalement, c’est le 25 mai que Adama Kabré, selon la gendarmerie, serait passé aux aveux. Pour leur part, les pandores pensent avoir bouclé l’enquête et ont promis de transférer incessamment le dossier au procureur du Faso.

FDA

4 juin 2007