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Yélimané partage une frontière d’environ 300 km avec la République islamique de Mauritanie. Comme toutes les autres villes frontalières maliennes, là-bas les populations sont en proie à des problèmes liés au banditisme avec des enlèvements de personne, de bétails et autres biens. Le cercle de Yélimané est confronté à ce genre de problèmes avec ses voisins mauritaniens.

Jeudi, le ministre de l’Administration territoriale et des Collectivités locales, le général Kafougouna Koné était interpellé par le député Mahamadou Hawa Gassama, élu de cette circonscription sur les récents évènements d’enlèvement d’une Malienne, une certaine Mme Traoré, de vols d’animaux et autres pressions sociales exercées par des Mauritaniens sur ses voisins maliens du village de Bougoudéré et environnants.
A en croire le député, de 1997 à nos jours, les braves populations de Bougoudéré et des villages qui l’entourent sont empêchées chaque année de cultiver leurs champs pendant l’hivernage. En plus, elles sont constamment victimes de vols de leur bétail. Malgré les multiples rencontres, au niveau ministériel, cette persécution des populations maliennes par leurs voisins mauritaniens n’a pas baissé. Les populations ont le sentiment que l’Etat malien ne fait rien pour les sécuriser, a indiqué l’honorable Gassama qui a demandé au MATCL des éclaircissements sur la gestion de ces différents problèmes, la politique de frontière de l’Etat, les mesures gouvernementales pour la sécurisation des biens et des personnes aux frontières.

Répondant aux préoccupations du député, le ministre Kafougouna Koné a indiqué que le Mali était dans une phase active de discussion avec ses voisins notamment burkinabé et mauritaniens sur la matérialisation des frontières. Avec le Burkina, il y a une avancée considérable et la question serait résolue dans 3 ans, a expliqué le ministre. En revanche pour des raisons de non-matérialisation des points sur une carte par lesquels devait passer la frontière, la délimitation des frontières Mali-Mauritanie dans le cercle perdure, a poursuivi le ministre.

Selon Kafougouna Koné, il est envisagé une grande rencontre, genre jumelage-coopération, entre communes maliennes et mauritaniennes partageant les mêmes frontières. Cette rencontre devrait, selon lui, permettre aux différentes populations de débattre de leurs problèmes et trouver des solutions.

Pour l’heure, les deux Etats ont mis un dispositif commun de sécurité pour lutter contre le banditisme résiduel. A en croire le ministre, ce dispositif n’a pas encore montré ses limites. Il a été salutaire reconnaîtra d’ailleurs l’honorable Gassama, car les actes de banditisme tirent vers le bas, a-t-il affirmé.

Le ministre de l’Administration territoriale et des Collectivités locales a assuré son interlocuteur que l’Etat était en train de chercher des solutions à tous les problèmes évoqués. Il a aussi fait comprendre que c’est parce que ce sont des problèmes complexes que les solutions tardent aussi à venir.
Denis Koné

14 juillet 2006