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Aux violences dont elle était l’objet, elle avait longtemps répondu par le silence, d’autant plus que le mari s’était proclamé seul chef du foyer et exerçait en toute impunité son diktat laissant entendre à qui veut, que de mémoire d’homme, aucune femme digne de ce titre ne s’était dérobée à sa tâche, à savoir procréer et appliquer scrupuleusement les ordres et les désirs de son époux.

En fait, le mari de Mariam la violentait physiquement, sexuellement et moralement.
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L’homme était infecté par le virus de la débauche.

Pas de repos. Presqu’un fauve, toujours prêt à bondir sur sa proie, toujours en train de tourner autour de sa femme. Irrésistible, comme habité par une force maléfique. Dès que la libido se manifestait en lui, il s’acharnait sur sa femme et contre son gré, il la chevauchait jusqu’à épuisement total. Droit de l’époux ! Nous dira-t-on. Mariam était après tout sa femme, soit, mais l’homme était insatiable, à n’importe quel moment et en n’importe quel lieu que ce soit, elle pouvait être brutalisée et violée. Elle est de ce fait devenue un simple objet de plaisir dont on peut se servir à tout moment.

Lorsque la relation, la vie de couple se résume à de telles expressions, le vie des êtres supérieurs que nous sommes n’a-t-elle pas perdu son sens ? Pouvons-nous ramener les mariages aux simples rapports sexuels ? La femme a aussi les mêmes qualités que l’homme et elle demande un minimum de considération pour son épanouissement. Lorsqu’elle enfreignait la loi, elle recevait sans autre forme de procès, des sanctions dignes de ce nom. Mais quand il s’agit d’un homme, il n’y a rien de grave, la société même ne nous condamne pas comme pour dire que l’homme est immunisé contre tous les péchés.

Mariam était réduite au silence car elle avait peur de son mari comme toute femme soumise à son époux par crainte de représailles. En public, ces femmes fuient leurs maris telle une maladie incurable, de peur de provoquer leur mécontentement. Mais certaines parmi elles finissent par craquer. Mariam fut de celles-là qui ne pouvaient pas continuer à supporter la vie d’enfer qu’elle menait avec son mari. Et c’est avec la rage au cœur et animée par la ferme décision de rompre le silence coupable et de faire « coffrer » son mari que Mariam franchit le portail du commissariat. La jeune femme y était venue « déverser » ses déboires conjugaux.

Le mari fut alors sommé de réviser sa vie sexuelle. Quelque chose sembla alors exploser dans sa poitrine. On venait ainsi, avait-il déclaré, de porter atteinte à sa personne. Lui qui, comme la plupart des hommes obsédés, était persuadé d’accomplir à merveille son devoir conjugal. Inadmissible ! Venait-il de lâcher. Marié, il l’était. Et le demeurait devant Dieu et devant les hommes. Si on le privait de la liberté d’aller avec sa femme, avait-il déclaré à haute voix, il ne se ferait pas prier de s’offrir de belles cuisses et une poitrine bien garnie hors du foyer conjugal. « Mon sexe m’appartient et je suis libre d’en faire ce que bon me semble » avait-il conclu. On tenta de le ramener à la raison. Mais l’homme campa sur sa position.

Doit-on concevoir la vie de couple de cette manière. Non ! Au moment où tout le monde prône l’égalité des sexes tout en dénonçant les violations faites aux femmes, peut-on compter avec ce genre de comportement à l’égard de la femme ?

La femme doit cesser d’être un objet de plaisir pour les hommes, pour occuper la place qui est la sienne à savoir une compagne pour la vie. C’est ainsi que nos couples réussiront.

Kibsa KARIM pour l’Hebdo