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Griot-conteur, dépositaire de l’histoire de ses ancêtres mandingues, Sotigui Kouyaté a toujours puisé son énergie dans les rencontres. Se présentant avec un brin de malice comme Guinéen d’origine, Malien de naissance et Burkinabé d’adoption, ce sage à la silhouette filiforme a tout au long de sa vie respecté le précepte des griots : voyager et s’ouvrir aux autres.

Sitigui Kouyate: « Toute organisation comme la Berlinale, qui permet aux peuples de se retrouver, d’échanger leurs cultures, fait du bien au monde d’aujourd’hui. »

C’est dans cet esprit que celui qui fut un temps capitaine de l’équipe nationale de football du Burkina Faso quitte le continent africain et se retrouve sur les planches du théâtre des Bouffes du Nord, à Paris. Nous sommes en 1983 et Sotigui Kouyaté y fait la connaissance de Peter Brook.

Le dramaturge britannique monte à l’époque le Mahabharata, le célèbre récit épique hindou. Instantanément, Sotigui Kouyaté se sent appartenir à une famille et près d’une dizaine de collaborations cèleront une réelle amitié entre les deux hommes.

C’est aussi au fil des rencontres que le comédien a tourné, dès les années soixante-dix, dans plus d’une quinzaine de films : en 2001, Rachid Bouchareb, qui voit en lui le symbole de la tradition africaine, en fait le héros de son film Little Sénégal.

Aujourd’hui, dans London River, Sotigui Kouyaté, fidèle à lui-même, interprète un personnage musulman qui, une fois de plus, s’ouvre aux autres.


Source: Rfi du 15 Février 2009