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Le ministre français des Affaires étrangères a, une nouvelle fois, fait part de son inquiétude quant à la situation au Nord-Mali, ce mardi. Mais « nous n’avons pas l’intention d’agir à la place des Africains », a toutefois rappelé Laurent Fabius.

Le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a démenti, ce mardi 23 octobre, au cours d’une conférence de presse, l’envoi par la France de drones de surveillance au Mali, tout en réaffirmant son soutien politique, sécuritaire et humanitaire aux autorités de Bamako. « Il n’y a pas de matériel, que ce soit au sol ou en l’air, qui soit actuellement mis en place spécifiquement », a-t-il assuré devant les journalistes.

Lundi, Associated press (AP), citant une source anonyme au ministère de la Défense, avait annoncé l’acheminement imminent de ses drones en Afrique de l’Ouest. L’agence américaine avait également déclaré que des diplomates et militaires français et américains avaient entamé, lundi, une réunion informelle de deux jours sur le renseignement et la sécurité dans le Sahel. Une information que Laurent Fabius a également démentie. « Nous menons des concertations au plan international mais dans le cadre de ce qui a été dit au Conseil de sécurité de l’ONU [le 12 octobre], à Bruxelles [le 19 octobre] et à Bamako [le même jour] », a précisé le chef de la diplomatie française.

La Communauté des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) a mobilisé quelque 3 000 soldats prêts à intervenir dans le nord du Mali, sous mandat de l’ONU. Le 12 octobre, le Conseil de sécurité a adopté à l’unanimité une résolution ouvrant la voie à une intervention militaire dans cette région du pays, sous contrôle des islamistes depuis le printemps dernier. Une deuxième résolution, précisant les plans d’une intervention militaire dans le pays, est en préparation. Elle devrait être examinée par le Conseil de sécurité dans les prochaines semaines.

« La situation au Mali est gravissime »

La France, par la voix de Laurent Fabius, s’est par ailleurs dite « disposée à reprendre la coopération militaire avec le Mali », interrompue depuis le coup d’État du 22 mars et la destitution du président Amadou Toumani Touré. Ce qui ne « signifie pour autant l’accélération du calendrier d’action », a précisé le ministre. Pour l’heure, la « France joue uniquement un rôle de facilitateur, sur les plans sécuritaire, politique et humanitaire, a-t-il insisté. Nous n’avons absolument aucune intention d’agir à la place des Africains dans la région ».

Selon des témoins, ainsi que des « sources sécuritaires maliennes », contactés par de nombreux journaux, des centaines de djihadistes d’origine soudanaise et sahraouie ont afflué vers Tombouctou (nord-ouest) et Gao (nord-est) pour combattre l’offensive internationale qui se profile dans la région. Laurent Fabius n’a pas pu confirmer ces informations. Mais il insiste : « La situation au Mali est gravissime, elle menace la sécurité et le développement en Afrique.

Le Nord est aux mains de terroristes aux appellations diverses. Ils disposent de beaucoup d’armes qu’ils ont récupérées à la suite du conflit libyen, de beaucoup d’argent issue des prises d’otages et du trafic de drogue. Ces terroristes menacent la vie des Maliens, mais menace également l’ensemble de l’Afrique et de l’Europe. […] Le Mali est une sorte d’école internationale du terrorisme. »

Source : France24, le 23 Octobre 2012


Mali : Paris estime que « l’heure n’est pas à l’intervention »

PARIS (AFP) – (AFP) – Le ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian a déclaré mercredi que « pour l’instant l’heure n’est pas à l’intervention » au Mali pour reprendre le contrôle du nord du pays occupé par des islamistes armés.

« Pour l’instant l’heure n’est pas à l’intervention, pour l’instant l’heure est à la mise en oeuvre des dispositions qui ont été recommandées par le conseil de sécurité de l’ONU », a déclaré Jean-Yves Le Drian sur RFI.

« Il s’agit pour les Etats africains (…) de mettre en place un plan d’action qui doit être soumis à nouveau au conseil de sécurité dans un délai d’un mois et c’est après que la question de l’intervention se pose », a-t-il ajouté.

« La France a dit par la voix du président de la République qu’elle accompagnerait, qu’elle soutiendrait, cela veut dire formation, soutien logistique, apport de matériel », a rappelé le ministre de la Défense.

« C’est les Africains qui sont à l’initiative et qui doivent mener la reconquête de leur propre territoire », a-t-il dit.

A la question d’un supposé acheminement de drone français sur le secteur, le ministre français a déclaré qu’à sa « connaissance, il n’y en a pas ».

« Par contre, il est nécessaire qu’à partir des bases que nous avons en Afrique nous essayions de rechercher nos otages et donc que l’on fasse du renseignement, de l’information, de la recherche de visiblité sur la localisation », a précisé Jean-Yves Le Drian, alors que six otages français sont détenus au Sahel.

« Tout est dangereux pour nos otages. C’est la raison pour laquelle nous sommes très prudents lorsque nous en parlons et la raison pour laquelle nous déployons énormement de moyens pour rechercher leur implantation- ils ne sont pas tous au même endroit- et pour imaginer leur exfiltration », a-t-il ajouté.

Le ministre a refusé de préciser si la France entretenait un dialogue avec les groupes de ravisseurs. « Concernant les groupes, il faut essayer de créer des liens avec certains d’entre eux », a-t-il dit.

© AFP – le 24/10/12 – 11:42