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Comme un serpent de mer, la rébellion au nord du Mali est un problème récurrent. 1963, 1990, 2006 et 2012 sont des années de rebellions touarègues marquantes dans l’Histoire du Mali.

A chacune de ces dates, le Mali a dû faire face à des soulèvements de rebelles touaregs dans sa partie septentrionale. Ainsi, dès les premières années de son indépendance, en 1963 le jeune Etat malien fait face à une rébellion.

L’Azawad est le terrain de nombreux conflits opposant l’armée malienne à rebelles touaregs. Ces derniers réclament son autodétermination. Cette rébellion fut durement réprimée par l’armée malienne qui utilisera des moyens appropriés (avions bombardiers) pour mettre fin à la révolte. Le pays est alors sous contrôle.

En 1990, éclate une autre rébellion sous le régime de l’ex-parti unique, elle sera également un pôle de confrontation entre forces de défense et de sécurité de l’armée régulière et forces rebelles. Selon certains témoignages, ces confrontations auraient fait de centaines et des centaines de morts.

Elle sera un des facteurs déterminants de la chute du régime de Moussa Traoré. La rébellion ou les rebellions touarègues (au vu de la multiplication des groupes de belligérants touarègues) des années 1990, aboutit à la signature des accords de Tamanrasset (Algérie) en 1991 et du Pacte national en 1992 par le président Alpha Oumar Konaré. Ce dernier accord était censé mettre un terme à la rébellion au Mali. Hélas !

En 2006, une nouvelle insurrection touarègue a lieu. Le 23 mai 2006, un groupe de touarègue dénommé « Alliance du 23-Mai pour le changement », s’empare des armes à Kidal. Amadou Toumani Touré, président de la République, qui avait la ferme intention de rempiler pour un second mandat, met tout en œuvre, allant parfois jusqu’à la compromission, pour éviter une confrontation sur le terrain entre l’armée et ce groupe séparatiste.

D’où les accords d’Alger, signés le 4 juillet 2006 et qui seront dénoncés par une partie de la classe politique en particulier le Rassemblement pour le Mali (RPM) du fait qu’ils prévoient le délaissement de certains points par l’armée régulière. L’incapacité de nos autorités à imposer son autorité sur le Nord favorise le grand banditisme et les activités terroristes qui auront pour pic, l’éclatement d’une nouvelle rébellion le 17 janvier 2012.

Le camp militaire d’Aguelhok est attaqué et des militaires maliens froidement tués en total irrespects des règles et droits de guerre. C’est dans ce contexte d’exaspération des populations aussi bien au nord qu’au sud qu’intervient un coup d’Etat militaire le 22 mars 2012. Quant aux rebelles, ils continuent leur avancée avec la prise, il y a une moins d’une semaine, de la ville de Douentza devant une armée jusque-là passive.

Denis Koné

Les Echos du 8 septembre 2012